Menace sur les CESER : écouter la voix de la société civile, ce n’est pas facultatif

Communiqué de presse du 16 avril 2026

Le 14 avril 2026, des élu·es de droite et Macronistes, avec le soutien du Rassemblement National, ont adopté, dans le cadre du projet de loi de simplification de la vie économique, un amendement rendant facultatifs les Conseils Économiques, Sociaux et Environnementaux Régionaux (CESER)

Un affaiblissement inacceptable de la démocratie locale
Les CESER sont des instances essentielles de concertation et de représentation de la société civile. Leur expertise pluraliste et indépendante enrichit les politiques régionales et garantit que les décisions publiques soient ancrées dans les réalités territoriales. Les rendre facultatifs, c’est affaiblir la construction de l’intérêt général et priver les citoyens d’un outil précieux de participation démocratique.

Des économies budgétaires au mépris de l’urgence écologique et sociale
Les économies avancées (50 à 60 millions d’euros pour l’ensemble des régions) ne sauraient justifier la disparition d’un outil aussi crucial, surtout en période de crises climatique et sociale. Les CESER jouent un rôle clé dans la défense des transitions écologique, sociale et économique. 

Eliane Romani, Coprésidente du groupe Les Écologiste conclut : “Cette décision, si elle était confirmée, marquerait un recul démocratique inacceptable” et Lou Noirclere, coprésident ajoute “ Nous sommes en train de vivre un scénario où les irresponsables déroulent le tapis rouge à l’extrême-droite autoritaire, en supprimant tous les gardes fous démocratiques.”

Face à cette menace, les élu·es écologistes de la région Grand Est réaffirment leur soutien indéfectible aux CESER.

Loi de simplification : une majorité régionale au double langage

Communiqué de presse du 17 avril 2026

Mardi 14 avril à l’Assemblée nationale, le projet de loi “Simplification de la vie économique” a été adopté à une courte majorité. Un grand nombre de députés macronistes, centristes et de droite ont voté main dans la main avec l’extrême-droite.

Ce projet de loi contient un démantèlement sans précédent des politiques écologiques en vigueur (suppression des zones à faibles émissions (ZFE), détricotement du zéro artificialisation nette (ZAN)…). 

Franck Leroy, Président de la Région Grand Est, prétend soutenir une politique environnementale ambitieuse dans notre région. Pourtant, son camp politique enclenche une marche arrière toute sur les questions écologiques majeures.

Lou Noirclere s’exprime “Le détricotage du droit environnemental a été soutenu au niveau national de la droite du camp présidentiel à l’extrême-droite. Nous appelons Franck Leroy à clarifier publiquement sa position sur ces reculs votés à l’Assemblée nationale par son camp politique et à garantir que la Région soutiendra des politiques environnementales ambitieuses”. 

Eliane Romani ajoute “Face à l’urgence climatique et la destruction de la biodiversité, la cohérence de l’action publique s’impose. Les incantations verbales, ça suffit ! 

Retour sur la Séance Plénière du 10 avril 2026

En amont de l’ouverture de la plénière, nous sommes allés soutenir les acteurs·trices de la culture, mobilisé·es devant l’Hôtel de région pour dénoncer les baisses budgétaires prévues par la majorité régionale.

Lors de son allocution introductive, Eliane Romani a débuté par une note d’espoir en saluant la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran. Elle a toutefois rapidement abordé des enjeux plus graves, dénonçant les conflits au Proche-Orient et l’alerte sanitaire de l’ANSES concernant la surexposition des Français au cadmium.

Face à cette menace, elle a interpellé le Président sur l’urgence de transformer notre modèle agricole. Elle a illustré cette nécessité par le scandale Nestlé Waters dans les Vosges, symbole d’une dérive environnementale marquée par l’abandon massif de déchets plastiques.

Elle a fermement condamné l’inaction des parlementaires de droite, les accusant de privilégier le clientélisme électoral au détriment de la santé publique. Enfin, elle a déploré les choix budgétaires de la majorité régionale qui sacrifient des secteurs vitaux : transports ferroviaires, énergies renouvelables et culture. Pour elle, persister dans cette voie constitue une faute politique majeure face aux crises actuelles.

