Le projet de réorganisation de l’AFPA, qui prévoit jusqu’à 867 suppressions de postes et la fermeture potentielle de 30 centres en France, constitue un nouveau signal d’alarme pour la formation professionnelle.
Dans le Grand Est, des sites comme Verdun et Saint-Dizier sont directement menacés. Les conséquences seraient directes pour notre territoire : éloignement de l’offre de formation, fragilisation des parcours de reconversion et perte de compétences indispensables à nos bassins d’emploi.
Cette annonce s’inscrit dans un démantèlement plus large de la formation professionnelle, alors même que les besoins n’ont jamais été aussi importants : transition écologique, réindustrialisation, rénovation énergétique des bâtiments…
À l’heure où se préparent les arbitrages budgétaires de l’État, tous les signaux sont au rouge pour les financements de la formation professionnelle. Les orientations budgétaires du Gouvernement prévoient en effet une nouvelle coupe de 1.9 milliards d’euros sur la mission Travail-Emploi pour le budget 2027.
Au sein de la Région Grand Est, nous ne pouvons accepter le double-jeu de la majorité régionale qui se permet de déplorer les coupes budgétaires en matière de formation professionnelle tout en soutenant le cadre budgétaire qui les rend possibles. Lors des différents débats budgétaires, la Région a assumé vouloir prendre toute sa part dans la réduction du déficit public national. Un assentiment qui laisse aujourd’hui le champ libre au Gouvernement de démanteler la formation professionnelle.
Parce qu’elle devrait être une priorité pour l’emploi, la transition écologique et l’avenir de nos territoires, la formation professionnelle ne peut être considérée comme une simple variable d’ajustement budgétaire.
Collaborateur·rice des élu·es écologistes de la Région Grand Est, Assistant·e de direction
Le groupe “Les Écologistes à la Région Grand Est” recherche un·e collaborateur·rice en temps partiel. Le poste s’inscrit dans la structuration de l’organisation administrative du groupe avec une forte orientation gestion de données et de contacts.
Missions principales :
Gestion de données et de contacts :
création, structuration et suivi d’une base de contacts (élu·es locaux·ales ; réseaux militants, citoyens et syndicaux ; partenaires associatifs et institutionnels ; acteur·rices socio-économiques)
mise en place et administration d’un outil de gestion de la relation (CRM)
fiabilisation des données (mise à jour régulière, dédoublonnage, qualification et catégorisation des contacts)
enrichissement de la base de données (annuaires institutionnels, retours de terrain, événements…)
application de règles de qualité des données (respect du RGPD, priorisation de solutions technologiques européennes sécurisées)
Secrétariat et appui administratif :
appui administratif au sein de l’équipe de collaborateur·rices : classement et archivage, tri et traitement des courriers du groupe, suivi des réunions de groupe…
Profil recherché :
Formation : formation en assistanat de direction et gestion administrative
Expérience en gestion de bases de données/contacts indispensable (utilisation de CRM).
Centres d’intérêt :
connaissance du contexte politique régional et du fonctionnement des collectivités territoriales
attrait pour la vie politique et partage des valeurs de l’écologie politique
Qualités :
maîtrise d’un ou plusieurs logiciels CRM
maîtrise des outils bureautiques (suite Office/Google Workspace)
capacité d’autonomie, force d’initiative et rigueur au travail
aptitudes relationnelles et capacité à travailler en équipe, tant avec les élu·es qu’avec les autres collaborateur·ices de l’équipe
Conditions :
Contrat : CDD d’un an, avec période d’essai d’un mois.
Lieu de travail : Strasbourg, siège du Conseil régional (1 place Adrien Zeller, 67000 Strasbourg) ou télétravail au sein de la région.
Quotité horaire : temps partiel (en fonction du profil).
Rémunération et avantages : à définir selon profil et expérience. Mutuelle prise en charge.
Prise de poste : dès que possible à partir de mi-octobre 2026
Candidature (CV + lettre de motivation) à envoyer à l’adressegroupe.ecologie@grandest.fravant le26 septembre 2026.
Nous apportons notre soutien indéfectible aux salarié·es et bénévoles de Meuse nature Environnement, victimes d’une campagne d’intimidation inacceptable de la Coordination Rurale qui appelle à un rassemblement ce jeudi 3 septembre devant leurs locaux à Mognéville. Nous avons interpellé la Préfète de la Meuse afin qu’elle garantisse leur sécurité.
