Canicule en Grand Est : 5 Propositions pour un plan régional de protection

Agir face aux canicules sans attendre la prochaine

Les canicules se multiplient et s’intensifient dans le Grand Est, comme ailleurs en France. Leurs impacts sont profonds et multiples. Elles fragilisent les personnes âgées, les enfants et les travailleurs exposés, d’autant plus quand ils et elles subissent la précarité et habitent des territoires fortement bétonnés.. Selon plusieurs études, les périodes de forte chaleur sont aussi corrélées à une hausse des violences faites aux femmes, conséquence du stress, de l’enfermement et du manque d’espaces de répit.

Les élu·es écologistes du Grand Est refusent l’inertie.

Au conseil régional, nous affirmons depuis longtemps l’urgence de sauvegarder l’ensemble du vivant – humains, animaux, végétaux – dans une approche globale et solidaire.

Pour limiter cette menace, nous appelons la Région Grand Est à prendre ses responsabilités pour se doter d’un plan ambitieux et concret, au plus près de ses compétences spécifiques.

Les actions prioritaires à mener :

  • Adapter nos services publics et notamment les trains TER et les lycées. 
  • Protéger les populations vulnérables en créant des refuges climatiques partout sur le territoire.
  • Soutenir les communes qui s’engagent dans la transition écologique notamment dans la rénovation énergétique et la végétalisation.
  • Refuser tout financement nuisible au climat.
  • Favoriser des modèles agricoles et forestiers plus robustes.

La canicule n’est pas une fatalité météorologique, mais le symptôme d’un modèle à bout de souffle. Il est temps d’agir pour un territoire résilient, où chaque être vivant trouve sa place.

Fin du ski alpin au Lac Blanc : soutien à une décision difficile mais tournée vers l’avenir

Le Syndicat Mixte d’Aménagement du Lac Blanc a annoncé la fin de l’exploitation des remontées mécaniques à partir de la saison 2026-2027.  Une décision qui fera date. 

Nous tenons à exprimer notre soutien face à ce choix difficile et lucide.

En politique, le faux courage consiste trop souvent à repousser les échéances inéluctables pour s’épargner des débats inconfortables. Les élu·es du syndicat mixte ont fait le choix inverse : celui de la responsabilité et de l’anticipation.

La première marche vers la résilience climatique est la prise de conscience de la fin d’un monde qui ne reviendra pas.

Regarder la réalité en face – celle d’un massif vosgien marqué par des hivers plus courts et un enneigement de plus en plus incertain – n’est pas un aveu de faiblesse. C’est, au contraire, le premier acte pour un avenir viable. En refusant de prolonger artificiellement, à grands frais d’argent public, un modèle condamné par les bouleversements climatiques subis par notre planète, ils et elles ont posé les bases d’une transition juste et lucide.

La fin du ski alpin au Lac Blanc ne signifie en aucun cas le déclin de nos montagnes. Le territoire vosgien possède de formidables atouts :

  • Un patrimoine naturel exceptionnel à préserver.
  • Des paysages propices à un tourisme des quatre saisons, respectueux du vivant.
  • Un terroir riche, une identité forte et une capacité d’innovation.
  • Une population volontaire qui entend vivre au pays de toutes ces richesses

Ces forces constitueront, à n’en pas douter, le socle d’un nouveau projet de territoire. Ce projet, construit dans le respect des limites environnementales, saura offrir une durabilité économique et un cadre de vie épanouissant pour l’ensemble des habitant·es du massif.

Les élu·es écologistes, qui défendent depuis longtemps cette vision d’une transition nécessaire et planifiée au sein de la région Grand Est comme à la Collectivité européenne d’Alsace, saluent la démarche.

Nous restons mobilisé.es pour accompagner, soutenir et faciliter la réussite de ce nouveau projet, afin qu’aucun·e salarié·e, aucun·e professionnel·le, aucune commune ne soit laissé·e sur le côté.