Lors des débats sur la stratégie numérique régionale, Laure Haag et Gérard Schann ont dressé un bilan critique, pointant le fossé persistant entre les infrastructures techniques et les inégalités d’accès. Bien que la réussite technique du déploiement de la fibre soit saluée, ils ont dénoncé fermement les dérives d’une dématérialisation à marche forcée. Laure Haag a souligné notamment que l’illectronisme fragilise le service public et exige un renforcement de la médiation humaine ainsi que la création de tarifs sociaux pour protéger les plus précaires.

Leurs interventions se sont articulées autour de trois piliers essentiels : l’inclusion, la sobriété et la souveraineté. Ils ont alerté sur la violence sociale causée par la suppression du réseau cuivre et ont critiqué l’impact environnemental croissant des datacenters sur les ressources agricoles. Ils ont prôné également une transition vers des logiciels européens pour s’émanciper des géants technologiques mondiaux.

Enfin, ils ont déploré l’absence de mesures concrètes face aux risques psychosociaux et sanitaires liés aux écrans. Pour Gérard Schann, le numérique doit impérativement rester un outil au service de l’intérêt général et non une finalité en soi. Il a appelé l’exécutif à dépasser les simples vœux pieux pour adopter une vision réellement cohérente, sobre et inclusive.


Lors de son intervention sur la stratégie numérique régionale 2026-2030, Laure Haag a critiqué un projet privilégiant la compétitivité au détriment de l’écologie. Bien que le diagnostic soit pertinent, elle déplore que le « numérique responsable » reste secondaire.

Face à ce constat, elle a défendu une vision alternative axée sur la souveraineté et la sobriété, prônant des investissements ciblés vers les logiciels libres, l’économie circulaire et les « low-techs », tout en s’émancipant des GAFAM. Elle a également insisté sur la nécessité de hiérarchiser les usages selon leur utilité sociale. Soulignant l’empreinte carbone croissante du secteur en Grand Est, elle a affirmé qu’une politique publique ne peut rester neutre. Faute d’engagements suffisants, nous avons voté contre cette délibération.

Lors de la pause méridienne, l’ensemble des élu·es s’est rassemblé devant l’entrée de l’Hôtel de Région à Metz afin de décrocher symboliquement la bâche en soutien aux deux otages des geôles iraniennes enfin de retour chez eux. Nous nous réjouissons pour leurs proches et souhaitons aux ex-détenus de trouver les conditions favorables à leur reconstruction.

Laurent Dreyfus a analysé le contrat de filière fruits et légumes régional, déplorant que trop de produits soient encore importés. Il a souligné la timidité de la transition écologique, notamment dans le secteur légumier, et a appelé à une reconquête de la souveraineté alimentaire.

Il a exigé un soutien massif au maraîchage biologique par une simplification de l’accès au foncier et des aides ciblées. Il a également proposé le financement d’outils de vente directe et d’infrastructures logistiques mutualisées pour favoriser les circuits courts.

Ludivine Pérard a critiqué l’orientation du plan de sécurisation des lycées du Grand Est jugé trop centré sur des mesures matérielles (caméras, clôtures). Ces dispositifs ne résolvent pas les problèmes de fond mais ils déplacent les risques et créent une illusion de sécurité. La vraie prévention passe par le lien humain, l’écoute, et des moyens concrets : agents d’entretien, cantines, médecins scolaires alors que l’État et la Région réduisent ces effectifs, affaiblissant le rempart social contre la violence. La sécurité ne se décrète pas, elle se construit par l’accompagnement. Ludivine Pérard conclut : « Mieux vaut investir dans l’avenir que surveiller. »

Il y a 2 ans, les écologistes ont été le seul groupe à ne pas approuver ce Pacte. Non par défiance, par dogmatisme, ou par posture, mais par exigence. Lou Noirclère a rappelé que le Pacte n’a pas permis de financer de nouvelles initiatives mais regroupe, sous un même label, des projets déjà engagés auparavant. Loin des effets d’annonce, les investissements dans les équipements publics, pour le soutien aux entreprises, pour le développement du tourisme et même pour la vidéosurveillance, s’appuient sur des délibérations antérieures au pacte. Nous affirmons que la responsabilité commanderait de refuser de susciter de faux espoirs, au moment où la défiance de nos concitoyens envers leurs élu·es est à son apogée. 

