Situation des lycées et avenir de la jeunesse : nous sollicitons le Président de la Région

Courrier du 23 octobre 2026 – Les Ecologistes et La Gauche solidaire et écologiste

Monsieur Franck LEROY
Président du Conseil Régional
Place Adrien Zeller
67000 Strasbourg

Metz, le 23 octobre 2026,

Objet : Proposition d’organisation de groupes de travail et de débats territoriaux sur la situation des lycées et l’avenir de la jeunesse

Monsieur le Président,

À la suite du débat qui s’est tenu en séance plénière du 15 octobre 2026 concernant la jeunesse, et particulièrement les lycéennes et les lycéens, nos groupes souhaitent vous proposer deux initiatives concrètes.

Les mobilisations de ces dernières semaines traduisent des préoccupations profondes de la jeunesse concernant ses conditions d’études et son avenir. Elles appellent une réponse qui ne saurait se limiter à la seule gestion des tensions et des incidents.

En sa qualité de collectivité responsable des lycées, la Région doit prendre toute sa place dans ce dialogue, aux côtés de l’État et de la communauté éducative, en s’appuyant sur le réseau des maisons de Région.

Nous proposons ainsi, en premier lieu, la mise en place de groupes de travail dans chaque maison de Région, consacrés aux réponses rapides face aux investissements pour des travaux dans les lycées. Ces groupes permettraient d’associer les représentants des lycéennes et des lycéens, les personnels, les enseignants, les parents d’élèves, afin d’identifier les priorités et d’accélérer les décisions concrètes sur l’état des établissements et les moyens qui y sont consacrés.

En second lieu, nous proposons d’organiser un débat sur l’avenir de la jeunesse, en y associant les élu•es, les acteurs associatifs, les autorités académiques, les parents d’élèves des représentant-es des lycéennes et Lycéens. Ce débat permettrait d’aborder, dans un cadre constructif, les conditions d’enseignement, les questions de santé mentale et de bien-être des jeunes, ainsi que les perspectives d’avenir qui se dessinent pour elles et eux.

Il nous paraît essentiel que la parole des lycéen•nes et des acteurs de terrain puisse être entendue au plus près des territoires, afin que ce dialogue débouche sur des réponses concrètes, tant sur les compétences propres de la Région que sur les sujets relevant de l’État.

Dans l’attente de votre retour, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations respectueuses.

Eliane ROMANI et Lou NOIRCLERE pour le groupe “Les Écologistes”

Michaël WEBER pour le groupe “La gauche solidaire et écologiste”

Retour sur la Séance Plénière du 15 octobre 2026

Lors de cette séance plénière, Eliane Romani a évoqué la mobilisation lycéenne et la terrible sécheresse estivale. Tout d’abord elle a condamné certaines violences faites au personnel de la Région Grand Est auquel elle a réaffirmé notre plein soutien. Elle a ensuite rappelé la légitimité des revendications des jeunes qui manifestent, soulignant qu’ils et elles ont subi de multiples crises (Covid, guerre, réchauffement climatique) et font face à un ascenseur social en panne. Elle a reproché au président de la région son inaction, lui a demandé d’ouvrir des espaces de dialogue et a rappelé qu’il avait la responsabilité d’accélérer les travaux  d’adaptation et de rénovation dans les  lycées.

Ensuite, elle a dressé le bilan d’un été catastrophique marqué par des milliers de morts et des écosystèmes dévastés. Elle a déploré l’absence de plan de protection adéquat, a qualifié la politique régionale d’opération de communication trompeuse et a regretté que l’exécutif n’ait tiré aucune leçon pour anticiper les canicules. Enfin, elle a rappelé une série de mesures prioritaires que notre groupe a formulées au cœur de la crise caniculaire. Elle a conclu en invitant la majorité à s’emparer de ces propositions d’avenir.

