Un projet d’usine de pyrolyse à Saint-Martin-sur-le-Pré vise à transformer des montagnes de déchets plastiques. Si nous soutenons le recyclage, nous demandons à la Région Grand Est de lancer une étude afin de s’assurer que le projet ne sacrifie pas la santé des habitant·es sur l’autel d’une industrie plastique encore expérimentale et risquée. Nous avons déposé une motion en ce sens lors de la plénière du 10 avril 2026.
Le projet d’usine de pyrolyse de plastiques porté par la SAS POLYPREP à Saint-Martin-sur-le-Pré (51), actuellement en phase d’autorisation, soulève de fortes inquiétudes quant aux risques sanitaires et aux impacts environnementaux.
L’installation vise à transformer des déchets plastiques en huile de pyrolyse destinée à produire de nouveaux emballages. Son procédé mécanique et chimique (chauffage à 500°C) est très énergivore et consommateur d’eau, avec un forage prévu pour puiser 300 m³ par jour dans la nappe phréatique.
Alors que le Plan Régional Santé Environnement 4 fait de la qualité de l’air extérieur une priorité, le projet, susceptible de la dégrader durablement, va à l’encontre de cet objectif et ignore les inquiétudes des habitants.
Les habitations, écoles, et terres agricoles qui se trouvent à proximité immédiate pourraient subir les rejets atmosphériques ou les retombées particulaires, en fonctionnement normal comme en cas d’incident. Le devenir des déchets ultimes et le bilan des gaz à effet de serre, que l’entreprise refuse de publier, posent également question.
En dehors du site de Total Energies à Grandpuits (77), tout juste ouvert, POLYPREP serait l’une des premières usines de pyrolyse de plastiques en France. À l’étranger (Italie, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, États-Unis), des usines similaires ont montré leurs limites, certaines ayant cessé leur activité ou fait l’objet de poursuites judiciaires.
Face à ces constats, il est urgent que la Région Grand Est agisse pour garantir une évaluation indépendante et exhaustive des polluants émis ainsi qu’une concertation publique transparente.
Le Conseil Régional du Grand Est, réuni en séance plénière,
- Décide d’intervenir auprès de la Préfecture pour exiger une étude environnementale approfondie et indépendante, incluant une analyse complète des polluants émis, notamment des perturbateurs endocriniens, et leurs impacts sur la santé publique, en particulier pour les populations vulnérables (enfants, personnes âgées).
- Demande au Préfet l’organisation d’une concertation publique élargie pour évaluer les risques réels du projet et étudier les alternatives durables.
Déposée par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere et Madame Ludivine Pérard pour le groupe Les Écologistes.