Ghislain Wysocinski a interpellé la majorité sur la SPL Destination Amnéville dont nous détenons près de 15% du capital – soit plus de 2 millions d’€ : le Snow-World d’Amnéville, une piste de ski en intérieur, géré par cette SPL, pose un problème politique majeur : refroidir une piste de ski toute l’année est un contre-sens écologique en complet décalage avec les enjeux du XXIe siècle. Alors que dans le reste des politiques régionales, de nouvelles réglementations sont en place pour adapter notre politique touristique aux enjeux de la transition écologique, le Snow-World est une infrastructure qui va à l’encontre du bon sens. De plus, avec 74 000 clients en 2024 sur les 4,58 millions de visites de la Cité des Loisirs d’Amnéville, le Snow-World ne trouve manifestement pas son public et n’est pas pertinent économiquement non plus.

Les cours du pétrole grimpent et mardi 31 mars, le gazole, carburant le plus consommé en France, affichait un prix moyen hebdomadaire supérieur à 2€ le litre. Ce coût, nous le savons, pèse sur le quotidien des nombreux habitants du Grand Est qui utilisent la voiture comme mode de transport quotidien. Face à la crise, les pouvoirs publics ont un devoir d’agir. Aussi, la Région Grand Est peut et doit agir sur les leviers dont elle dispose, notamment sur le coût du billet TER, en particulier le coût des abonnements, et sur l’investissement dans les énergies renouvelables. Après quatre années consécutives d’augmentation du prix du TER, il est urgent de rendre le transport ferroviaire à nouveau attractif.

Lou Noirclère a interpellé le Président, compte-tenu de la gravité de la situation économique concernant le prix du pétrole et du gaz sur les actions à mener par la Région Grand Est

La proposition de loi pour la création d’une collectivité unique en Alsace a été votée en séance plénière de l’Assemblée Nationale mercredi 8 avril 2026 par une union des députés de l’extrême-droite, de la droite et du centre. Nous avons voté une motion avec la majorité de l’Assemblée Régionale pour dénoncer cette loi démagogique, qui n’a pas pour objet de recréer une région Alsace mais de transférer de nouvelles compétences à l’échelon départemental qu’est la Collectivité Européenne d’Alsace. En savoir plus sur notre position sur ce texte.

Un projet d’usine de pyrolyse à Saint-Martin-sur-le-Pré (Marne) vise à transformer des montagnes de déchets plastiques. Si nous soutenons le recyclage, nous demandons à la Région Grand Est de lancer une étude afin de s’assurer que le projet ne sacrifie pas la santé des habitant·es sur l’autel d’une industrie plastique encore expérimentale et risquée. Nous avons déposé une motion en ce sens qui n’a pas eu le temps d’être soumise au vote de cette séance mais la majorité s’est engagée oralement à y donner suite. En savoir plus sur ce sujet.

La culture se meurt à l’est 

En décembre 2025, la Région Grand Est a annoncé baisser le budget culturel régional de plus de 5%, soit une baisse de plus de 5 millions d’euros pour l’année 2026

En parallèle, l’Etat a annoncé une baisse de 200 millions d’euros de son budget alloué à la culture. Au lieu de compenser cette coupe budgétaire, la Région Grand Est fait le choix de l’accentuer, portant un coup irréversible au spectacle vivant, aux intermittents, aux compagnies régionales

La culture est sacrifiée, en témoigne le sort réservé à l’Agence Culturelle Grand Est. En baissant de plus de 60% son budget, la Région opère un vrai démantèlement de l’Agence,  entraînant la suppression du pôle spectacle vivant et le licenciement d’une douzaine de salarié.es de l’Agence. Membre de son conseil d’administration, Caroline Reys, Conseillère Régionale (Sélestat) a eu plusieurs fois l’occasion d’exprimer notre position sans ambiguïté : “Nous apportons tout notre soutien au personnel qui va être licencié”. 