Notre courrier :
Metz, le 2 septembre 2026
Madame la Préfète,
Les élu·es écologistes de la Région Grand Est tiennent à vous alerter solennellement sur la situation que rencontrent actuellement les travailleuses, travailleurs et bénévoles de l’association Meuse Nature Environnement (MNE).
Depuis plusieurs jours, les équipes de cette association font l’objet d’une campagne d’intimidation que nous jugeons inacceptable dans une démocratie. La Coordination Rurale de la Meuse a appelé à un rassemblement devant les locaux de MNE à Mognéville (55) ce jeudi 3 septembre 2026. Officiellement motivé par le procès de son président national – qui avait publiquement appelé à « faire la peau aux écologistes » –, ce rassemblement vise en réalité les salariées et salariés de l’association. Le coprésident meusien de la Coordination Rurale a même annoncé vouloir profiter de ce moment pour « les éduquer ».
La Coordination Rurale se trompe de cible et transforme des professionnelles et professionnels de l’environnement en boucs émissaires.
Nous refusons que les associations environnementales et leurs salarié·es deviennent les cibles privilégiées de campagnes d’intimidation. L’écologie n’est pas l’ennemie de l’agriculture.
Dans ce contexte, et tout en reconnaissant à chacune et chacun la liberté de s’exprimer et de manifester pour ses opinions, nous vous demandons solennellement :
– de garantir la sécurité et la sérénité des salariées et salariés de Meuse Nature Environnement
– de protéger la liberté d’expression et d’action des bénévoles et des équipes de l’association dans le cadre de leurs missions et de leurs activités.
Nous vous demandons donc d’agir avec fermeté et rapidité pour garantir la sécurité des personnes et le libre exercice des missions d’intérêt général portées par Meuse Nature Environnement.
Nous restons à votre disposition pour tout échange sur ce sujet. Veuillez agréer, Madame la Préfète, l’expression de notre haute considération.
Pour le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est :
Le tir du blaireau ne sera finalement pas autorisée en Meurthe-et-Moselle !
C’est une victoire collective des associations et citoyen·nes, engagé·es pour le vivant, à l’origine du recours.
Nous avions également saisi le Préfet de Meurthe-et-Moselle afin qu’il annule l’arrêté autorisant le tir du blaireau. Nous soutenions cette demande de recours gracieux, contestant une destruction d’espèce jugée disproportionnée et non justifiée par des preuves précises de dégâts ou l’étude préalable d’alternatives non létales.
Notre courrier au Préfet :
Nancy, le 13 août 2026
Objet : Soutien au recours gracieux – Arrêté préfectoral n° 2026/DDT/ABER/138 autorisant le tir du blaireau
Monsieur le Préfet Yves Seguy,
Notre attention a été attirée par plusieurs associations locales sur l’arrêté préfectoral n° 2026/DDT/ABER/138 autorisant le tir du blaireau en Meurthe-et-Moselle, ainsi que sur le recours gracieux qui vous a été adressé afin d’en demander le réexamen.
Après avoir pris connaissance des arguments présentés, nous souhaitons à notre tour vous faire part de nos préoccupations et soutenir cette demande de recours gracieux.
Cette décision intervient dans un contexte environnemental particulièrement difficile. Notre département connaît actuellement un important stress hydrique, avec de faibles débits et de nombreux cours d’eau à sec. Dans le même temps, les forêts du Grand Est connaissent une situation préoccupante de dépérissement liée notamment aux changements climatiques.
On ne peut pas gérer la nature comme si rien n’avait changé.
Dans ce contexte, nous nous interrogeons sur la nécessité d’ajouter une pression supplémentaire sur une espèce sauvage.
Les dégâts invoqués sont-ils précisément identifiés, localisés et quantifiés ? Sont-ils bien attribués au blaireau ? Quelles solutions non létales ont été étudiées et mises en place avant d’autoriser le tir ?
Un constat ponctuel de dégâts ne nous semble pas suffisant pour justifier une mesure générale de destruction d’une espèce sauvage.
Nous avons besoin de milieux naturels et de forêts plus résilients face au changement climatique, et non d’une simplification supplémentaire de nos écosystèmes.
L’approche « Une seule santé » (One Health) rappelle également que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont liées. Protéger la biodiversité, c’est aussi protéger notre territoire et notre avenir.
Lorsqu’un dommage est constaté, il doit bien sûr être traité. Mais avant d’autoriser la destruction d’une espèce sauvage, il nous semble nécessaire de démontrer la réalité des dégâts, leur importance, l’absence d’alternatives efficaces et la proportionnalité de la mesure.
