Carnaval de Bâle : en supprimant les trains spéciaux, la Région grand Est méprise son identité transfrontalière

Communiqué de presse du 10 février 2026

La Région Grand Est a décidé de supprimer les deux trains spéciaux (TER) reliant habituellement Strasbourg et Mulhouse pour le Morgestraich, le défilé ouvrant le plus célèbre carnaval de Suisse. Une fois de plus, l’exécutif régional entend faire des économies sur l’accès à la culture, au vivre ensemble et tourne le dos à sa dimension frontalière. Comme les associations d’usagers, nous dénonçons une mesure d’économie sacrifiant une tradition ancrée depuis 25 ans. 

Alors qu’un nouveau devis de la SNCF est attendu ce mardi, nous demandons à la Région de reconsidérer sa position. Des solutions, comme l’ajustement du tarif, sont préférables à une suppression totale qui pénaliserait les usagers et la dimension régionale du festival.

Eliane Romani : “ Il y a 10 jours nous débattions du bilan des dix années d’existence de la Région Grand Est. Notre groupe y pointait précisément l’absence de vision transfrontalière et l’approche purement comptable de la politique de transports. Voici une belle occasion de rectifier le tir. “

Lou Noirclere : “ Après l’annonce de la suppression de trains pendant les vacances scolaires, la région veut supprimer les trains spéciaux affrétés pour les grosses manifestations. Des centaines de personnes n’auront pas d’autres choix que de prendre leur voiture, un surcoût pour les porte-monnaies, un non-sens environnemental et un risque accidentogène. “


Rappels des enjeux :

  • Accessibilité : Le tarif forfaitaire garantissait l’accès à tous, loin du coût des parkings suisses.
  • Fréquentation : Jusqu’à 1 000 passagers utilisent habituellement ces navettes pour rejoindre Bâle à 4h du matin.
  • Cohérence : Une politique de mobilité devrait soutenir les événements populaires qui soudent notre territoire.

Abandonner le projet autoroutier de l’A31-bis est une nécessité

Notre courrier au Préfet de la Moselle suite à l’avis de l’Autorité Environnementale sur le projet d’A31-bis

Monsieur le Préfet, 

L’Autorité Environnementale a rendu son avis sur l’autoroute A31-bis.  Nous constatons que cet avis met en lumière l’absence de solutions développées sur les enjeux environnementaux, notamment concernant la préservation des sols. La consommation d’espaces naturels et forestiers, l’imperméabilisation et les conséquences du projet sur le développement éventuel de l’urbanisation ne sont ainsi pas traités par le projet d’A31-bis, ce que déplore l’Autorité environnementale.

À cela, s’ajoutent les analyses insuffisantes concernant la pollution de l’air, les émissions de gaz à effet de serre et le paysage, mais également le bénéfice socio-économique quasiment nul de ce nouveau tronçon routier avec péage pour ses usagers potentiels.

Enfin, l’Autorité environnementale pose le constat d’une faiblesse d’analyse sur les alternatives existantes à l’A31-bis, notamment en ce qui concerne les possibilités de développement du report modal.

Le manque de prise en compte des enjeux environnementaux majeurs ainsi que le faible bénéfice de ce projet pour ses usagers doit conduire l’Etat à renoncer à l’A31-bis, et notamment à son secteur nord et au contournement autoroutier de Thionville.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’accepter, Monsieur le Préfet, nos salutations les plus respectueuses.

Canons à neige du Lac Blanc : la Région Grand Est persiste et paiera !

Le verdict est tombé le 30 janvier dernier : malgré nos alertes et une polémique qui a largement dépassé les murs de l’hémicycle, la majorité régionale a acté le financement de nouveaux canons à neige pour la station du Lac Blanc. Une stratégie à contre-courant de l’histoire.

Tout a basculé après la commission « Montagne et Ruralités » du 19 janvier, suite à notre communiqué de presse. Nous y dénoncions les arguments « climato-sceptiques » de certain·es élu·es de la majorité, utilisés pour justifier le financement de canons à neige pour la station du Lac Blanc. La presse s’est alors emparée du sujet et ces propos ont suscité de vives réactions sur le terrain.

Citoyen·nes, acteurs·trices du tourisme durable et défenseurs·euses de l’environnement ont fait entendre leur voix, plaçant la Région sous le feu des projecteurs. Cette pression médiatique, ainsi que notre mobilisation ont contraint l’exécutif à sortir de son mutisme lors de la commission permanente du 30 janvier.

