En pleine COP30 au Brésil, la Région Grand Est a validé trois rapports environnementaux majeurs le 13 novembre 2025. Notre groupe regrette que la Région suive trop souvent l’État dans ses renoncements tout en tenant des discours d’autosatisfaction bien éloignés de la réalité des faits.
Au niveau national, le réseau Action Climat a compté 43 reculs pour le seul premier semestre 2025. Dans une étude récente, l’ONG pointait paradoxalement l’attente massive des Français·e·s pour des politiques plus écologiques. Nous mettons ici en lumière trois exemples qui illustrent les décisions regrettables de l’État et de la Région.
Agriculture : tout pour l’agro-industrie
La loi Duplomb-Menonville a marqué un premier pas en poussant à réautoriser l’acétamipride, un insecticide très toxique pour la santé et l’environnement. Elle a aussi favorisé les élevages industriels, nuisibles à nos agriculteurs et sources de souffrances animales inacceptables. En séance plénière du Conseil régional, Franck Menonville, co-rapporteur de la loi, est intervenu en matière de santé publique… Il fallait oser !

La majorité régionale aggrave la situation en soutenant sans discernement la bioéconomie. Pourtant, celle-ci produit souvent du carburant en exploitant des milliers d’hectares de terrains agricoles, au détriment de l’agriculture vivrière. La Cour des comptes elle-même a jugé que les agrocarburants avaient un « bilan environnemental globalement négatif », affectant la biodiversité, les sols, l’eau et l’air.
Quant au programme Ambition éleveur (bloqué à 1615 fermes) tant vanté par l’exécutif, il vise d’abord la performance économique. En acceptant l’agrandissement des exploitations, la Région pousse à une agriculture sans paysans, tout en déplorant le désert rural.
Énergies renouvelables : un coup de frein brutal
C’est un coup d’arrêt pour les énergies vertes : fin du tarif avantageux pour le petit éolien de toiture, baisse de 16 % du prix de rachat pour le petit solaire (depuis le 1er octobre), et moins d’exigences sur les ombrières de parkings. Cette politique menace de mort la filière. Les projets ne se feront plus, ou avec des panneaux chinois.
La Région amplifie ce recul en stoppant cette année le financement des études pour le solaire photovoltaïque en toiture.
Rénovation énergétique : un coup d’arrêt injustifiable
Mettre fin aux passoires thermiques devrait être la priorité : ça combat le dérèglement climatique, ça crée de l’emploi local, et ça réduit les factures des plus modestes. L’État, par ses revirements fragilise le réseau de conseillers énergie et met en péril des acteurs régionaux du secteur comme la SEM Oktave.

Alors que l’État recule en stoppant le dispositif Ma Prime Rénov’, la Région amplifie cette dynamique négative en suspendant ou limitant en septembre 2025 plusieurs aides pour la rénovation des bâtiments publics, associatifs et des copropriétés.
Alors que la transition écologique exige des investissements massifs, le budget 2026 s’annonce insuffisant. On avance à l’opposé des recommandations des experts.
Cette politique à courte vue reporte le coût croissant de l’inaction sur les citoyens et les plus précaires. C’est une triple faute : écologique, économique et sociale.
Ne pas investir maintenant, c’est exposer la Région et le pays à des crises bien plus coûteuses demain. Il est temps d’agir concrètement pour l’écologie !