Les conséquences de ces coupes budgétaires sont sans précédent pour le secteur culturel régional : création, diffusion, statut d’intermittent, c’est tout un écosystème qui est fragilisé. Et contrairement à ce que prétend la majorité régionale, ce sont les plus fragiles qui sont touchés et risquent de disparaître. Nous faisons face à une véritable destruction de la vitalité artistique du territoire. 

Christophe Dumont ajoute : “Dans notre région, les tournages sont interrompus, le téléphone des intermittents ne sonne plus. Pour la vidéoprotection, il n’y a pas de restriction budgétaire. Actuellement, les seules caméras qui tournent en Région Grand Est sont celles qui assurent la surveillance.”

La culture est perçue par la majorité régionale (la droite) comme une simple variable d’ajustement comptable. Or elle est essentielle dans ce monde de tous les dérèglements : en matière de lien social, d’émancipation et de vitalité dans nos territoires. 

A l’occasion de la Commission permanente du 9 avril, nous avons adressé tout notre soutien à la mobilisation du secteur culturel régional “La culture se meurt à l’Est”. Eliane Romani a rappelé une fois de plus : “Au final ce sont les compagnies, les artistes et les techniciens intermittents qui subiront les conséquences. On fragilise les plus fragiles”. 

Pour les soutenir vous aussi, signez la pétition.

Sortie de l’Alsace du Grand Est : un texte démagogique 

La proposition de loi pour la création d’une collectivité unique en Alsace a été votée par l’Assemblée Nationale mercredi 8 avril 2026 par une union des députés de l’extrême-droite, de la droite et du centre.

En séance plénière du 10 avril 2026, nous avons voté une motion avec la majorité de l’Assemblée Régionale pour dénoncer cette loi démagogique, qui n’a pas pour objet de recréer une région Alsace mais de transférer de nouvelle compétence à l’échelon départemental qu’est la Collectivité Européenne d’Alsace.

Nous comprenons l’attachement des Alsaciens à la culture et à l’histoire alsacienne mais ce texte qui n’a ni pour objet de valoriser l’identité culturelle et historique de l’Alsace, ni de simplifier véritablement le mille-feuille territorial : il relève principalement de la démagogie et d’une regrettable tentative de repli identitaire qui n’est pas le souhait des Alsaciennes et des Alsaciens.

Nous rappelons que si la Collectivité européenne d’Alsace est devenue depuis le 1er janvier 2021 une collectivité à part entière, celle-ci peine encore à faire ses preuves et reste un objet non identifié pour les citoyennes et les citoyens. Face à cet état de fait, élargir le champ de ses compétences n’aura aucune plus-value concrète pour améliorer le quotidien des alsaciennes et des alsaciens. Au contraire, la taille actuelle de la région Grand Est au sein de l’Europe est pertinente pour que les politiques publiques puissent répondre aux crises internationales.

De plus, nous relevons qu’une éventuelle sortie de la Collectivité européenne d’Alsace de la région Grand Est poserait question en termes d’équité territoriale. Nous regrettons que certains députés préfèrent servir les intérêts politiques de quelques-uns plutôt que de s’interroger sur les besoins véritables de l’ensemble des habitantes et habitants de la région. Alors que la pauvreté explose et que la Collectivité européenne d’Alsace peine à répondre à ses obligations en la matière, instrumentaliser la question de l’organisation territoriale est incompréhensible.

Nous appelons le Gouvernement à prendre toute la mesure de sa responsabilité et à ne pas cautionner, par opportunisme ou faiblesse, une remise en cause aussi grave de la cohésion territoriale de la République ;

Et nous rappelons notre attachement à une République décentralisée, forte de ses territoires, respectueuse de leurs identités et ferme dans la défense de l’intérêt général et de l’unité nationale.

Projet Polyprep à Saint-Martin-sur-le-Pré (Marne) : le recyclage plastique ne doit pas se faire au péril de notre santé !

Un projet d’usine de pyrolyse à Saint-Martin-sur-le-Pré vise à transformer des montagnes de déchets plastiques. Si nous soutenons le recyclage, nous demandons à la Région Grand Est de lancer une étude afin de s’assurer que le projet ne sacrifie pas la santé des habitant·es sur l’autel d’une industrie plastique encore expérimentale et risquée. Nous avons déposé une motion en ce sens lors de la plénière du 10 avril 2026.