Notre contribution à l’enquête publique relative à la demande d’autorisation de création de Cigéo

Enquête publique ouverte du 18 mai au 16 juillet 2026

Le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est souhaite faire part de ses réserves profondes concernant le projet Cigéo. La gestion des déchets radioactifs constitue un défi majeur qui engage notre responsabilité collective sur le très long terme. Le projet Cigéo engage les générations futures et constitue l’une des décisions industrielles, environnementales et intergénérationnelles les plus lourdes jamais prises en France. 

Des incertitudes techniques majeures :  

Le projet Cigéo repose sur une démonstration de sûreté à très long terme. Or, plusieurs interrogations demeurent concernant des éléments essentiels. Le récent avis de l’ASNR minore ainsi les points d’attention des trois rapports d’expertises de l’ex-IRSN. Face aux enjeux, le socle de connaissances techniques ne peut être jugé “suffisant”. 

Ces incertitudes techniques sont diverses : stabilité de la couche d’argile, performances des scellements et des alvéoles HA, comportement et vieillissement des matériaux, dangers pour la nappe phréatique, absence de démonstrations de sûreté (risques d’incendie, d’explosion ou d’infiltrations).  Nous attirons l’attention sur les menaces pesant sur la ressource en eau, qui est déjà largement sous haute tension. 

Nous considérons que ces incertitudes ne peuvent être traitées comme de simples ajustements techniques ultérieurs pour un projet présenté comme une solution définitive. Elles portent largement atteinte à la sécurité du site et de l’ensemble du territoire. 

Une phase industrielle pilote qui doit rester une véritable phase d’évaluation : 

L’articulation entre l’exécution de la phase industrielle pilote, l’analyse des données, la consultation du parlement et ensuite la poursuite ou non du stockage n’est pas clarifiée.

Nous estimons que la phase industrielle pilote doit permettre un contrôle indépendant et une analyse complète des résultats. Elle ne doit pas constituer un engagement irréversible vers une exploitation industrielle avant que les conditions de sûreté soient pleinement démontrées.

Le mythe de la réversibilité : 

Il est prévu que le stockage soit réversible pendant au moins 100 ans, afin de laisser aux générations futures la possibilité de modifier certaines décisions ou de récupérer des colis de déchets avant la fermeture définitive du site. Mais à l’heure actuelle, cette notion de réversibilité n’est que théorique. Les conditions techniques, humaines et financières d’une récupération future doivent être clairement établies, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. 

Au-delà de sa grande complexité, la réversibilité est limitée à la seule période de fonctionnement. Après la fermeture définitive du site, ces déchets nucléaires ne seront plus accessibles, même si les générations suivantes parviennent à trouver des options plus sûres et plus durables pour les gérer. 

La prétendue réversibilité ne permet en aucun cas de garantir une récupération permanente des déchets. Au contraire, à Cigéo, il a été fait le choix d’une solution de stockage définitif. 

Une consultation démocratique négligée : 

La gestion des déchets nucléaires ne peut relever d’une décision uniquement technique. Les citoyen·nes doivent disposer d’une information complète, contradictoire et accessible sur les incertitudes existantes et sur les alternatives possibles. Or, depuis le début du projet, le débat démocratique a été largement négligé. Pourtant, les conséquences sur le long terme engagent le territoire et les générations futures sans leur consentement. 

Aussi, les espaces de débat public portent davantage sur les modalités de réalisation que sur la question de fond : faut-il enfouir définitivement les déchets nucléaires ou explorer d’autres solutions ? 

En tant qu’élu·es du Grand Est, nous sommes particulièrement préoccupé·es par les conséquences directes du développement du projet Cigéo sur le territoire meusien et sur l’ensemble de la région (besoins en énergie, en matériaux de construction ou en main d’œuvre). La Meuse étant déjà particulièrement touchée par la baisse démographique, comment imaginer que l’implantation d’un site d’enfouissement des déchets nucléaires pourrait redonner de l’attractivité au territoire ?  