La majorité de la journée était dédiée au plan appelé “Grand Est 2030 : agir pour s’adapter”, présenté comme une réponse ambitieuse au défi climatique mais qui n’est, en réalité, qu’une sorte de compilation de mesures déjà engagées. Cécile Germain-Ecuer est intervenue pour dénoncer des ajustements à la marge de la part de la majorité régionale qui ne sont pas à la hauteur des bouleversements climatiques. Elle a indiqué que ce que la Région fait déjà ne suffit plus. Elle a également rappelé nos propositions concrètes : refuges climatiques, lycées oasis, bonus d’adaptation pour les communes, fraîcheur dans les transports… Pour ne pas cautionner une telle mascarade, nous n’avons pas pris part au vote du texte.

Lors de son intervention sur ce dossier, Laurent Dreyfus a dénoncé la consommation d’eau du maïs irrigué en Alsace. Il a jugé aberrant d’ouvrir le dispositif d’aide à l’accès, à l’économie et au pilotage de l’eau à cette culture, réclamant plutôt de la sobriété.

Face au défi climatique, il a affirmé qu’un vrai changement de modèle était indispensable. Il a refusé les simples réductions de pesticides sans objectifs chiffrés et a défendu leur suppression totale. Il a préconisé le développement de l’agriculture biologique, l’enrichissement des sols en humus et des cultures moins gourmandes en eau. Enfin, il a regretté l’oubli des pionniers du bio dans les aides régionales et a appelé à former urgemment les agriculteur·trices vers cette transition. En toute logique, nous avons voté contre ce texte indigent.

Lors de son intervention sur la partie bioéconomie du plan « Grand Est 2030 », Christophe Dumont a remis en question l’autosatisfaction de la majorité régionale sur certaines orientations. Il a dénoncé la politique des agrocarburants en s’appuyant sur la Cour des comptes. Il a rappelé que leur production occupe déjà 4 % des surfaces agricoles de la région pour un bilan environnemental jugé globalement négatif et peu efficace contre les gaz à effet de serre.

Concernant la méthanisation, il a critiqué la captation des pulpes de betterave au détriment de l’élevage, a réclamé le retour à une vocation vivrière des politiques agricoles régionales et a appelé à soutenir les fermes plutôt que l’agro-industrie. Nous avons voté contre le texte.

Ludivine Pérard a évoqué le soutien aux personnels et élèves blessés lors des manifestations ainsi que le mal-être des professeurs et lycéens. Elle a dénoncé les conditions dégradées de plusieurs établissements du Grand Est. Au lycée Jean Talon à Châlons-en-Champagne, elle a signalé des infiltrations d’eau malgré des travaux et un internat vétuste. À Mulhouse, elle a relevé la présence d’amiante et des installations défectueuses. À Strasbourg, elle a décrit des plafonds menaçants, un gymnase insalubre et une installation électrique obsolète. À Nancy et au lycée Couffignal, elle a évoqué fissures, infiltrations, sanitaires dégradés et insécurité. Enfin, au lycée Bugatti, elle a rappelé quinze ans d’attente face aux moisissures et matériaux nocifs. Elle a exigé des actions rapides pour la sécurité et le bien-être des jeunes. Nous n’avons pas pris part au vote.

En matière de Tourisme, Ludivine Pérard a reconnu des avancées vers un tourisme plus respectueux de l’environnement, notamment l’éco-conditionnalité des aides, la labellisation, la sobriété en eau, le tourisme local et le cyclotourisme. Elle a estimé néanmoins que le texte restait insuffisant sur le Massif des Vosges. Malgré les projections climatiques annonçant une baisse nette de l’enneigement, elle a regretté que la Région continue de soutenir le modèle ski au lieu d’assumer pleinement la diversification “quatre saisons”. Nous n’avons pas pris part au vote.

