Metz, le 18 septembre 2026
Monsieur le Président,
La catastrophe climatique subie cet été par l’ensemble de notre région et plus particulièrement par ses fermes a fait des dégâts considérables. Pas seulement environnementaux et humains mais également économiques. Sur le terrain, vous avez, comme nous, pu constater la situation particulièrement alarmante des secteurs de l’élevage et du maraîchage, sinistrés suite aux chutes de rendements et à l’impossibilité de nourrir les animaux correctement. L’hiver s’annonce épouvantable et, en l’état actuel, de nombreuses fermes n’y survivront pas.
Nous avons bien noté votre volonté d’attendre le plan d’urgence gouvernemental avant de proposer des mesures spécifiques, basées sur les compétences régionales. Les annonces du ministère ont été finalement faites et, comme vous, nous estimons que le compte n’y est pas. Au-delà des sommes très insuffisantes mobilisées, nous constatons que trop de fermes ne seront pas suffisamment soutenues, notamment les plus engagées dans la transition écologique, souvent de taille modeste et au modèle économique plus fragile.
Les premières mesures régionales annoncées comme l’année blanche sont intéressantes mais insuffisantes. Sans aide spécifique pour l’alimentation animale, les exploitations maraîchères de proximité ou les fermes engagées dans la durabilité environnementale, notre région s’achemine vers un désastre économique, social et environnemental sans précédent.
Nous devons préserver en priorité la capacité du territoire à nourrir ses habitants tout en protégeant son environnement, le tout sans dépendre de l’importation d’intrants climaticides. De même, il y a urgence à réaffirmer la priorité des productions nourricières face à la concurrence des surfaces de plus en plus importantes dédiées aux méthaniseurs et aux carburants. Les filières n’entrant pas dans cette orientation alimentaire devraient être considérées comme d’importance secondaire face au défi du jour, unanimement annoncé par les scientifiques comme la normalité de demain. Il y a urgence à recentrer notre modèle agricole sur sa robustesse et non plus sur la course sans fin à la compétition entre territoires, un combat perdu d’avance pour une compétitivité vide de sens.
Nous sommes à votre disposition pour évoquer ces divers points et les nécessaires solutions.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.
Pour le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est :
Eliane Romani, co-présidente
Lou Noirclere, co-président
Laurent Dreyfus, membre de la commission agriculture
Christophe Dumont, membre de la commission agriculture