Des inquiétudes liées à la sécurité au travail :  

Une attention toute particulière doit être portée à la sécurité des agents qui travaillent au projet Cigéo. En effet, un chantier de cette ampleur peut exposer les travailleurs chargés de sa construction et de son exploitation à de graves dangers. Rappelons que le site de Bure a déjà connu la mort tragique d’un technicien lors d’un éboulement dans une galerie souterraine en 2016. 

Un enjeu financier majeur : 

Cigéo représente un engagement financier exceptionnel sur plusieurs générations. Les garanties de financement à long terme doivent être pleinement établies. Or, aujourd’hui, les coûts ne sont pas maîtrisés et sont imprévisibles à long terme (en témoigne le rapport de l’Andra du 12 mai 2025 qui a réévalué à la hausse le coût du projet, estimé pour la période  2016 – 2170 entre 26,1 et 37,5 milliards d’euros). 

Repenser la stratégie énergétique française : 

La question des déchets radioactifs est indissociable du débat autour de la politique énergétique nationale. Le volume des déchets à enfouir à Bure n’étant aujourd’hui pas fixé, celui-ci dépendra des choix politiques en matière énergétique des prochaines années. 

Nous soutenons une large réduction de la production future de déchets. Cela implique de développer une ambitieuse politique énergétique fondée sur la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. 

Aussi, nous soutenons le développement de la démarche ERC (Eviter – Réduire – Compenser) qui permet d’intégrer les enjeux écologiques dans l’ensemble des politiques publiques et notamment dans la politique énergétique nationale. 

Conclusion : 

Le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est considère que les garanties nécessaires ne sont pas aujourd’hui réunies pour engager un territoire et les générations futures dans une décision irréversible. 

Nous demandons que les expertises indépendantes soient pleinement prises en compte, que les incertitudes techniques soient clairement exposées au public, que la réversibilité soit présentée avec transparence et qu’aucune décision définitive ne soit prise avant une démonstration complète de sûreté. 

Les échecs et incidents de projets similaires d’enfouissement en profondeur tels que le WIPP aux États-Unis d’Amérique ou ASSE II en Allemagne doivent nous alerter et nous amener à chercher d’autres pistes (notamment les solutions de stockage subsurfacique). 

Cigéo n’est pas une solution. C’est un projet particulièrement dangereux qui fait peser des risques irréversibles aux générations futures. Il n’est pas acceptable que la Région Grand Est devienne la poubelle nucléaire de la France.

C’est pourquoi nous donnons un avis défavorable au développement du projet CIGÉO.

Non à la suppression de la ligne TER Châlons–Verdun via Sainte-Ménehould – Notre courrier à Franck Leroy

Metz, le 9 juillet 2026

Objet : Réexamen urgent de la suppression de la ligne routière TER Châlons-Verdun via Sainte-Ménehould

Monsieur le Président,

Nous tenons à vous alerter sur les impacts de la suppression, effective depuis le 1er juillet 2026, de la ligne routière TER reliant Châlons-en-Champagne à Verdun via Sainte-Ménehould.

Cette décision, prise malgré l’opposition ferme de l’association d’usagers Rail Avenir et de nombreux élus et habitants des territoires concernés, constitue un coup porté à la desserte des zones rurales et intermédiaires de l’Argonne et de la Meuse. La ligne offrait un service direct, cohérent et identifié , essentiel pour les déplacements quotidiens, les soins, les études et l’emploi entre les bassins de Châlons, Sainte-Ménehould et Verdun.

Le remplacement par deux lignes régulières Fluo distinctes (51R110 et 55R043) entraîne une perte de lisibilité, des correspondances incertaines et aucune amélioration significative de l’offre, notamment en soirée ou le week-end. Cela renforce le sentiment d’abandon des territoires ruraux.

Les transports collectifs sont un pilier de la cohésion territoriale. Leur affaiblissement accentue la dépendance à la voiture individuelle.