Face à l’ampleur de la polémique, le Président de la Région, Franck Leroy, a dû monter au créneau pour éteindre l’incendie. Il a tenu à réaffirmer, sans ambiguïté, l’absence de climato-scepticisme dans les rangs de sa majorité, désavouant ainsi à demi-mot les propos lunaires tenus quelques jours plus tôt sur le Gulf Stream ou l’enneigement opportuniste.

Toutefois, si la forme a été « corrigée » pour rassurer, le fond reste inchangé : l’argent public continuera de couler vers la neige artificielle.

À l’issue d’un débat où les oppositions d’approches se sont exprimées, le projet a finalement été adopté par une large majorité regroupant la droite, les centristes et l’extrême droite. Nous maintenons que cet entêtement est une erreur historique.

Eliane Romani a dénoncé une stratégie court-termiste : « Dire qu’on va investir pour skier jusqu’au dernier flocon, je trouve que c’est particulièrement anachronique C’est autant d’argent qui manquera aux solutions plus mesurées que nous soutenons. »

Gérard Schann a enfoncé le clou en pointant l’accélération inquiétante du dérèglement climatique dans les Vosges : « En utilisant des fonds pour soutenir des modèles voués à disparaître, on entretient une forme d’illusion. »

En validant cet investissement au Lac Blanc, la Région Grand Est fait donc le choix de l’attentisme face au climat plutôt que celui de l’adaptation. En ignorant les études d’enneigement qu’elle a elle-même financées (prédisant +3°C d’ici 2050), elle prend le risque de laisser les stations vosgiennes sans ressources lorsque les canons à neige deviendront définitivement silencieux, faute de froid 

Le débat est clos dans l’hémicycle, mais sur le terrain, la question de l’avenir économique et sociétal de nos montagnes reste plus brûlante que jamais.

Débat des 10 ans de la Région Grand Est : une séance pour rien ?

Le 30 janvier dernier, la Région Grand Est se réunissait en séance plénière exceptionnelle. À l’ordre du jour : le « nouvel acte de décentralisation » promis par le gouvernement. Une occasion en or, selon  le président Franck Leroy, pour dessiner les contours d’une institution plus agile, plus proche et plus efficace.

Pourtant, le constat de notre groupe est sans appel : cette séance fut d’une stérilité déconcertante. Là où nous attendions une vision d’avenir, la majorité régionale s’est murée dans une autosatisfaction interminable. Plutôt que de bâtir le Grand Est de demain, l’exécutif s’est contenté de réciter son bilan, sans porter de propositions concrètes, transformant un débat nécessaire en un exercice d’auto-congratulation déconnecté des réalités territoriales.

Face au vide institutionnel, notre groupe a porté un plaidoyer structuré. Voici le cœur de nos propositions pour une décentralisation qui serve réellement la transition écologique et la justice sociale.

Le « mille-feuille » administratif reste indigeste. Si la majorité prône la lisibilité, les promesses d’efficacité restent des vœux pieux. Nous constatons que les Maisons de Région sont encore trop sous-dotées et méconnues. Pour nous, la décentralisation ne doit pas être un simple affichage, mais un transfert de moyens réels pour assurer les services publics du quotidien.

Si nous reconnaissons les moyens financiers importants dédiés au réseau des trains régionaux (TER), la réalité est plus sombre pour le portefeuille des habitant.es : le coût des billets TER ne cesse d’augmenter et des guichets ferment. Nous demandons la mise en œuvre du Versement Mobilité pour faire contribuer les entreprises au financement des transports, évitant ainsi de faire reposer tout le fonctionnement sur les seuls usager.e.s.

Sans participation citoyenne, la décentralisation demeure vide de sens. Pour restaurer la confiance, nous suggérons pour les élections régionales un passage au scrutin réellement proportionnel, sans prime majoritaire, pour que chaque vote compte, et que le compromis puisse se faire dans l’élaboration des politiques publiques. Le renforcement du CESER est également incontournable, pour en faire le pivot d’une démocratie régionale vivante.

La Région possède la légitimité pour agir, mais elle se trompe de cible. Nous dénonçons le mépris actuel pour l’agriculture paysanne et les fermes bio. 

Plutôt que de s’obstiner dans des solutions technologiques réparatrices coûteuses, la Région doit investir dans la prévention et soutenir la trame verte et bleue, essentielle à l’adaptation climatique.

Dix ans après, les services publics se sont souvent éloignés des citoyen.e.s. La Région Grand Est semble encore trop déconnectée des particularités locales. 

Nous portons un plan ambitieux pour la formation professionnelle : chaque habitant doit pouvoir vivre, étudier et travailler sur son territoire sans être contraint à l’exode vers les grandes métropoles.