Nous vous demandons donc de bien vouloir réexaminer l’arrêté préfectoral n° 2026/DDT/ABER/138 et de donner une suite favorable au recours gracieux qui vous a été adressé.
Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette demande.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre considération respectueuse.
Géraldine Krin, Conseillère Régionale, Adjointe au Maire de Nancy
Eliane Romani, Conseillère Régionale, Co-Présidente du groupe Les Écologistes Grand Est
Lou Noirclere, Conseiller Régional, Co-Président du groupe Les Écologistes Grand Est
Notre courrier au Préfet de la Moselle suite au sinistre du 2 août.
Metz, le 6 août 2026
Objet : Demande d’informations et de précisions relatives à l’incendie survenu le 2 août 2026 sur le site de la société Safe à Gandrange
Monsieur le Préfet,
Un entrepôt de la société Safe (filiale de Suez), classé Seveso seuil bas, situé dans la zone industrielle de Gandrange a été ravagé par les flammes le 2 août dernier. Cet événement a entraîné la mesure de confinement préventif d’environ 30 000 habitant-es des communes de Gandrange, Amnéville, Vitry-sur-Orne, Clouange et Rombas, ainsi que la mobilisation importante des sapeurs-pompiers et des services de l’État.
Nous tenons tout d’abord à saluer l’engagement des forces de secours, des élus locaux et de vos services, qui ont permis de maîtriser le sinistre et de lever le confinement dans la journée, les analyses initiales ayant écarté tout risque de grave toxicité immédiate des fumées.
Cependant, en tant qu’élu-es à l’écoute des habitant-es de notre territoire, nous souhaitons obtenir des éclaircissements sur plusieurs points qui suscitent des interrogations légitimes au sein de la population :
Concernant la sécurité du site, il semblerait qu’un rapport datant de septembre 2025 pointait des manquements, notamment sur la sécurité incendie et que le service de défense contre l’incendie était en maintenance au moment du sinistre. Quelles mesures vont être mises en place pour que cela ne se reproduise plus sur ce site ou un autre?
Concernant le dispositif d’alerte, de nombreuses personnes ont indiqué n’avoir pas reçu, ou avoir reçu de manière incomplète, les notifications FR-Alert relatives au confinement. Pourriez-vous indiquer les raisons pour lesquelles l’alerte par SMS FR-Alert n’a pas atteint de façon homogène l’ensemble des populations concernées, et préciser si des mesures techniques ou organisationnelles ont d’ores et déjà été mises en place (ou sont envisagées) afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise à l’avenir ?
Concernant les analyses, la Préfecture a demandé à l’exploitant de réaliser des études d’impact portant sur l’air, les sols et l’eau. Pourriez-vous confirmer si les résultats de ces analyses (ainsi que celles déjà effectués par les services de secours) seront rendus publics dans leur intégralité, et selon quel calendrier et sous quelle forme les habitant-es et les collectivités pourront y avoir accès ?
Concernant l’évaluation de l’impact de cet incendie, une étude environnementale approfondie (air, sols, nappes, cours d’eau, alimentation, biodiversité) prenant en compte les conséquences sur la santé publique immédiate et à long terme est-elle prévue ?
Dans l’attente de votre retour, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre haute considération.
Agir face aux canicules sans attendre la prochaine
Les canicules se multiplient et s’intensifient dans le Grand Est, comme ailleurs en France. Leurs impacts sont profonds et multiples. Elles fragilisent les personnes âgées, les enfants et les travailleurs exposés, d’autant plus quand ils et elles subissent la précarité et habitent des territoires fortement bétonnés.. Selon plusieurs études, les périodes de forte chaleur sont aussi corrélées à une hausse des violences faites aux femmes, conséquence du stress, de l’enfermement et du manque d’espaces de répit.
Les élu·es écologistes du Grand Est refusent l’inertie.
Au conseil régional, nous affirmons depuis longtemps l’urgence de sauvegarder l’ensemble du vivant – humains, animaux, végétaux – dans une approche globale et solidaire.
Pour limiter cette menace, nous appelons la Région Grand Est à prendre ses responsabilités pour se doter d’un plan ambitieux et concret, au plus près de ses compétences spécifiques.
Les actions prioritaires à mener :
Adapter nos services publics et notamment les trains TER et les lycées.
Protéger les populations vulnérables en créant des refuges climatiques partout sur le territoire.
Soutenir les communes qui s’engagent dans la transition écologique notamment dans la rénovation énergétique et la végétalisation.