Lors de son intervention, Christophe Dumont a alerté sur la dégradation des forêts du Grand Est, devenues émettrices nettes de CO2 en raison des sécheresses, des maladies et de la surexploitation. Il a souligné que cette dérive rend les objectifs climatiques régionaux inatteignables et a notamment dénoncé le financement public des coupes rases, accusé de subventionner la perte de biodiversité.

Il a déploré les positions idéologiques de certain·es élu·es niant les constats scientifiques sur les services écosytémiques des forêts, ainsi que le retard massif de la région en matière de zones de libre évolution et de protection forte. Il a rappelé la nécessité de soutenir les propriétaires qui font le choix d’une sylviculture douce et non ceux qui ont des pratiques délétères comme les coupes à blanc. Nous avons évidemment voté contre ce texte.

Cécile Germain-Ecuer a rappelé la doctrine européenne “éviter, réduire, compenser”. La compensation n’est pas prioritaire, contrairement au fait d’éviter et de réduire. Elle a regretté que la Région n’agisse jamais pour éviter l’artificialisation et a salué l’action des associations en la matière, souvent à coup de recours juridiques qui coûtent de l’énergie et de l’argent. La Région ne reste qu’au stade de la compensation, car elle refuse de changer de doctrine économique. Une politique à rebours des urgences écologiques. Nous nous sommes abstenu·es sur le texte.

Lors de son intervention, Lou Noirclere a rappelé le rejet par la majorité, en 2023, d’une motion proposant un fonds d’urgence après l’incendie de Bois-de-Champ dans les Vosges. Il a noté que le rapport présenté reconnaissait enfin les menaces pesant sur le massif vosgien en raison de la sécheresse et des risques d’incendie.

Tout en soutenant ce tout nouveau dispositif d’accompagnement des petites communes face aux risques climatiques, il a souligné son caractère encore limité, avec seulement soixante lauréats possibles pour 580 communes éligibles. Enfin, il a critiqué l’absence de crédits dédiés aux investissements concrets et a demandé que la Région garantisse le financement futur des plans issus de ce programme. Malgré ses limites, nous avons voté en faveur du dispositif.

Lors de son intervention, Christophe Dumont a salué la mise en place du plan d’urgence régional ciblant en priorité l’élevage et le maraîchage, tout en se félicitant de l’unanimité à reconnaître que le plan de l’État est très insuffisant. Il a toutefois dénoncé la persistance de certains biais, notamment l’exclusion des cotisant·es solidaires et des agriculteur·trices n’ayant pas demandé l’aide à l’installation.

Il a rappelé que le cœur du dispositif – une année blanche pour les emprunts agricoles, avec une prise en charge des intérêts par la Région – reposait sur la bonne volonté de l’État et des banques, un pré requis non consolidé au moment du débat. Il a donc interrogé le président sur les négociations en cours, déplorant que les établissements bancaires semblent encore hésiter à s’engager.

Par un amendement nous avons voulu aider un grand nombre de petites fermes que les plans d’urgence nationaux et régionaux risquent de laisser sur le côté. Malgré son rejet, nous avons voté en faveur du plan.

Lors de son intervention, Laurent Dreyfus a analysé le bilan du programme « Ambition éleveurs ». S’il a salué des avancées sur la gestion de l’eau et le bien-être animal, il a dénoncé la dérive vers l’agrandissement systématique des exploitations et des cheptels, responsable de la baisse de l’autonomie fourragère et de la hausse de l’utilisation des intrants.

Il a souligné que cette intensification augmentait les coûts d’installation et freinait les transmissions. De plus, il a regretté le manque de représentativité, parmi les fermes de démonstration, des modèles basés sur la vente directe, la transformation ou la diversification. Enfin, il a appelé la Région à faire un choix clair entre multiplier le nombre de fermes ou agrandir toujours plus celles existantes. Nous nous sommes abstenu·es sur ce texte bancal.