Nous vous demandons de bien vouloir :

  • Réexaminer cette décision et rétablir un service direct et fréquent ;
  • Engager une concertation approfondie avec les usagers et les élus locaux ;
  • Étudier la réouverture de la ligne ferroviaire historique (ligne 5)

Nous restons à votre disposition et vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Pour le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est : 

Eliane Romani, co-présidente     

Lou Noirclere, co-président

Ludivine Pérard, conseillère régionale

Retour sur la Séance Plénière du 25 juin 2026

Cette séance plénière de conseil régional s’est tenue en plein milieu de la deuxième canicule de 2026. D’un niveau équivalent à la canicule historique de 2003.

Suite à la réunion du 11 juin, pour une journée décevante de réflexions sur l’avenir de l’industrie du Grand Est, c’est un ordre du jour assez dense qui nous attendait. L’occasion de mettre l’exécutif régional face au décalage entre ses beaux discours et la réalité des politiques menées.

Lors de son propos liminaire, Eliane Romani, co-présidente du groupe, a dénoncé l’impact de la canicule, qu’elle a qualifiée de conséquence directe de choix politiques et économiques libéraux. Elle a rappelé que cette crise a frappé de plein fouet les populations les plus précaires et a déploré l’impréparation criminelle de l’État et le manque d’ambition de notre Région.

Ensuite, elle a fustigé le Rassemblement National, qui a nié l’urgence climatique tout en votant contre les mesures écologiques. Elle a également critiqué le gouvernement pour avoir détricoté les avancées environnementales, ainsi que la majorité régionale pour son inaction concrète. Enfin, face à ce constat, elle a réaffirmé la détermination des Écologistes, qui formulent, comme toujours, des propositions pour protéger la population et sauvegarder l’avenir.

Cette séance était particulièrement importante car nous avons eu à nous prononcer sur le Compte Financier Unique pour 2025, c’est-à-dire le bilan de l’ensemble des actions de la région en 2025.

Lou Noirclere, co-président du groupe, a regretté que pendant que les habitant·es du Grand Est suffoquent, que les épisodes extrêmes se multiplient, que la prévention et l’adaptation deviennent une nécessité immédiate, la majorité régionale continue de traiter l’investissement écologique comme une simple variable d’ajustement.

Il a rappelé que le coût de l’inaction environnementale sera bien plus élevé et a critiqué le manque d’investissements global. De plus, il a fustigé les coupes budgétaires qui ont frappé l’enseignement et la formation professionnelle, des choix validés au détriment de la jeunesse. Il a annoncé que notre groupe vote contre ce bilan comptable.

Les écologistes considèrent que la Région, comme toutes les collectivités, doit assumer un rôle de protection, de prévention et d’investissement.

Elle doit préparer la résilience de ses territoires face au changement climatique, renforcer les transports collectifs du quotidien, soutenir massivement la rénovation des bâtiments, l’adaptation aux épisodes climatiques extrêmes, la sobriété énergétique, et investir dans la jeunesse, dans les qualifications, dans les métiers de demain. 

Face à l’amendement démagogique du RN visant à promouvoir la climatisation comme seule réponse à la canicule, Ludivine Perard a défendu l’idée d’un véritable plan Canicule pour protéger les plus fragiles, tout en précisant que les climatiseurs ne sont pour le réchauffement climatique qu’un pansement sur une hémorragie.

Elle a rappelé combien cette solution aggrave la chaleur extérieure et ne remplace pas la végétalisation ni la rénovation thermique. Elle a annoncé que nous votons contre cet amendement.

Ghislain Wysocinski a ensuite analysé le budget supplémentaire et a listé d’importantes rentrées d’argent, notamment grâce au contrat Losange et à la SPL Mobilité. Il a regretté que la majorité n’ait pas utilisé ces millions pour stopper l’asphyxie de la formation professionnelle ou de la culture.

Ensuite, il a examiné les admissions en non-valeur, constatant que le numérique a représenté plus de la moitié des dossiers. Enfin, concernant les créances éteintes, il a souligné le poids colossal du dossier Sky Aircraft. Il a invité à la prudence et a demandé d’exiger de réelles garanties pour protéger l’argent public lors des prochains votes d’aides aux entreprises.