Situé au cœur de l’Europe, le Grand Est tarde à transformer l’essai. Le dialogue avec l’Allemagne, la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg doit quitter le champ purement technique pour devenir stratégique. Il est urgent de peser sur l’État pour obtenir des compétences permettant de dialoguer d’égal à égal avec nos voisins, notamment sur la question cruciale de la mobilité des travailleurs frontaliers. Aussi, contre les déséquilibres durables avec le Luxembourg en particulier, nous soutenons la mise en place d’une compensation financière transfrontalière. 

En restant figée sur son bilan, la majorité régionale a manqué une occasion historique de peser sur le débat national. Nous regrettons que l’autosatisfaction l’ait emporté sur l’audace.

Quoi qu’il en soit, notre groupe restera force de proposition. La décentralisation ne peut pas être un simple exercice de communication : elle doit être le moteur de la résilience de notre territoire face aux crises à venir.

Suppression des CESER : une nouvelle tentative pour museler la parole citoyenne

Communiqué de presse du 23 janvier 2026

Mardi 21 janvier, la Commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi de « simplification de la vie économique » a introduit le caractère “optionnel” des Conseils économique, social et environnemental régionaux (CESER). Il s’agit d’un coup historique porté à l’encontre des CESER dont la sauvegarde serait ainsi soumise au bon vouloir des président·es de Régions. 

Eliane Romani : Je suis très inquiète de cette décision de la CMP qui remet en cause l’existence même des CESER. Les avis de la société civile organisée éclairent largement nos décisions à la Région Grand Est. D’ailleurs notre volonté n’est pas seulement de les maintenir dans leurs prérogatives actuelles mais plutôt d’élargir leurs compétences.”

Lou Noirclere :Au moment où l’extrême droite est en position de conquérir le pouvoir,  la disparition – même partielle – des CESER porterait un coup sévère aux corps intermédiaires, derniers remparts de la vie démocratique et du vivre ensemble.”

Les CESER jouent un rôle essentiel en matière de démocratie consultative en portant la voix de la société civile organisée auprès des Conseils régionaux. Au travers d’avis, de consultations et d’évaluation, les CESER apportent une expertise et une vision complémentaire indispensables à la construction des politiques publiques régionales. 

Le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est réaffirme son soutien aux CESER, et en particulier au CESER Grand Est, et appelle les parlementaires à préserver l’existence, les missions et les moyens des CESER en rejetant ce texte de loi lors du vote, mardi 27 février, à l’Assemblée nationale.

Tout va bien : “Il a neigé le week-end dernier”

Communiqué de presse du 19 janvier 2026

À l’occasion de la commission “Montagne et Ruralités” du 19 janvier, la majorité régionale du Grand Est a mis aux voix le financement controversé de nouveaux canons à neige pour la station du Lac Blanc dans les Vosges.

Or, avec un réchauffement qui avoisinerait les +3° en France d’ici 2050, cet investissement n’est plus justifiable – en témoignent des études d’enneigement sur le massif, financées par la région. L’économie du massif et la pratique du tourisme de montagne doivent évoluer durablement, tant pour permettre la survie des stations que le développement d’un tourisme respectueux de l’environnement et de la réalité climatique.

Mais pour défendre cette gabegie, Denise Buhl, vice-présidente de la Région Grand Est chargée de la montagne a soutenu l’investissement au simple motif de la neige tombée le weekend passé. Il n’est pas acceptable qu’une vice-présidente, représentante de l’exécutif de la Région, entretienne ainsi la désinformation et la confusion entre météo et climat pour tenter de justifier le manque de stratégie de la région.

Plus inquiétant encore, le Président de la commission, M. Philippe Borde s’est réfugié dans le climato-scepticisme, remettant en cause le réchauffement global lié au dérèglement climatique et arguant que les changements du gulfstream pourraient conduire à un refroidissement dans les Vosges.

Nous interpellons dès ce jour M. Franck Leroy, Président de la Région Grand Est, pour lui demander des clarifications sur la position de la majorité régionale concernant le consensus scientifique sur le dérèglement climatique et la stratégie de la région pour en atténuer ses effets inéluctables.

La Région Grand Est doit protéger ses apprenti·es

Communiqué de presse du 9 janvier 2026

Le 22 décembre 2025, le média Rue89 Strasbourg révélait que Jean-Luc Hoffmann, président de la chambre des Métiers d’Alsace, était visé par une sanction administrative de la DDETS lui interdisant de recruter de nouveaux apprenti·es pour une durée de cinq ans.