Refuser tout financement nuisible au climat.
Favoriser des modèles agricoles et forestiers plus robustes.
La canicule n’est pas une fatalité météorologique, mais le symptôme d’un modèle à bout de souffle. Il est temps d’agir pour un territoire résilient, où chaque être vivant trouve sa place.
Le Syndicat Mixte d’Aménagement du Lac Blanc a annoncé la fin de l’exploitation des remontées mécaniques à partir de la saison 2026-2027. Une décision qui fera date.
Nous tenons à exprimer notre soutien face à ce choix difficile et lucide.
En politique, le faux courage consiste trop souvent à repousser les échéances inéluctables pour s’épargner des débats inconfortables. Les élu·es du syndicat mixte ont fait le choix inverse : celui de la responsabilité et de l’anticipation.
La première marche vers la résilience climatique est la prise de conscience de la fin d’un monde qui ne reviendra pas.
Regarder la réalité en face – celle d’un massif vosgien marqué par des hivers plus courts et un enneigement de plus en plus incertain – n’est pas un aveu de faiblesse. C’est, au contraire, le premier acte pour un avenir viable. En refusant de prolonger artificiellement, à grands frais d’argent public, un modèle condamné par les bouleversements climatiques subis par notre planète, ils et elles ont posé les bases d’une transition juste et lucide.
La fin du ski alpin au Lac Blanc ne signifie en aucun cas le déclin de nos montagnes. Le territoire vosgien possède de formidables atouts :
Un patrimoine naturel exceptionnel à préserver.
Des paysages propices à un tourisme des quatre saisons, respectueux du vivant.
Un terroir riche, une identité forte et une capacité d’innovation.
Une population volontaire qui entend vivre au pays de toutes ces richesses
Ces forces constitueront, à n’en pas douter, le socle d’un nouveau projet de territoire. Ce projet, construit dans le respect des limites environnementales, saura offrir une durabilité économique et un cadre de vie épanouissant pour l’ensemble des habitant·es du massif.
Les élu·es écologistes, qui défendent depuis longtemps cette vision d’une transition nécessaire et planifiée au sein de la région Grand Est comme à la Collectivité européenne d’Alsace, saluent la démarche.
Nous restons mobilisé.es pour accompagner, soutenir et faciliter la réussite de ce nouveau projet, afin qu’aucun·e salarié·e, aucun·e professionnel·le, aucune commune ne soit laissé·e sur le côté.
Le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est souhaite faire part de ses réserves profondes concernant le projet Cigéo. La gestion des déchets radioactifs constitue un défi majeur qui engage notre responsabilité collective sur le très long terme. Le projet Cigéo engage les générations futures et constitue l’une des décisions industrielles, environnementales et intergénérationnelles les plus lourdes jamais prises en France.
Des incertitudes techniques majeures :
Le projet Cigéo repose sur une démonstration de sûreté à très long terme. Or, plusieurs interrogations demeurent concernant des éléments essentiels. Le récent avis de l’ASNR minore ainsi les points d’attention des trois rapports d’expertises de l’ex-IRSN. Face aux enjeux, le socle de connaissances techniques ne peut être jugé “suffisant”.
Ces incertitudes techniques sont diverses : stabilité de la couche d’argile, performances des scellements et des alvéoles HA, comportement et vieillissement des matériaux, dangers pour la nappe phréatique, absence de démonstrations de sûreté (risques d’incendie, d’explosion ou d’infiltrations). Nous attirons l’attention sur les menaces pesant sur la ressource en eau, qui est déjà largement sous haute tension.
Nous considérons que ces incertitudes ne peuvent être traitées comme de simples ajustements techniques ultérieurs pour un projet présenté comme une solution définitive. Elles portent largement atteinte à la sécurité du site et de l’ensemble du territoire.
Une phase industrielle pilote qui doit rester une véritable phase d’évaluation :
L’articulation entre l’exécution de la phase industrielle pilote, l’analyse des données, la consultation du parlement et ensuite la poursuite ou non du stockage n’est pas clarifiée.
Nous estimons que la phase industrielle pilote doit permettre un contrôle indépendant et une analyse complète des résultats. Elle ne doit pas constituer un engagement irréversible vers une exploitation industrielle avant que les conditions de sûreté soient pleinement démontrées.