Ghislain Wysocinsky a centré son intervention sur les difficultés des Groupes d’Actions Locaux (GAL) pour obtenir des fonds européens. Il a relayé le courrier d’un président de GAL dénonçant des lenteurs administratives régionales supérieures à d’autres territoires.

Il a pointé du doigt les failles du logiciel Euro-PAC, rappelant qu’une autre région a quitté le groupement par insatisfaction. En tant qu’ancien chef de produit, il a recommandé d’améliorer les procédures et l’outil. Enfin, il a déploré que ce système privilégie la performance interadministrative au détriment des bénéficiaires, qu’il a jugé oubliés.

Si la 49ème Compétition des Métiers est un événement intéressant, Gérard Schann a pointé du doigt son coût (3 millions d’euros), un budget en hausse de 25% par rapport à la précédente édition, au moment où les coupes budgétaires sur l’apprentissage et la formation professionnelle sont drastiques (missions locales, indemnité de stage des élèves aides-soignants, aides à l’emploi…)

Quand l’argent public se fait rare, les priorités publiques transparaissent de manière plus importante. Gérard Schann a constaté que nous n’avions pas les mêmes priorités avec la majorité régionale. Les écologistes préfèrent investir massivement dans la formation professionnelle des jeunes, plutôt que de financer des compétitions individuelles. 

Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler le rôle central des Parcs Naturels Régionaux dans la pérennisation de notre cadre de vie, d’autant plus dans le contexte de crise climatique et environnementale. Il dénonce les baisses de budgets et a appelé à une meilleure approche partenariale.

Christophe Dumont a ensuite défendu un amendement qui demande à poursuivre à court-terme l’objectif de 10% de zones de protection forte conformément à l’objectif national de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) sur l’ensemble des PNR régionaux. Ainsi, les parcs naturels régionaux, “catalyseurs des transitions”, auraient enfin un objectif à la hauteur du reste du territoire français. Un amendement largement rejeté lors de son vote. Un refus qui a motivé notre abstention sur le rapport lui-même.

Durant une interruption de séance très émouvante, nous avons accueilli les anciens otages pour une intervention dans l’hémicycle. Notre groupe, comme l’ensemble de l’assemblée régionale, s’est mobilisé durant les 1277 jours de leur détention et entendre leur parole était un moment fort.

Leur détention arbitraire et contraire au droit international nous montre combien la défense de la démocratie et de la liberté d’expression est un combat nécessaire. La tentation autoritaire n’est pas une voie envisageable, en France comme en Europe, et il va de la responsabilité morale de la gauche écologiste de mener ce combat.

Lors de son allocution, Caroline Reys a salué les efforts d’inclusion de la Région via la commande publique, tout en suggérant de conditionner les subventions aux entreprises à des critères inclusifs. Elle a jugé insuffisante l’accessibilité actuelle des gares ainsi que la fréquence du comité de pilotage de la feuille de route.

Elle a aussi regretté le manque de prise en compte des handicaps invisibles, notamment psychiques chez les lycéen·nes, et a proposé d’adapter l’environnement scolaire. Sur le plan culturel, elle a plaidé pour un soutien accru aux ESAT artistiques. Enfin, elle a contesté le fait de lier le handicap au seul vieillissement, reprochant l’oubli des facteurs environnementaux. Elle a ainsi demandé d’intégrer la prévention pour bâtir une véritable culture de l’inclusion.

Lors de son allocution, Ludivine Pérard a rappelé le lien entre les vagues de chaleur et l’augmentation des violences faites aux femmes. Elle a cité des chiffres démontrant que les féminicides et les violences conjugales augmentent significativement durant les canicules.

Elle a regretté le manque de dispositifs de vigilance spécifiques lors des alertes climatiques. Tout en saluant les orientations du plan contre les violences sexistes et pour la mixité, elle les a jugées insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Enfin, elle a pointé les inégalités persistantes de carrière au sein même de la collectivité et a exhorté la Région à soutenir plus fortement les femmes, affirmant que l’égalité ne pouvait plus attendre.