Jean François Secondé a souligné la contradiction de la majorité régionale en matière de mobilité. D’un côté, la Région met en place une éco-contribution poids lourds pour dissuader les camions de traverser le territoire et financer l’entretien des routes, mesure que les écologistes soutiennent. De l’autre, la majorité valide le projet nord de l’ autoroute A31 bis, un projet d’un milliard d’euros créant de la capacité autoroutière supplémentaire. Cela est incohérent, car chaque kilomètre d’autoroute attire du trafic supplémentaire. Nous appelons à renforcer l’éco-contribution, développer le ferroviaire de marchandises afin d’aligner les actes sur les discours climatiques et sanitaires. Nous nous sommes abstenu·es sur ce texte.

Le groupe écologiste a voté sans hésitation le rapport sur l’écocontribution poids lourds. Dès l’origine, il l’a soutenue au nom du principe du pollueur-payeur : celui qui use la route doit contribuer à sa réparation. C’est une question de justice. Le chèque transition réservé aux entreprises de 20 salariés maximum accompagnera les petites structures locales. Ce sont surtout les poids lourds étrangers (6 à 9 sur 10) qui paieront. Lou Noirclere a souhaité souligner que l’accompagnement passe aussi par l’augmentation des politiques de soutien au fret ferroviaire.

Lou Noirclere, co-président du groupe, a souligné que l’investissement dans le train du quotidien constitue l’une des réponses les plus concrètes de la Région Grand Est au dérèglement climatique. Chaque trajet en train plutôt qu’en voiture réduit les émissions de gaz à effet de serre. En dix ans, le nombre de trains a progressé de 30 % et la fréquentation a suivi. Les 16 nouvelles rames s’inscrivent dans cette dynamique et dans le Réseau Express Métropolitain lancé avec Jeanne Barseghian. Elles remplaceront un matériel en fin de vie entre Saverne, Strasbourg et Sélestat. Nous avons voté pour.

Sur la stratégie multilinguisme, Evelyne Gareaux a souligné le potentiel linguistique de la Région grâce à ses 800 km de frontières. Elle a regretté néanmoins dans cette stratégie, le mélange des langues sans distinction claire, l’absence d’objectifs chiffrés pour les filières immersives, le risque de prioriser l’économie au détriment de la revitalisation culturelle, et un budget modeste de 4,7 millions d’euros. Vote pour sur ce texte.

Géraldine Krin a déclaré que le rapport partait d’un constat juste : 40 % des agent·es de la Région utilisent déjà l’IA, ce qui rend nécessaire d’encadrer ces usages spontanés. Elle a affirmé que notre groupe soutenait une solution interne, sécurisée et européenne. Elle a ajouté que la transformation par l’IA devait parfois commencer « sans IA », et a insisté pour que cet axe soit prioritaire : l’IA ne doit pas devenir un réflexe dans toutes les politiques régionales. Elle a ensuite déploré trois angles morts : l’absence d’analyse financière coût/bénéfice, le silence sur l’impact environnemental et le manque d’accompagnement de la santé des agent·es. Des angles morts qui ont justifié notre vote contre. Pour les pallier, nous avons déposé trois amendements (rejetés) :

Gérard Schann souligne que le rapport de la Chambre régionale des comptes sur les friches en Grand Est est clair : avec 913 friches recensées (31 % du total national) et seulement 11 % reconverties, le rythme reste trop lent. Il rappelle que ces sites constituent un levier stratégique pour le zéro artificialisation nette. S’agissant d’une simple prise d’acte, il n’y avait pas de vote sur ces textes).