Le mythe de la réversibilité :
Il est prévu que le stockage soit réversible pendant au moins 100 ans, afin de laisser aux générations futures la possibilité de modifier certaines décisions ou de récupérer des colis de déchets avant la fermeture définitive du site. Mais à l’heure actuelle, cette notion de réversibilité n’est que théorique. Les conditions techniques, humaines et financières d’une récupération future doivent être clairement établies, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Au-delà de sa grande complexité, la réversibilité est limitée à la seule période de fonctionnement. Après la fermeture définitive du site, ces déchets nucléaires ne seront plus accessibles, même si les générations suivantes parviennent à trouver des options plus sûres et plus durables pour les gérer.
La prétendue réversibilité ne permet en aucun cas de garantir une récupération permanente des déchets. Au contraire, à Cigéo, il a été fait le choix d’une solution de stockage définitif.
Une consultation démocratique négligée :
La gestion des déchets nucléaires ne peut relever d’une décision uniquement technique. Les citoyen·nes doivent disposer d’une information complète, contradictoire et accessible sur les incertitudes existantes et sur les alternatives possibles. Or, depuis le début du projet, le débat démocratique a été largement négligé. Pourtant, les conséquences sur le long terme engagent le territoire et les générations futures sans leur consentement.
Aussi, les espaces de débat public portent davantage sur les modalités de réalisation que sur la question de fond : faut-il enfouir définitivement les déchets nucléaires ou explorer d’autres solutions ?
En tant qu’élu·es du Grand Est, nous sommes particulièrement préoccupé·es par les conséquences directes du développement du projet Cigéo sur le territoire meusien et sur l’ensemble de la région (besoins en énergie, en matériaux de construction ou en main d’œuvre). La Meuse étant déjà particulièrement touchée par la baisse démographique, comment imaginer que l’implantation d’un site d’enfouissement des déchets nucléaires pourrait redonner de l’attractivité au territoire ?
Des inquiétudes liées à la sécurité au travail :
Une attention toute particulière doit être portée à la sécurité des agents qui travaillent au projet Cigéo. En effet, un chantier de cette ampleur peut exposer les travailleurs chargés de sa construction et de son exploitation à de graves dangers. Rappelons que le site de Bure a déjà connu la mort tragique d’un technicien lors d’un éboulement dans une galerie souterraine en 2016.
Un enjeu financier majeur :
Cigéo représente un engagement financier exceptionnel sur plusieurs générations. Les garanties de financement à long terme doivent être pleinement établies. Or, aujourd’hui, les coûts ne sont pas maîtrisés et sont imprévisibles à long terme (en témoigne le rapport de l’Andra du 12 mai 2025 qui a réévalué à la hausse le coût du projet, estimé pour la période 2016 – 2170 entre 26,1 et 37,5 milliards d’euros).
Repenser la stratégie énergétique française :
La question des déchets radioactifs est indissociable du débat autour de la politique énergétique nationale. Le volume des déchets à enfouir à Bure n’étant aujourd’hui pas fixé, celui-ci dépendra des choix politiques en matière énergétique des prochaines années.
Nous soutenons une large réduction de la production future de déchets. Cela implique de développer une ambitieuse politique énergétique fondée sur la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
Aussi, nous soutenons le développement de la démarche ERC (Eviter – Réduire – Compenser) qui permet d’intégrer les enjeux écologiques dans l’ensemble des politiques publiques et notamment dans la politique énergétique nationale.
Conclusion :
Le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est considère que les garanties nécessaires ne sont pas aujourd’hui réunies pour engager un territoire et les générations futures dans une décision irréversible.
Nous demandons que les expertises indépendantes soient pleinement prises en compte, que les incertitudes techniques soient clairement exposées au public, que la réversibilité soit présentée avec transparence et qu’aucune décision définitive ne soit prise avant une démonstration complète de sûreté.
Les échecs et incidents de projets similaires d’enfouissement en profondeur tels que le WIPP aux États-Unis d’Amérique ou ASSE II en Allemagne doivent nous alerter et nous amener à chercher d’autres pistes (notamment les solutions de stockage subsurfacique).
Cigéo n’est pas une solution. C’est un projet particulièrement dangereux qui fait peser des risques irréversibles aux générations futures. Il n’est pas acceptable que la Région Grand Est devienne la poubelle nucléaire de la France.
C’est pourquoi nous donnons un avis défavorable au développement du projet CIGÉO.
Objet : Réexamen urgent de la suppression de la ligne routière TER Châlons-Verdun via Sainte-Ménehould
Monsieur le Président,
Nous tenons à vous alerter sur les impacts de la suppression, effective depuis le 1er juillet 2026, de la ligne routière TER reliant Châlons-en-Champagne à Verdun via Sainte-Ménehould.