Le projet d’usine de pyrolyse de plastiques porté par la SAS POLYPREP à Saint-Martin-sur-le-Pré (51), actuellement en phase d’autorisation, soulève de fortes inquiétudes quant aux risques sanitaires et aux impacts environnementaux.

L’installation vise à transformer des déchets plastiques en huile de pyrolyse destinée à produire de nouveaux emballages. Son procédé mécanique et chimique (chauffage à 500°C) est très énergivore et consommateur d’eau, avec un forage prévu pour puiser 300 m³ par jour dans la nappe phréatique.

Alors que le Plan Régional Santé Environnement 4 fait de la qualité de l’air extérieur une priorité, le projet, susceptible de la dégrader durablement, va à l’encontre de cet objectif et ignore les inquiétudes des habitants.

Les habitations, écoles, et terres agricoles qui se trouvent à proximité immédiate pourraient subir les rejets atmosphériques ou les retombées particulaires, en fonctionnement normal comme en cas d’incident. Le devenir des déchets ultimes et le bilan des gaz à effet de serre, que l’entreprise refuse de publier, posent également question.

En dehors du site de Total Energies à Grandpuits (77), tout juste ouvert, POLYPREP serait l’une des premières usines de pyrolyse de plastiques en France. À l’étranger (Italie, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, États-Unis), des usines similaires ont montré leurs limites, certaines ayant cessé leur activité ou fait l’objet de poursuites judiciaires.

Face à ces constats, il est urgent que la Région Grand Est agisse pour garantir une évaluation indépendante et exhaustive des polluants émis ainsi qu’une concertation publique transparente.

Le Conseil Régional du Grand Est, réuni en séance plénière,

  1. Décide d’intervenir auprès de la Préfecture pour exiger une étude environnementale approfondie et indépendante, incluant une analyse complète des polluants émis, notamment des perturbateurs endocriniens, et leurs impacts sur la santé publique, en particulier pour les populations vulnérables (enfants, personnes âgées).
  2. Demande au Préfet l’organisation d’une concertation publique élargie pour évaluer les risques réels du projet et étudier les alternatives durables.

Déposée par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere et Madame Ludivine Pérard pour le groupe  Les Écologistes.

Carnaval de Bâle : en supprimant les trains spéciaux, la Région grand Est méprise son identité transfrontalière

Communiqué de presse du 10 février 2026

La Région Grand Est a décidé de supprimer les deux trains spéciaux (TER) reliant habituellement Strasbourg et Mulhouse pour le Morgestraich, le défilé ouvrant le plus célèbre carnaval de Suisse. Une fois de plus, l’exécutif régional entend faire des économies sur l’accès à la culture, au vivre ensemble et tourne le dos à sa dimension frontalière. Comme les associations d’usagers, nous dénonçons une mesure d’économie sacrifiant une tradition ancrée depuis 25 ans. 

Alors qu’un nouveau devis de la SNCF est attendu ce mardi, nous demandons à la Région de reconsidérer sa position. Des solutions, comme l’ajustement du tarif, sont préférables à une suppression totale qui pénaliserait les usagers et la dimension régionale du festival.

Eliane Romani : “ Il y a 10 jours nous débattions du bilan des dix années d’existence de la Région Grand Est. Notre groupe y pointait précisément l’absence de vision transfrontalière et l’approche purement comptable de la politique de transports. Voici une belle occasion de rectifier le tir. “

Lou Noirclere : “ Après l’annonce de la suppression de trains pendant les vacances scolaires, la région veut supprimer les trains spéciaux affrétés pour les grosses manifestations. Des centaines de personnes n’auront pas d’autres choix que de prendre leur voiture, un surcoût pour les porte-monnaies, un non-sens environnemental et un risque accidentogène. “


Rappels des enjeux :

  • Accessibilité : Le tarif forfaitaire garantissait l’accès à tous, loin du coût des parkings suisses.
  • Fréquentation : Jusqu’à 1 000 passagers utilisent habituellement ces navettes pour rejoindre Bâle à 4h du matin.
  • Cohérence : Une politique de mobilité devrait soutenir les événements populaires qui soudent notre territoire.