Nous avons déposé plusieurs questions orales au Président :

  • Lou Noirclere a interrogé Franck Leroy sur la mobilisation lycéenne : il a demandé quand  la Région cessera-t-elle de traiter la crise lycéenne comme un problème d’ordre public pour enfin y apporter des réponses budgétaires et structurelles à la hauteur des attentes des jeunes ? Gerard Schann a pris la parole pour rappeler l’état de désespérance inquiétant de la jeunesse et l’urgence de l’écoute et de l’accompagnement.
  • Géraldine Krin a posé une question sur le paquet législatif européen Omnibus X qui prévoit un lourd assouplissement des règles encadrant les pesticides, constituant un recul historique en matière de santé publique et de protection de l’environnement. Elle a demandé comment la Région Grand Est comptait faire entendre sa voix, auprès de l’État et des institutions européennes, contre tout affaiblissement du cadre européen, afin de préserver la cohérence avec ses objectifs en matière de santé environnementale ?
  • Christophe Dumont a relayé les inquiétudes des élus et des populations concernant les pollutions aux PFAS. Dans les Ardennes, la Meuse ou les Vosges, plusieurs communes ont déjà été privées d’eau potable pour cause de contamination aux PFAS. A Haraucourt, dans les Ardennes, les œufs d’un poulailler familial contiennent près de 24 fois le seuil européen de ces polluants éternels, un record national révélé par une récente enquête de Radio France. Il a demandé à ce que la Région s’engage à porter auprès de l’État et de l’ARS la demande d’un suivi épidémiologique des populations exposées aux PFAS.
  • Enfin, Cécile Germain-Ecuer a alerté sur le prix de la hausse des carburants. Elle a demandé quelles mesures exceptionnelles la Région Grand Est était-elle prête à prendre pour soutenir ses habitants et faciliter l’accès aux transports en commun en ces temps de crise ?

En réponse et à son habitude, la majorité n’a pas arrêté de se féliciter de ce qu’elle fait déjà. Des réponses qui ne sont pas à la hauteur.

Question orale – Adaptation des tarifs du réseau fluo face à la hausse des prix du pétrole.

Séance Plénière du 15 octobre 2026

Question orale sur l’adaptation des tarifs du réseau fluo face à la hausse des prix du pétrole.

Depuis plusieurs semaines, la hausse du prix des carburants à la pompe pèse sur les revenus des ménages, en particulier de ceux dont l’activité économique ou sociale dépend de la voiture. Cette situation intensifie l’angoisse, l’isolement et le sentiment d’abandon de celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer différemment.

Certains pays et certaines collectivités ont mis en place des mesures pour permettre aux usagers de se tourner plus facilement vers les transports en commun, quand ils leur sont accessibles, notamment en diminuant les tarifs, en proposant des abonnements en illimité et/ou en accordant la gratuité aux usagers les plus jeunes. Ces solutions sont apportées en cohérence avec une politique des mobilités de long-terme (réouverture de lignes, accessibilité des PMR, déploiement du réseau de bus…).

Monsieur le Président, quelles mesures exceptionnelles la Région Grand Est est-elle prête à prendre pour soutenir ses habitants et faciliter l’accès aux transports en commun en ces temps de crise ? 

Déposée par Madame Cécile Germain-Ecuer, pour le groupe Les Écologistes 

Question orale – Omnibus X

Séance Plénière du 15 octobre 2026

Question orale sur Omnibus X 

Monsieur le Président,

Le paquet législatif “Omnibus X – Sécurité alimentaire et alimentation animale” a été présenté par la Commission européenne le 16 décembre 2025. Ce projet de réglementation européenne prévoit un lourd assouplissement des règles encadrant les pesticides, constituant un recul historique en matière de santé publique et de protection de l’environnement.  

ONG, scientifiques et organisations citoyennes se mobilisent depuis pour dénoncer les importants reculs : suppression de la procédure de réexamen périodique des substances actives de pesticides et de biocides (autorisations illimitées), élargissement des possibilités de dérogation, extension des délais de grâce…

Un tel assouplissement des procédures d’autorisation des produits phytosanitaires renforcerait directement l’exposition des écosystèmes et des populations. Or, les risques ne sont plus à démontrer : maladies neurologiques, perturbations endocriniennes, cancers… Certaines maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, ainsi que certains cancers (cancers du sang et de la prostate) sont aujourd’hui considérés comme des maladies professionnelles des agriculteurs. L’exposition aux pesticides pendant la grossesse présente également des risques importants pour le développement du fœtus et la santé de l’enfant. En ce mois d’octobre rose, rappelons que, des travaux scientifiques font aujourd’hui le lien entre le développement des cancers du sein et l’exposition aux perturbateurs endocriniens, présents notamment dans les pesticides. Au travers du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides, créé par l’article 70 de la loi de financement de la sécurité sociale, les risques sanitaires d’exposition aux pesticides sont reconnus par la loi. 