Cette décision, prise malgré l’opposition ferme de l’association d’usagers Rail Avenir et de nombreux élus et habitants des territoires concernés, constitue un coup porté à la desserte des zones rurales et intermédiaires de l’Argonne et de la Meuse. La ligne offrait un service direct, cohérent et identifié , essentiel pour les déplacements quotidiens, les soins, les études et l’emploi entre les bassins de Châlons, Sainte-Ménehould et Verdun.
Le remplacement par deux lignes régulières Fluo distinctes (51R110 et 55R043) entraîne une perte de lisibilité, des correspondances incertaines et aucune amélioration significative de l’offre, notamment en soirée ou le week-end. Cela renforce le sentiment d’abandon des territoires ruraux.
Les transports collectifs sont un pilier de la cohésion territoriale. Leur affaiblissement accentue la dépendance à la voiture individuelle.
Nous vous demandons de bien vouloir :
Réexaminer cette décision et rétablir un service direct et fréquent ;
Engager une concertation approfondie avec les usagers et les élus locaux ;
Étudier la réouverture de la ligne ferroviaire historique (ligne 5)
Nous restons à votre disposition et vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.
Pour le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est :
Cette séance plénière de conseil régional s’est tenue en plein milieu de la deuxième canicule de 2026. D’un niveau équivalent à la canicule historique de 2003.
Lors de son propos liminaire, Eliane Romani, co-présidente du groupe, a dénoncé l’impact de la canicule, qu’elle a qualifiée de conséquence directe de choix politiques et économiques libéraux. Elle a rappelé que cette crise a frappé de plein fouet les populations les plus précaires et a déploré l’impréparation criminelle de l’État et le manque d’ambition de notre Région.
Ensuite, elle a fustigé le Rassemblement National, qui a nié l’urgence climatique tout en votant contre les mesures écologiques. Elle a également critiqué le gouvernement pour avoir détricoté les avancées environnementales, ainsi que la majorité régionale pour son inaction concrète. Enfin, face à ce constat, elle a réaffirmé la détermination des Écologistes, qui formulent, comme toujours, des propositions pour protéger la population et sauvegarder l’avenir.
Cette séance était particulièrement importante car nous avons eu à nous prononcer sur le Compte Financier Unique pour 2025, c’est-à-dire le bilan de l’ensemble des actions de la région en 2025.
Lou Noirclere, co-président du groupe, a regretté que pendant que les habitant·es du Grand Est suffoquent, que les épisodes extrêmes se multiplient, que la prévention et l’adaptation deviennent une nécessité immédiate, la majorité régionale continue de traiter l’investissement écologique comme une simple variable d’ajustement.
Il a rappelé que le coût de l’inaction environnementale sera bien plus élevé et a critiqué le manque d’investissements global. De plus, il a fustigé les coupes budgétaires qui ont frappé l’enseignement et la formation professionnelle, des choix validés au détriment de la jeunesse. Il a annoncé que notre groupe vote contre ce bilan comptable.
Les écologistes considèrent que la Région, comme toutes les collectivités, doit assumer un rôle de protection, de prévention et d’investissement.
Elle doit préparer la résilience de ses territoires face au changement climatique, renforcer les transports collectifs du quotidien, soutenir massivement la rénovation des bâtiments, l’adaptation aux épisodes climatiques extrêmes, la sobriété énergétique, et investir dans la jeunesse, dans les qualifications, dans les métiers de demain.
Budget supplémentaire et admissions en non-valeur et créances éteintes
Face à l’amendement démagogique du RN visant à promouvoir la climatisation comme seule réponse à la canicule, Ludivine Perard a défendu l’idée d’un véritable plan Canicule pour protéger les plus fragiles, tout en précisant que les climatiseurs ne sont pour le réchauffement climatique qu’un pansement sur une hémorragie.
Elle a rappelé combien cette solution aggrave la chaleur extérieure et ne remplace pas la végétalisation ni la rénovation thermique. Elle a annoncé que nous votons contre cet amendement.
Ghislain Wysocinski a ensuite analysé le budget supplémentaire et a listé d’importantes rentrées d’argent, notamment grâce au contrat Losange et à la SPL Mobilité. Il a regretté que la majorité n’ait pas utilisé ces millions pour stopper l’asphyxie de la formation professionnelle ou de la culture.
Ensuite, il a examiné les admissions en non-valeur, constatant que le numérique a représenté plus de la moitié des dossiers. Enfin, concernant les créances éteintes, il a souligné le poids colossal du dossier Sky Aircraft. Il a invité à la prudence et a demandé d’exiger de réelles garanties pour protéger l’argent public lors des prochains votes d’aides aux entreprises.