Abandonner le projet autoroutier de l’A31-bis est une nécessité

Notre courrier au Préfet de la Moselle suite à l’avis de l’Autorité Environnementale sur le projet d’A31-bis

Monsieur le Préfet, 

L’Autorité Environnementale a rendu son avis sur l’autoroute A31-bis.  Nous constatons que cet avis met en lumière l’absence de solutions développées sur les enjeux environnementaux, notamment concernant la préservation des sols. La consommation d’espaces naturels et forestiers, l’imperméabilisation et les conséquences du projet sur le développement éventuel de l’urbanisation ne sont ainsi pas traités par le projet d’A31-bis, ce que déplore l’Autorité environnementale.

À cela, s’ajoutent les analyses insuffisantes concernant la pollution de l’air, les émissions de gaz à effet de serre et le paysage, mais également le bénéfice socio-économique quasiment nul de ce nouveau tronçon routier avec péage pour ses usagers potentiels.

Enfin, l’Autorité environnementale pose le constat d’une faiblesse d’analyse sur les alternatives existantes à l’A31-bis, notamment en ce qui concerne les possibilités de développement du report modal.

Le manque de prise en compte des enjeux environnementaux majeurs ainsi que le faible bénéfice de ce projet pour ses usagers doit conduire l’Etat à renoncer à l’A31-bis, et notamment à son secteur nord et au contournement autoroutier de Thionville.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’accepter, Monsieur le Préfet, nos salutations les plus respectueuses.

Canons à neige du Lac Blanc : la Région Grand Est persiste et paiera !

Le verdict est tombé le 30 janvier dernier : malgré nos alertes et une polémique qui a largement dépassé les murs de l’hémicycle, la majorité régionale a acté le financement de nouveaux canons à neige pour la station du Lac Blanc. Une stratégie à contre-courant de l’histoire.

Tout a basculé après la commission « Montagne et Ruralités » du 19 janvier, suite à notre communiqué de presse. Nous y dénoncions les arguments « climato-sceptiques » de certain·es élu·es de la majorité, utilisés pour justifier le financement de canons à neige pour la station du Lac Blanc. La presse s’est alors emparée du sujet et ces propos ont suscité de vives réactions sur le terrain.

Citoyen·nes, acteurs·trices du tourisme durable et défenseurs·euses de l’environnement ont fait entendre leur voix, plaçant la Région sous le feu des projecteurs. Cette pression médiatique, ainsi que notre mobilisation ont contraint l’exécutif à sortir de son mutisme lors de la commission permanente du 30 janvier.

Face à l’ampleur de la polémique, le Président de la Région, Franck Leroy, a dû monter au créneau pour éteindre l’incendie. Il a tenu à réaffirmer, sans ambiguïté, l’absence de climato-scepticisme dans les rangs de sa majorité, désavouant ainsi à demi-mot les propos lunaires tenus quelques jours plus tôt sur le Gulf Stream ou l’enneigement opportuniste.

Toutefois, si la forme a été « corrigée » pour rassurer, le fond reste inchangé : l’argent public continuera de couler vers la neige artificielle.

À l’issue d’un débat où les oppositions d’approches se sont exprimées, le projet a finalement été adopté par une large majorité regroupant la droite, les centristes et l’extrême droite. Nous maintenons que cet entêtement est une erreur historique.

Eliane Romani a dénoncé une stratégie court-termiste : « Dire qu’on va investir pour skier jusqu’au dernier flocon, je trouve que c’est particulièrement anachronique C’est autant d’argent qui manquera aux solutions plus mesurées que nous soutenons. »

Gérard Schann a enfoncé le clou en pointant l’accélération inquiétante du dérèglement climatique dans les Vosges : « En utilisant des fonds pour soutenir des modèles voués à disparaître, on entretient une forme d’illusion. »

En validant cet investissement au Lac Blanc, la Région Grand Est fait donc le choix de l’attentisme face au climat plutôt que celui de l’adaptation. En ignorant les études d’enneigement qu’elle a elle-même financées (prédisant +3°C d’ici 2050), elle prend le risque de laisser les stations vosgiennes sans ressources lorsque les canons à neige deviendront définitivement silencieux, faute de froid 

Le débat est clos dans l’hémicycle, mais sur le terrain, la question de l’avenir économique et sociétal de nos montagnes reste plus brûlante que jamais.