Aux côtés de la mobilisation du monde agricole et associatif, les acteurs de l’assurance (ex : Apivia Macif Mutuelle) sensibilisent et alertent publiquement sur les conséquences sanitaires des produits phytosanitaires. 

Au travers de ses engagements au sein du PRSE 4 ou du plan d’actions “Une seule santé en Grand Est” votée en juin dernier, la Région Grand Est fait de la santé environnementale une priorité. Ce dernier prévoit notamment des actions de prévention concernant l’exposition aux perturbateurs endocriniens. 

Dès lors, Monsieur le Président, comment la Région Grand Est compte-t-elle faire entendre sa voix, auprès de l’État et des institutions européennes, contre tout affaiblissement du cadre européen, afin de préserver la cohérence avec ses objectifs en matière de santé environnementale ? 

Déposée par Madame Géraldine Krin pour le groupe Les Écologistes 

Question orale – Suivi épidémiologique des personnes exposées aux PFAS

Séance Plénière du 15 octobre 2026

Question orale pour une demande d’un suivi épidémiologique des populations exposées aux PFAS dans le Grand Est 

Monsieur le Président,

L’exposition de la population du Grand Est aux PFAS est devenue, au fil des révélations, un enjeu de santé publique majeur pour notre région. 

Dans les Ardennes, la Meuse ou les Vosges, plusieurs communes ont déjà été privées d’eau potable pour cause de contamination aux PFAS. A Haraucourt, dans les Ardennes, les œufs d’un poulailler familial contiennent près de 24 fois le seuil européen de ces polluants éternels, un record national révélé par une récente enquête de Radio France. 

Les conséquences d’une exposition prolongée aux PFAS sont importantes : diminution de la réponse immunitaire à la vaccination, augmentation du cholestérol, baisse du poids de naissance, augmentation du risque du cancer du rein… S’ajoute à cela le risque d’un effet cocktail : les populations ne sont pas exposées à un seul PFAS, mais à un mélange de substances, parfois combinées à d’autres polluants, dont les effets conjugués restent à ce jour trop peu documentés. 

Or, les populations concernées vivent avec ces expositions depuis des années, sans qu’aucun suivi épidémiologique à leur échelle ne leur ait été proposé. Face à cela, les habitants et les élus locaux (comme la maire de Malandry) se mobilisent. 

Seul un suivi épidémiologique des populations exposées, croisé avec les données de contamination environnementale, permettrait de mesurer objectivement l’impact sanitaire de cette pollution sur notre territoire. La Région, partie prenante du PRSE 4 consacré à la santé environnementale, a toute légitimité à soutenir cette démarche auprès de l’Etat. 

Dès lors, Monsieur le Président, la Région Grand Est s’engage-t-elle à porter auprès de l’État et de l’ARS la demande d’un suivi épidémiologique des populations exposées aux PFAS, et à y contribuer dans le cadre du PRSE 4 ? 