Géraldine Krin a salué l’adoption du Plan d’actions « Une seule santé en Grand Est » et partagé son diagnostic ainsi que ses objectifs ambitieux, notamment la reconnaissance des déterminants environnementaux de la santé. 

Cependant, elle a dénoncé le décalage important entre les ambitions affichées et les politiques réellement menées. Pour rendre le plan crédible, notre groupe a déposé trois amendements sur l’agriculture, l’urbanisme et les perturbateurs endocriniens. Nous demandons également la mise en place d’un comité de pilotage transversal et un accompagnement renforcé des collectivités.

Malgré le rejet de nos amendements, notre groupe a voté pour les objectifs du plan, mais exige une mise en œuvre effective et une cohérence entre paroles et actes.

Le groupe écologiste refuse une stratégie fondée sur la croissance du trafic aérien, incompatible avec l’urgence climatique.

Eliane Romani a évoqué notamment l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, dont la Région est principal propriétaire et financeur. L’objectif de 300 000 passagers en 2030 est irréaliste. Les Écologistes s’opposent à l’injection continue de millions d’argent public dans une structure déficitaire.

Depuis le début du mandat, en 2021, le groupe écologiste est fer de lance sur des propositions visant à la priorisation du report modal vers le train (gare de Vandières), la reconversion des aéroports non rentables en lien avec les salariés et le réinvestissement des aides publiques vers les mobilités douces.

Sous la pression du RN, la majorité régionale a intégré un de leurs amendements protégeant cet équipement obsolète. Une entorse inacceptable au cordon sanitaire républicain instauré dans notre institution.

Initialement, la majorité régionale avait proposé de modifier un amendement du RN en vue de son adoption. Une attitude dénoncée par Lou Noirclere. Suite à une houleuse suspension de séance, une proposition de texte revue a été soumise au vote afin d’éviter d’avoir à prendre position sur l’amendement RN. Un tour de passe-passe qui ne suffit pas à effacer le fond inacceptable de la séquence. 

Les Écologistes, par la voix de Lou Noirclere, ont soutenu l’exploration de solutions innovantes, comme les trains légers Draisy, pour redynamiser les petites lignes ferroviaires fermées ou sous-utilisées du Grand Est.

Cependant, nous posons des conditions claires : l’attente de l’innovation ne doit pas servir d’alibi pour retarder les investissements nécessaires. Seules les motorisations pleinement décarbonées (électrique ou hydrogène) sont acceptables, excluant notamment le diesel. Le modèle économique doit préserver le service public ferroviaire avec présence humaine à bord, et non transférer les lignes à des opérateurs privés.

Notre groupe a voté pour le lancement de l’AMI, tout en restant vigilant sur sa mise en œuvre.

Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler à quel point le projet porté ne fait qu’amplifier les orientations délétères des politiques agricoles régionales actuelles sur les sols, le climat et la biodiversité. L’obsession managériale et technologique traduite en projet pédagogique occulte l’essentiel : la nécessaire bifurcation écologique par l’agroécologie et l’agriculture biologique, seules perspectives viables pour les fermes et les assiettes de notre territoire.

Gérard Schann a profité des échanges sur ce rapport pour alerter sur la situation très difficile de ce dispositif et le grand gâchis autour d’une structure importante pour l’accompagnement de la  jeunesse. Il demande à la Région de reprendre avec ambition le rôle de pilote qu’elle est censée assurer mais dont elle s’est désengagé ces dernières années.

Christophe Dumont a salué le lancement du projet régional Life Adapt’Est, tout en pointant une contradiction majeure. Il a dénoncé la fragilisation des associations d’éducation à l’environnement, touchées par des coupes budgétaires et une mise en concurrence accrue. Il a rappelé que ces acteurs sont pourtant indispensables pour sensibiliser les citoyens à la transition écologique. Il a demandé au Président de justifier cette incohérence et de préciser les mesures envisagées pour y remédier.