Débat des 10 ans de la Région Grand Est : une séance pour rien ?

Le 30 janvier dernier, la Région Grand Est se réunissait en séance plénière exceptionnelle. À l’ordre du jour : le « nouvel acte de décentralisation » promis par le gouvernement. Une occasion en or, selon  le président Franck Leroy, pour dessiner les contours d’une institution plus agile, plus proche et plus efficace.

Pourtant, le constat de notre groupe est sans appel : cette séance fut d’une stérilité déconcertante. Là où nous attendions une vision d’avenir, la majorité régionale s’est murée dans une autosatisfaction interminable. Plutôt que de bâtir le Grand Est de demain, l’exécutif s’est contenté de réciter son bilan, sans porter de propositions concrètes, transformant un débat nécessaire en un exercice d’auto-congratulation déconnecté des réalités territoriales.

Face au vide institutionnel, notre groupe a porté un plaidoyer structuré. Voici le cœur de nos propositions pour une décentralisation qui serve réellement la transition écologique et la justice sociale.

Le « mille-feuille » administratif reste indigeste. Si la majorité prône la lisibilité, les promesses d’efficacité restent des vœux pieux. Nous constatons que les Maisons de Région sont encore trop sous-dotées et méconnues. Pour nous, la décentralisation ne doit pas être un simple affichage, mais un transfert de moyens réels pour assurer les services publics du quotidien.

Si nous reconnaissons les moyens financiers importants dédiés au réseau des trains régionaux (TER), la réalité est plus sombre pour le portefeuille des habitant.es : le coût des billets TER ne cesse d’augmenter et des guichets ferment. Nous demandons la mise en œuvre du Versement Mobilité pour faire contribuer les entreprises au financement des transports, évitant ainsi de faire reposer tout le fonctionnement sur les seuls usager.e.s.

Sans participation citoyenne, la décentralisation demeure vide de sens. Pour restaurer la confiance, nous suggérons pour les élections régionales un passage au scrutin réellement proportionnel, sans prime majoritaire, pour que chaque vote compte, et que le compromis puisse se faire dans l’élaboration des politiques publiques. Le renforcement du CESER est également incontournable, pour en faire le pivot d’une démocratie régionale vivante.

La Région possède la légitimité pour agir, mais elle se trompe de cible. Nous dénonçons le mépris actuel pour l’agriculture paysanne et les fermes bio. 

Plutôt que de s’obstiner dans des solutions technologiques réparatrices coûteuses, la Région doit investir dans la prévention et soutenir la trame verte et bleue, essentielle à l’adaptation climatique.

Dix ans après, les services publics se sont souvent éloignés des citoyen.e.s. La Région Grand Est semble encore trop déconnectée des particularités locales. 

Nous portons un plan ambitieux pour la formation professionnelle : chaque habitant doit pouvoir vivre, étudier et travailler sur son territoire sans être contraint à l’exode vers les grandes métropoles.

Situé au cœur de l’Europe, le Grand Est tarde à transformer l’essai. Le dialogue avec l’Allemagne, la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg doit quitter le champ purement technique pour devenir stratégique. Il est urgent de peser sur l’État pour obtenir des compétences permettant de dialoguer d’égal à égal avec nos voisins, notamment sur la question cruciale de la mobilité des travailleurs frontaliers. Aussi, contre les déséquilibres durables avec le Luxembourg en particulier, nous soutenons la mise en place d’une compensation financière transfrontalière. 

En restant figée sur son bilan, la majorité régionale a manqué une occasion historique de peser sur le débat national. Nous regrettons que l’autosatisfaction l’ait emporté sur l’audace.

Quoi qu’il en soit, notre groupe restera force de proposition. La décentralisation ne peut pas être un simple exercice de communication : elle doit être le moteur de la résilience de notre territoire face aux crises à venir.