Déposée par Monsieur Christophe Dumont, pour le groupe Les Écologistes 

Amendement – IA / Evaluation impact environnemental

Séance plénière du 15 octobre 2026

Amendement

Délibération  N°26SP-1569

Considérant le contexte de crise climatique, d’effondrement de la biodiversité, de dépassement des limites planétaires, 

Considérant l’impact environnemental de l’IA en matière de ressources foncières, de consommation énergétique, de besoins en eau, d’extraction de métaux et de ressources, de déchets électroniques, 

Considérant que la loi REEN du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France et le règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) poussent à davantage de transparence sur la consommation énergétique et l’impact environnemental de l’IA, 

Considérant les engagements régionaux en matière de transition écologique et de sobriété (Grand Est Région Verte, Feuille de route régionale d’adaptation au changement climatique, objectifs du SRADDET), 

Amendement

Dans la nouvelle Ambition Intelligence Artificielle Grand Est telle que présentée en annexe, dans la partie 3. UNE RÉGION VISIONNAIRE, dans la sous-partie 3.2. Consolider la vision et déterminer le bon, 

APRÈS la phrase : “D’ici le printemps 2027, la Région engagera un travail de concertation avec ses partenaires et le tissu socio-économique, pour préciser, domaine par domaine, secteur par secteur, l’impact de l’IA et les attentes.” 

AJOUTER la phrase : “Une attention particulière sera portée à l’impact environnemental de l’IA : la Région étudiera, au travers d’une évaluation précise, les conséquences environnementales du développement de l’IA sur son territoire et ajustera au besoin sa stratégie d’intervention.”

Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere, Madame Géraldine Krin, Madame Laure Haag et Madame Cécile Germain-Ecuer pour le groupe Les Ecologistes 

Amendement – IA et GAFAM

Séance plénière du 15 octobre 2026

Amendement

Délibération  N°26SP-1569

Considérant que l’intelligence artificielle repose sur des infrastructures matérielles (centres de données, capacités de calcul, réseaux) dont la maîtrise conditionne la souveraineté numérique et l’autonomie stratégique des territoires,

Considérant la concentration de l’intelligence artificielle aux mains des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et la dépendance stratégique, technologique et économique qui en découle,

Considérant que les GAFAM sont soumis à des législations extraterritoriales, notamment le Cloud Act américain de 2018, qui sont en contradiction avec les principes de protection des données portés par le RGPD européen, 

Considérant que l’Union européenne et la France ont engagé une politique de souveraineté numérique (Digital Markets Act, Data Act, loi SREN) et qu’il appartient aux collectivités de la prolonger à leur échelle, en privilégiant des solutions françaises et européennes offrant des garanties de protection et de maîtrise des données,

Considérant les impacts considérables des infrastructures d’intelligence artificielle en matière de consommation énergétique, de ressources foncières ou de pression sur la ressource en eau,

Amendement

Dans la nouvelle Ambition Intelligence Artificielle Grand Est telle que présentée en annexe, dans la partie 3. UNE RÉGION VISIONNAIRE, dans la sous-partie 3.4 Inscrire l’ambition du Grand Est dans une dynamique européenne, 

APRÈS la phrase : “Le renouvellement de la labellisation du EDIH apporte également une première réponse à cet enjeu.” ; 

AJOUTER la phrase : “Dans un souci de souveraineté numérique, la Région privilégiera les infrastructures françaises ou européennes et s’opposera aux implantations des GAFAM sur son territoire.”

Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere, Madame Géraldine Krin, Madame Laure Haag et Madame Cécile Germain-Ecuer pour le groupe Les Ecologistes 

Amendement – IA et Santé mentale

Séance plénière du 15 octobre 2026

Amendement

Délibération  N°26SP-1569

Considérant que le déploiement de l’intelligence artificielle au sein des services de la Région transforme en profondeur les métiers, les outils et les organisations de travail des agents, 

Considérant que l’introduction de l’IA dans l’activité professionnelle peut engendrer des risques psychosociaux : intensification du travail et accélération des cadences, perte d’autonomie et de sens, déqualification ou dévalorisation de certaines tâches, 

Considérant que ces effets sont encore peu documentés et qu’ils appellent à une démarche d’étude et d’évaluation associant les agents, les représentants du personnel et les services de prévention et de médecine professionnelle, 

Amendement

Dans la nouvelle Ambition Intelligence Artificielle Grand Est telle que présentée en annexe, dans la partie 1. UNE RÉGION EXEMPLAIRE, dans la sous-partie 1.8. Former les agents et accompagner les managers, 

APRÈS la phrase : “Être compétent en intelligence artificielle ne signifie donc pas seulement savoir formuler une demande. C’est aussi savoir contrôler une réponse et savoir quand ne pas utiliser l’IA.” 

