Laurent Dreyfus

Vers 14 ans, Laurent Dreyfus délaisse le foot, sa première passion, pour s’engager dans un mouvement de jeunesse mulhousien ancré dans un quartier populaire, axé sur l’animation socioculturelle et la découverte de la nature. Il s’investit dans la presse alternative en dirigeant la publication du journal militant Klapperstei 68, tout en s’affirmant comme objecteur de conscience. Désireux de mettre l’humain et l’environnement au cœur de son activité, il milite pour la campagne de René Dumont en 1974 et enchaîne le travail social et l’animation nature avant de se tourner vers le monde agricole. À 25 ans, il entreprend une formation technique puis fonde, à l’aube de la trentaine, la Ferme des Pensées Sauvages sur les hauteurs de la vallée de Guebwiller. Pendant dix ans, il y exerce comme éleveur de montagne en biodynamie. Soucieux de la cohérence de ses engagements, il contribue également au développement des pédagogies alternatives. Par la suite, il assure la co-direction du Mouvement de l’agriculture biodynamique, puis se forme au conseil en organisation. Durant quinze ans, il accompagne de nombreuses fermes collectives à travers la France. C’est au moment de sa retraite, en 2021, qu’il franchit une nouvelle étape en devenant conseiller régional du Grand Est.

Pour Laurent Dreyfus, s’engager en politique permet de défendre la mise en pratique d’une philosophie globale fondée sur le respect du vivant, qu’il s’agisse des plantes, des humains, des animaux ou des saisons. Refusant la posture d’opposant dogmatique, il aborde son mandat comme une opportunité d’agir concrètement sur l’organisation sociétale. Sa démarche s’appuie sur la pédagogie, une argumentation rigoureuse et un dialogue qu’il veut constructif, avec l’ambition de convaincre au-delà des clivages partisans. Face aux politiques de la majorité régionale souvent froides, désincarnées et centrées sur des impératifs financiers, il plaide pour une approche humaine et sociale. Optimiste de nature, il garde la conviction qu’une transition agroécologique majeure demeure inéluctable. Il s’attache à dénoncer le poids excessif des puissants réseaux d’influence agro-industriels, tout en prêtant une oreille attentive à la diversité des sensibilités au sein de la majorité régionale qu’il estime moins inébranlable qu’il n’y paraît. Il s’applique à travailler autant la vision stratégique globale que la recherche de solutions pour les difficultés du quotidien vécues par les acteurs locaux.

Au sein du Conseil Régional, Laurent Dreyfus concentre prioritairement son action sur la commission agriculture, où il mène un combat soutenu en faveur du développement de l’agriculture biologique. Il s’oppose à la dépendance aux intrants chimiques importés ainsi qu’aux dérives de la méthanisation ou des agrocarburants, qu’il estime néfastes pour la souveraineté alimentaire. En commission formation professionnelle, il critique une approche axée sur la seule logique comptable, illustrée par l’abandon progressif des missions locales et par là-même de l’accompagnement humain. De même, il déplore la place indigente accordée à l’agroécologie dans l’enseignement agricole et défend une meilleure prise en compte de l’économie sociale et solidaire (ESS). Sur le terrain, il apporte un soutien concret aux paysan·nes, qu’il s’agisse de débloquer des aides administratives pour des équipements spécifiques ou de rééquilibrer les arbitrages syndicaux. Il a par ailleurs contribué à faire financer des structures comme Solidarité Paysans, convaincu que la réussite de la transition écologique repose autant sur les arbitrages politiques majeurs que sur des victoires plus modestes mais ciblées.