Cette sanction, qui fait suite à des faits de violences présumés sur des apprenti·es, nous interroge sur la protection des apprenti·es dans le Grand Est.

En effet, la réaction de la Région Grand Est, que nous avons apprise ce matin, n’est pas à la hauteur. Elle participe de l’opacité autour de pratiques brutales qu’on croyait révolues. Si la Région se refuse à commenter l’affaire en cours, nous rappelons qu’il est de sa responsabilité de contribuer au développement de l’apprentissage sur le territoire.

Aussi, il est de la responsabilité de la Région Grand Est de veiller à la sécurité des apprenti·es durant leur formation et de s’assurer de leur protection face à tous types de violence. Au-delà de la sanction qui touche aujourd’hui Jean-Luc Hoffmann, la non-réaction de la Région Grand Est est un signal délétère envoyé à l’ensemble des 70 000 apprenti·es du Grand Est. 

Comme l’a rappelé la conseillère régionale écologiste Géraldine Krin en séance plénière, plus de la moitié des jeunes se déclarent en détresse psychologique et 44% d’entre-eux et elles imputent cette détresse au seul contexte professionnel. Il ne s’agit pas d’une affaire isolée mais d’un sujet politique sur la manière dont nous considérons les jeunes dans leur travail.

La violence envers les apprenti·es, d’où qu’elle vienne, est inacceptable et les responsables politiques en charge du développement de l’apprentissage doivent être capables de la dénoncer et de la prévenir. Autrement, cette affaire entachera durablement la crédibilité de la Chambre des Métiers d’Alsace et, avec elle, de toute une voie d’apprentissage et d’artisanat  en Grand Est.

Agriculture : le Grand Est sert l’agro-industrie et l’export au détriment de ses paysan·nes

Communiqué de presse du 9 janvier 2026

Alors que le monde agricole s’enfonce dans une crise structurelle, que les paysan·nes ne vivent plus de leurs revenus et que les manifestations d’agriculteurs·trices se multiplient, la majorité régionale s’obstine dans un modèle productiviste à bout de souffle. Entre double discours et dogmatisme, l’exécutif tourne le dos au « bon sens paysan » rappelé par les parlementaires écologistes dans une récente lettre ouverte.

L’export avant la santé : le scandale sanitaire

L’actuelle politique qui vise à l’abattage total des troupeaux plutôt qu’à vacciner massivement contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) pour ne pas entraver les exportations est révélatrice : la majorité préfère protéger les fermes-usines plutôt que d’apporter une réponse sanitaire réelle aux paysans de notre région. Pourtant, un grand nombre de vétérinaires et d’éleveurs portent d’autres approches sanitaires, plus respectueuses des situations particulières et moins dévastatrices pour les terroirs.

Bioéconomie : la terre vue comme une ressource industrielle

L’obsession régionale pour la bioéconomie transforme nos terres en simples mines à exploiter pour l’industrie. Ce modèle épuise les sols et privatise l’eau, sacrifiant notre souveraineté alimentaire et la biodiversité sur l’autel d’une « transition » purement technocratique. Les chimères technologiques ne sauveront pourtant pas les agriculteurs·trices. Leur seule promesse est l’asservissement toujours plus prononcé des fermes à la financiarisation, aux brevets et aux multinationales.

Le mépris des petites et moyennes exploitations

En concentrant aides et soutiens sur l’agro-industrie, la Région délaisse les éleveurs·euses et maraîchers·ères de taille humaine ainsi que les paysan·nes bio. Ce sont pourtant ces fermes diversifiées, ancrées dans leurs territoires, qui garantissent un revenu digne et une alimentation de qualité. À l’heure des grandes crises internationales, c’est sur ces fermes que notre région devrait s’appuyer pour construire notre souveraineté alimentaire, en s’éloignant d’un modèle dépendant des pesticides et engrais de synthèse perfusés au gaz russe.

Mercosur : le double langage de la honte

L’hypocrisie de la majorité a atteint son comble lors de la dernière séance plénière de décembre 2025 : alors qu’ils dénoncent l’accord Mercosur face caméra, les élus régionaux ont refusé de voter la motion déposée par le groupe écologiste mettant en garde contre la manœuvre des clauses de sauvegarde. Ce refus de protéger l’excellence française contre le libre-échange est une trahison pour nos agriculteurs·rices.

L’alternative existe pourtant en Europe, au niveau national, mais aussi au niveau régional : redistribution de la PAC en fonction de l’emploi agricole et non de la surface, vers l’élevage vertueux, soutien à l’agriculture biologique et aux solutions agroécologiques, valorisation des projets écologiques dans les transmissions d’entreprises agricoles et les installations de jeunes, sortie des pesticides et gestion durable de l’eau. Les écologistes sont prêt·es à travailler à cette bifurcation nécessaire.