Fonds européens – Politique de cohésion et FEADER – Bilan 2024-2025 et état d’avancement des programmes
Ghislain Wysocinsky a centré son intervention sur les difficultés des Groupes d’Actions Locaux (GAL) pour obtenir des fonds européens. Il a relayé le courrier d’un président de GAL dénonçant des lenteurs administratives régionales supérieures à d’autres territoires.
Il a pointé du doigt les failles du logiciel Euro-PAC, rappelant qu’une autre région a quitté le groupement par insatisfaction. En tant qu’ancien chef de produit, il a recommandé d’améliorer les procédures et l’outil. Enfin, il a déploré que ce système privilégie la performance interadministrative au détriment des bénéficiaires, qu’il a jugé oubliés.
Organisation de la 49e Compétition des Métiers (2026-2028)
Si la 49ème Compétition des Métiers est un événement intéressant, Gérard Schann a pointé du doigt son coût (3 millions d’euros), un budget en hausse de 25% par rapport à la précédente édition, au moment où les coupes budgétaires sur l’apprentissage et la formation professionnelle sont drastiques (missions locales, indemnité de stage des élèves aides-soignants, aides à l’emploi…)
Quand l’argent public se fait rare, les priorités publiques transparaissent de manière plus importante. Gérard Schann a constaté que nous n’avions pas les mêmes priorités avec la majorité régionale. Les écologistes préfèrent investir massivement dans la formation professionnelle des jeunes, plutôt que de financer des compétitions individuelles.
Parcs Naturels Régionaux du Grand Est
Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler le rôle central des Parcs Naturels Régionaux dans la pérennisation de notre cadre de vie, d’autant plus dans le contexte de crise climatique et environnementale. Il dénonce les baisses de budgets et a appelé à une meilleure approche partenariale.
Christophe Dumont a ensuite défendu un amendement qui demande à poursuivre à court-terme l’objectif de 10% de zones de protection forte conformément à l’objectif national de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) sur l’ensemble des PNR régionaux. Ainsi, les parcs naturels régionaux, “catalyseurs des transitions”, auraient enfin un objectif à la hauteur du reste du territoire français. Un amendement largement rejeté lors de son vote. Un refus qui a motivé notre abstention sur le rapport lui-même.
Accueil de Cécile Kohler et Jacques Paris
Durant une interruption de séance très émouvante, nous avons accueilli les anciens otages pour une intervention dans l’hémicycle. Notre groupe, comme l’ensemble de l’assemblée régionale, s’est mobilisé durant les 1277 jours de leur détention et entendre leur parole était un moment fort.
Leur détention arbitraire et contraire au droit international nous montre combien la défense de la démocratie et de la liberté d’expression est un combat nécessaire. La tentation autoritaire n’est pas une voie envisageable, en France comme en Europe, et il va de la responsabilité morale de la gauche écologiste de mener ce combat.
Feuille de route régionale Handicap 2026-2028
Lors de son allocution, Caroline Reys a salué les efforts d’inclusion de la Région via la commande publique, tout en suggérant de conditionner les subventions aux entreprises à des critères inclusifs. Elle a jugé insuffisante l’accessibilité actuelle des gares ainsi que la fréquence du comité de pilotage de la feuille de route.
Elle a aussi regretté le manque de prise en compte des handicaps invisibles, notamment psychiques chez les lycéen·nes, et a proposé d’adapter l’environnement scolaire. Sur le plan culturel, elle a plaidé pour un soutien accru aux ESAT artistiques. Enfin, elle a contesté le fait de lier le handicap au seul vieillissement, reprochant l’oubli des facteurs environnementaux. Elle a ainsi demandé d’intégrer la prévention pour bâtir une véritable culture de l’inclusion.
Plan pluriannuel d’actions en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes (2026-2028)
Lors de son allocution, Ludivine Pérard a rappelé le lien entre les vagues de chaleur et l’augmentation des violences faites aux femmes. Elle a cité des chiffres démontrant que les féminicides et les violences conjugales augmentent significativement durant les canicules.
Elle a regretté le manque de dispositifs de vigilance spécifiques lors des alertes climatiques. Tout en saluant les orientations du plan contre les violences sexistes et pour la mixité, elle les a jugées insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Enfin, elle a pointé les inégalités persistantes de carrière au sein même de la collectivité et a exhorté la Région à soutenir plus fortement les femmes, affirmant que l’égalité ne pouvait plus attendre.