Géraldine Krin a alerté sur un rapport révélant que les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires tuent chaque année des milliards d’animaux marins. Elle a souligné la contradiction entre le soutien régional à la filière nucléaire et les objectifs locaux de protection de la biodiversité. Enfin, elle a demandé au Président si cet impact a été évalué par la Région et si les résultats de cette expertise sont compatibles avec les ambitions écologiques du territoire.

Nous avons déposé une motion pour engager la Région Grand Est à définir un plan régional de protection face aux canicules. Une dynamique qui nous semblait essentielle à enclencher sans tarder. Déposée en plein épisode caniculaire, ce texte n’a malheureusement pas pu être examiné par l’assemblée faute de temps. 

Motion – Pour un plan régional de protection face aux canicules 

Motion déposée lors de la Séance plénière du 25 juin 2026

Ce texte n’a pas pu être examiné faute de temps

Sous l’effet du dérèglement climatique, les canicules s’accélèrent dans notre région : elles sont plus fréquentes, plus précoces et plus intenses. Ces épisodes de forte chaleur ont des conséquences directes sur la santé et la qualité de vie des habitants, en particulier des plus fragiles : personnes âgées, enfants, précaires et personnes les plus exposées aux îlots de chaleur urbains. 

En période de canicule, les températures dans les lycées dépassent largement les 30 degrés, mettant à mal les conditions d’étude et de travail du personnel administratif, des enseignants et des lycéens, d’autant plus en période d’examen. 

Plus largement, les conditions de travail, notamment des ouvriers et artisans, sont gravement impactées par ces épisodes de chaleur. En 2023, lors des vendanges en Champagne, 4 saisonniers sont décédés en pleine canicule.   

Conformément aux ambitions régionales du plan “Grand Est Région Verte” et du projet “Life Adapt’Est”, le Grand Est doit anticiper ces épisodes de chaleur et les prévenir, pour la santé et la qualité de vie des habitants. 

Les leviers d’actions de la Région, en collaboration avec l’Etat et les collectivités locales,  sont nombreux : que ce soit sur du long-terme (rénovation énergétique des bâtiments, végétalisation et îlots de fraîcheur, protection des terres agricoles et de la ressource en eau) ou sur du court-terme (adaptation des rythmes scolaires et horaires de travail, renforcement des dispositifs d’information et de prévention). 

Motion

Les élus du Conseil régional du Grand Est, réunis en Séance plénière du 25 juin 2026 : 

  1. Face aux effets du dérèglement climatique, s’engagent à définir un plan régional de protection face aux canicules 

Déposé par Monsieur Lou Noirclere pour le groupe Les Ecologistes 

Amendement – Parcs Naturels Régionaux (PNR)

Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026

Délibération  N°26SP-1058

La Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) publiée en 2021 ambitionne de protéger 30 % du territoire national, dont 10 % en protection renforcée.

Les zones de protection forte se concentrent en priorité sur la protection des milieux riches en biodiversité ou particulièrement vulnérables face aux changements à venir, en particulier les zones humides et les espaces forestiers.

Il serait paradoxal que les parcs naturels régionaux, “catalyseurs des transitions”, aient un objectif moins élevé que le reste du territoire français.

Pour mémoire, la part des zones de protection renforcée est actuellement de 0,6 % dans le PNR des Ardennes, soit 16 fois moins que l’objectif national. 

Amendement

Dans la convention en annexe de la délibération, dans la partie Article 3 : Priorités partagées et axes de travail communs 2026-2028, dans la sous-partie “Développer, et valoriser l’agroforesterie dans les systèmes agricoles des 6 Parcs du Grand Est” 

APRÈS  “Développer, et valoriser l’agroforesterie dans les systèmes agricoles des 6 Parcs du Grand Est”

AJOUTER la phrase suivante : “, poursuivre à court-terme l’objectif de 10% de zones de protection forte conformément à l’objectif national de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) 