AJOUTER la phrase : “Au-delà de la montée en compétences, la Région s’attachera à accompagner les agents dans cette transformation de leur environnement de travail et à étudier et évaluer les conséquences du développement de l’IA en matière de santé mentale.”

Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere, Madame Géraldine Krin, Madame Laure Haag et Madame Cécile Germain-Ecuer pour le groupe Les Ecologistes 

Amendement – Soutien aux petites fermes

Séance plénière du 15 octobre 2026

Amendement

Délibération  N°26SP-1658 

Considérant le Plan d’urgence agricole – CASI (Canicule-Sécheresse-Incendies) communiqué par le gouvernement ;

Considérant que les réunions menées par les Préfets au niveau départemental ont fait l’objet de l’annonce que des seuils minimaux de chiffre d’affaire seront exigés des fermes afin qu’elles puissent bénéficier d’aides de l’État (chiffre variable selon les départements) ; 

Considérant qu’une telle approche va laisser sans aide un grand nombre de fermes en difficulté et menacer la survie d’exploitations de petites tailles souvent engagées dans des approches de qualité et de proximité ;

Amendement

Dans le rapport “Mesures d’urgence agricoles et viticoles”, dans la délibération :

AJOUTER la phrase suivante :

« – d’approuver une démarche d’identification des entreprises agricoles ne bénéficiant pas du plan d’aide de l’État en raison de leur trop faible chiffre d’affaires afin de les accompagner par des aides spécifiques. Une priorisation à mener dans la limite de l’enveloppe prévue par la région ; »

APRÈS la phrase suivante :

« – d’approuver la mise en place du dispositif conseil stratégique et financier ; »

Déposé par Monsieur Laurent Dreyfus, Monsieur Christophe Dumont, Madame Eliane Romani et Monsieur Lou Noirclere pour le groupe Les Écologistes 

Question orale sur la mobilisation lycéenne

Séance Plénière du 15 octobre 2026

Monsieur le Président,

Depuis plusieurs jours, des milliers de lycéens du Grand Est expriment en manifestant des préoccupations concrètes et récurrentes : classes surchargées, enseignants non remplacés, locaux vétustes et inadaptés, difficultés liées à Parcoursup, transports et conditions d’étude dégradées.

Vous avez choisi de répondre à cette colère par une lecture quasiment exclusivement sécuritaire. Plaintes systématiques, saisine du garde des Sceaux, exigence de réponse pénale « rapide et ferme », mise en cause des parents, dénonciation d’une « instrumentalisation » politique… Autant de formules qui peuvent se justifier face aux dégradations et aux violences mais qui ne sauraient être une réponse aux revendications. 

En réduisant le mouvement à la violence, vous passez en effet à côté de l’essentiel : la demande de dialogue et de réponses concrètes que vous-même reconnaissez avoir entendue lors de vos échanges à Forbach et Schoeneck. Or, à ce jour, aucune mesure d’ampleur n’a été annoncée sur les conditions d’apprentissage, les moyens alloués aux établissements ou la rénovation des lycées.

Ma question est donc simple :  

Au-delà de la répression et de la fermeté, quand la Région Grand Est cessera-t-elle de traiter la crise lycéenne comme un problème d’ordre public pour enfin y apporter des réponses budgétaires et structurelles à la hauteur des attentes des jeunes ?

Déposée par Monsieur Lou Noirclere pour le groupe Les Écologistes