Communiqué de presse du 9 janvier 2026
Alors que le monde agricole s’enfonce dans une crise structurelle, que les paysan·nes ne vivent plus de leurs revenus et que les manifestations d’agriculteurs·trices se multiplient, la majorité régionale s’obstine dans un modèle productiviste à bout de souffle. Entre double discours et dogmatisme, l’exécutif tourne le dos au « bon sens paysan » rappelé par les parlementaires écologistes dans une récente lettre ouverte.
L’export avant la santé : le scandale sanitaire
L’actuelle politique qui vise à l’abattage total des troupeaux plutôt qu’à vacciner massivement contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) pour ne pas entraver les exportations est révélatrice : la majorité préfère protéger les fermes-usines plutôt que d’apporter une réponse sanitaire réelle aux paysans de notre région. Pourtant, un grand nombre de vétérinaires et d’éleveurs portent d’autres approches sanitaires, plus respectueuses des situations particulières et moins dévastatrices pour les terroirs.
Bioéconomie : la terre vue comme une ressource industrielle
L’obsession régionale pour la bioéconomie transforme nos terres en simples mines à exploiter pour l’industrie. Ce modèle épuise les sols et privatise l’eau, sacrifiant notre souveraineté alimentaire et la biodiversité sur l’autel d’une « transition » purement technocratique. Les chimères technologiques ne sauveront pourtant pas les agriculteurs·trices. Leur seule promesse est l’asservissement toujours plus prononcé des fermes à la financiarisation, aux brevets et aux multinationales.
Le mépris des petites et moyennes exploitations
En concentrant aides et soutiens sur l’agro-industrie, la Région délaisse les éleveurs·euses et maraîchers·ères de taille humaine ainsi que les paysan·nes bio. Ce sont pourtant ces fermes diversifiées, ancrées dans leurs territoires, qui garantissent un revenu digne et une alimentation de qualité. À l’heure des grandes crises internationales, c’est sur ces fermes que notre région devrait s’appuyer pour construire notre souveraineté alimentaire, en s’éloignant d’un modèle dépendant des pesticides et engrais de synthèse perfusés au gaz russe.
Mercosur : le double langage de la honte
L’hypocrisie de la majorité a atteint son comble lors de la dernière séance plénière de décembre 2025 : alors qu’ils dénoncent l’accord Mercosur face caméra, les élus régionaux ont refusé de voter la motion déposée par le groupe écologiste mettant en garde contre la manœuvre des clauses de sauvegarde. Ce refus de protéger l’excellence française contre le libre-échange est une trahison pour nos agriculteurs·rices.
L’alternative existe pourtant en Europe, au niveau national, mais aussi au niveau régional : redistribution de la PAC en fonction de l’emploi agricole et non de la surface, vers l’élevage vertueux, soutien à l’agriculture biologique et aux solutions agroécologiques, valorisation des projets écologiques dans les transmissions d’entreprises agricoles et les installations de jeunes, sortie des pesticides et gestion durable de l’eau. Les écologistes sont prêt·es à travailler à cette bifurcation nécessaire.