Déposé par  Monsieur Christophe Dumont pour le groupe Les Ecologistes 

Amendement – Urbanisme favorable à la santé

Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026

Délibération  N°26SP-1081 

Exposé des motifs

Considérant l’importance cruciale des mobilités douces (marche, vélo, transports en commun) pour réduire la pollution de l’air, lutter contre le changement climatique, améliorer la santé publique et diminuer les émissions de gaz à effet de serre ;

Considérant que les Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) sont des documents stratégiques d’aménagement du territoire qui doivent intégrer de manière ambitieuse les enjeux de mobilité durable ;

Considérant que la Région, dans le cadre de ses compétences en matière d’aménagement du territoire et de santé environnementale, doit veiller à la cohérence et à l’ambition des documents de planification territoriale qu’elle est amenée à examiner ;

Amendement

Dans le rapport, dans la partie 7 URBANISME FAVORABLE A LA SANTE, dans la sous-partie Actions prévues,

APRÈS la dernière action listée concernant l’évolution du cahier des charges « communes nature » ou l’intégration dans les politiques régionales :

AJOUTER la phrase suivante :

« Donner des avis négatifs systématiques aux Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) ne comportant pas un plan ambitieux en matière de développement des mobilités douces (vélo, marche, transports en commun, etc.), afin d’inciter les territoires à renforcer leur engagement en faveur d’un urbanisme favorable à la santé et à l’environnement. »

Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere, Madame Laure Haag et Monsieur Gérard Schann pour le groupe Les Ecologistes 

Amendement – Agriculture

Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026

Délibération  N°26SP-1081 

Considérant l’importance cruciale de la transition agro-écologique pour la santé humaine, la préservation de l’environnement, la qualité de l’eau et des sols ;

Considérant que l’agriculture productiviste, notamment par son recours aux intrants chimiques, contribue significativement à l’exposition des populations à des polluants (nitrates, pesticides, etc.) ;

Considérant la nécessité de réorienter les soutiens publics vers des pratiques agricoles durables, résilientes et respectueuses de l’environnement, en cohérence avec les objectifs du Plan Bio 2023-2027, du PNA4 et du PNNS5 ainsi que de l’approche « Une seule santé » ;

Amendement

Dans le rapport, dans la partie 6 – ALIMENTATION DURABLE, dans la sous-partie Actions prévues,

APRÈS la dernière action listée : « Valoriser le Plan ambition éleveurs et le programme d’excellence sanitaire en élevage. », 

AJOUTER la phrase suivante :

« Réinterroger l’ensemble des dispositifs de soutien aux acteurs agricoles afin de réorienter les dispositifs soutenant l’agriculture utilisant des produits néfastes pour la santé humaine et environnementale, vers la transition agro-écologique, notamment par un renforcement significatif du soutien à l’agriculture biologique. »

Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere, Messieurs Laurent Dreyfus et Christophe Dumont pour le groupe Les Ecologistes 

Amendement – Perturbateurs endocriniens

Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026

Délibération  N°26SP-1081 

Considérant les risques sanitaires majeurs liés aux perturbateurs endocriniens, aux substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR) présents dans certains produits phytosanitaires et biocides ;

Considérant la nécessité de protéger la santé des populations, en particulier des plus vulnérables (femmes enceintes, enfants, etc.), et de prévenir l’exposition à ces substances via les projets soutenus par la Région ;

Considérant la cohérence requise entre les engagements énoncés et l’ensemble des soutiens accordés aux acteurs régionaux ; 

Amendement

Dans le rapport, dans la partie 5 SOURCES DE POLLUTION, sous-partie Perturbateurs endocriniens,

APRÈS la dernière action listée : « Signature de la Charte Villes et Territoires Sans Perturbateurs Endocriniens. » ; 

AJOUTER la phrase suivante :

« Interdire, dans le cadre de tous les projets soutenus par la Région Grand Est, l’usage, par les acteurs bénéficiaires, de produits phytosanitaires et biocides contenant des perturbateurs endocriniens ainsi que des substances classées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) »

Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere et Madame Géraldine Krin pour le groupe Les Ecologistes