Plan d’actions régional « Une seule santé en Grand Est«
Géraldine Krin a salué l’adoption du Plan d’actions « Une seule santé en Grand Est » et partagé son diagnostic ainsi que ses objectifs ambitieux, notamment la reconnaissance des déterminants environnementaux de la santé.
Cependant, elle a dénoncé le décalage important entre les ambitions affichées et les politiques réellement menées. Pour rendre le plan crédible, notre groupe a déposé trois amendements sur l’agriculture, l’urbanisme et les perturbateurs endocriniens. Nous demandons également la mise en place d’un comité de pilotage transversal et un accompagnement renforcé des collectivités.
Malgré le rejet de nos amendements, notre groupe a voté pour les objectifs du plan, mais exige une mise en œuvre effective et une cohérence entre paroles et actes.
Stratégie régionale aéroportuaire 2026-2030
Le groupe écologiste refuse une stratégie fondée sur la croissance du trafic aérien, incompatible avec l’urgence climatique.
Eliane Romani a évoqué notamment l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, dont la Région est principal propriétaire et financeur. L’objectif de 300 000 passagers en 2030 est irréaliste. Les Écologistes s’opposent à l’injection continue de millions d’argent public dans une structure déficitaire.
Depuis le début du mandat, en 2021, le groupe écologiste est fer de lance sur des propositions visant à la priorisation du report modal vers le train (gare de Vandières), la reconversion des aéroports non rentables en lien avec les salariés et le réinvestissement des aides publiques vers les mobilités douces.
Scandale dans l’hémicycle
Sous la pression du RN, la majorité régionale a intégré un de leurs amendements protégeant cet équipement obsolète. Une entorse inacceptable au cordon sanitaire républicain instauré dans notre institution.
Initialement, la majorité régionale avait proposé de modifier un amendement du RN en vue de son adoption. Une attitude dénoncée par Lou Noirclere. Suite à une houleuse suspension de séance, une proposition de texte revue a été soumise au vote afin d’éviter d’avoir à prendre position sur l’amendement RN. Un tour de passe-passe qui ne suffit pas à effacer le fond inacceptable de la séquence.
Lancement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt – Innovation – Train Léger
Les Écologistes, par la voix de Lou Noirclere, ont soutenu l’exploration de solutions innovantes, comme les trains légers Draisy, pour redynamiser les petites lignes ferroviaires fermées ou sous-utilisées du Grand Est.
Cependant, nous posons des conditions claires : l’attente de l’innovation ne doit pas servir d’alibi pour retarder les investissements nécessaires. Seules les motorisations pleinement décarbonées (électrique ou hydrogène) sont acceptables, excluant notamment le diesel. Le modèle économique doit préserver le service public ferroviaire avec présence humaine à bord, et non transférer les lignes à des opérateurs privés.
Notre groupe a voté pour le lancement de l’AMI, tout en restant vigilant sur sa mise en œuvre.
Organisation Convention de partenariat entre la Région et l’État sur la stratégie de l’évolution de la carte des formations professionnelles de l’enseignement agricole
Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler à quel point le projet porté ne fait qu’amplifier les orientations délétères des politiques agricoles régionales actuelles sur les sols, le climat et la biodiversité. L’obsession managériale et technologique traduite en projet pédagogique occulte l’essentiel : la nécessaire bifurcation écologique par l’agroécologie et l’agriculture biologique, seules perspectives viables pour les fermes et les assiettes de notre territoire.
Rapport d’Observations Définitives de la Chambre Régionale des Comptes Grand Est – École de la deuxième chance de Lorraine – Exercices 2019 et suivants
Gérard Schann a profité des échanges sur ce rapport pour alerter sur la situation très difficile de ce dispositif et le grand gâchis autour d’une structure importante pour l’accompagnement de la jeunesse. Il demande à la Région de reprendre avec ambition le rôle de pilote qu’elle est censée assurer mais dont elle s’est désengagé ces dernières années.
Questions orales
Christophe Dumont a salué le lancement du projet régional Life Adapt’Est, tout en pointant une contradiction majeure. Il a dénoncé la fragilisation des associations d’éducation à l’environnement, touchées par des coupes budgétaires et une mise en concurrence accrue. Il a rappelé que ces acteurs sont pourtant indispensables pour sensibiliser les citoyens à la transition écologique. Il a demandé au Président de justifier cette incohérence et de préciser les mesures envisagées pour y remédier.