Canons à neige du Lac Blanc : la Région Grand Est persiste et paiera !

Le verdict est tombé le 30 janvier dernier : malgré nos alertes et une polémique qui a largement dépassé les murs de l’hémicycle, la majorité régionale a acté le financement de nouveaux canons à neige pour la station du Lac Blanc. Une stratégie à contre-courant de l’histoire.

Tout a basculé après la commission « Montagne et Ruralités » du 19 janvier, suite à notre communiqué de presse. Nous y dénoncions les arguments « climato-sceptiques » de certain·es élu·es de la majorité, utilisés pour justifier le financement de canons à neige pour la station du Lac Blanc. La presse s’est alors emparée du sujet et ces propos ont suscité de vives réactions sur le terrain.

Citoyen·nes, acteurs·trices du tourisme durable et défenseurs·euses de l’environnement ont fait entendre leur voix, plaçant la Région sous le feu des projecteurs. Cette pression médiatique, ainsi que notre mobilisation ont contraint l’exécutif à sortir de son mutisme lors de la commission permanente du 30 janvier.

Face à l’ampleur de la polémique, le Président de la Région, Franck Leroy, a dû monter au créneau pour éteindre l’incendie. Il a tenu à réaffirmer, sans ambiguïté, l’absence de climato-scepticisme dans les rangs de sa majorité, désavouant ainsi à demi-mot les propos lunaires tenus quelques jours plus tôt sur le Gulf Stream ou l’enneigement opportuniste.

Toutefois, si la forme a été « corrigée » pour rassurer, le fond reste inchangé : l’argent public continuera de couler vers la neige artificielle.

À l’issue d’un débat où les oppositions d’approches se sont exprimées, le projet a finalement été adopté par une large majorité regroupant la droite, les centristes et l’extrême droite. Nous maintenons que cet entêtement est une erreur historique.

Eliane Romani a dénoncé une stratégie court-termiste : « Dire qu’on va investir pour skier jusqu’au dernier flocon, je trouve que c’est particulièrement anachronique C’est autant d’argent qui manquera aux solutions plus mesurées que nous soutenons. »

Gérard Schann a enfoncé le clou en pointant l’accélération inquiétante du dérèglement climatique dans les Vosges : « En utilisant des fonds pour soutenir des modèles voués à disparaître, on entretient une forme d’illusion. »

En validant cet investissement au Lac Blanc, la Région Grand Est fait donc le choix de l’attentisme face au climat plutôt que celui de l’adaptation. En ignorant les études d’enneigement qu’elle a elle-même financées (prédisant +3°C d’ici 2050), elle prend le risque de laisser les stations vosgiennes sans ressources lorsque les canons à neige deviendront définitivement silencieux, faute de froid 

Le débat est clos dans l’hémicycle, mais sur le terrain, la question de l’avenir économique et sociétal de nos montagnes reste plus brûlante que jamais.