Disparition de Francis Hallé : les forêts du Grand Est perdent un allié visionnaire

Communiqué de presse du 08 janvier 2026

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Francis Hallé, survenu le 31 décembre 2025.

Botaniste, biologiste et dendrologue de renommée internationale, il a consacré sa vie à l’étude des forêts et à la transmission de son savoir, marquant les esprits par ses travaux scientifiques autant que par la finesse de son œuvre graphique.

Dans notre région, il a porté avec ferveur un programme ambitieux : la renaissance d’une forêt primaire transfrontalière. Ce projet de 70 000 hectares sur 700 ans, visant à rendre à la nature sa pleine autonomie, constituait l’un de ses derniers grands combats. Bien que soutenu aux niveaux national et européen, ce pari de « libre évolution » s’était heurté à des résistances locales.

Nos pensées vont à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à la communauté des amoureux de la vie sauvage qui perd aujourd’hui l’un de ses plus illustres représentants.

Eliane Romani commente : “Avec la disparition de Francis Hallé, la France perd un infatigable défenseur du vivant et le Grand Est un véritable visionnaire. Les écologistes de la région ont toujours soutenu son pari de création d’une forêt primaire à cheval sur les frontières française, allemande, luxembourgeoise et belge, qui aurait été un cadeau magnifique à notre patrimoine écologique autant qu’à la construction européenne.

Lou Noirclere ajoute : “ Francis Hallé aura nourri nos imaginaires par des projets concrets privilégiant un avenir désirable pour les générations futures. En se prononçant en 2023 contre la création d’une forêt primaire en son sein, le comité syndical du parc naturel régional des Ardennes est passé à côté du sens de l’Histoire, cédant à des enjeux de court terme. Nous resterons fidèles à l’exemple de Francis Hallé en continuant de porter l’exigence d’une nature mieux valorisée dans les politiques publiques. ”

Retour sur la Séance Plénière des 18 et 19 décembre 2025

Cette dernière plénière de l’année, tenue sur deux journées, était principalement dédiée aux orientations budgétaires de la Région, une enveloppe de 4,1 milliards d’euros. Lors de son propos liminaire, Eliane Romani a vivement critiqué les choix de la majorité régionale. Elle a dénoncé les coupes budgétaires  affaiblissent les structures culturelles et sportives tout en pénalisant les usagers des transports collectifs par une hausse des tarifs. Elle a regretté que des aides publiques soient encore accordées aux grandes entreprises sans contreparties écologiques, ainsi qu’au développement massif de la vidéosurveillance communale. 

Ensuite elle a profité de sa prise de parole pour saluer la décision du Conseil d’État d’annuler le projet d’exploitation du gaz de couche en Moselle, soulignant que la protection de l’eau a enfin primé sur certains intérêts énergétiques privés. Cependant, elle a déploré que cette hauteur de vue n’ait pas inspiré le SRADDET (le schéma d’aménagement de la région). Finalement, elle a plaidé pour une sobriété synonyme de justice et de libération, affirmant que l’inaction d’aujourd’hui a déjà hypothéqué l’avenir des générations futures.

Nous sommes ensuite passé·e·s à l’examen des budgets détaillés par thématiques.

Lou Noirclere a critiqué les orientations budgétaires de la majorité régionale. Il a dénoncé une stratégie d’épargne excessive, faisant ressembler la collectivité à un hamster d’Alsace qui accumule des réserves pendant que la population subit l’inflation et l’instabilité mondiale.

Il a fustigé un choix idéologique d’austérité, masqué par une communication élogieuse. Il a notamment pointé du doigt la suppression du budget vert, y voyant une volonté d’éviter tout contrôle environnemental en amont.

Il a ensuite énuméré une série de « coups de rabot » touchant des secteurs vitaux : le gel du budget des lycées, l’augmentation des tarifs TER, la baisse des subventions à la culture et le désengagement de la rénovation énergétique. Enfin, il a opposé à cette gestion comptable l’ambition des écologistes, qui ont prôné une région plus protectrice face aux urgences sociales et climatiques. 

Cette intervention augurait de notre vote final, en toute logique, contre ce projet de budget primitif 2026.

Cécile Germain-Ecuer s’est réjouie que le budget International soit relativement épargné par les coupes budgétaires. Toutefois, elle a regretté la place prépondérante accordée à l’axe économique dans la politique régionale de coopération internationale au détriment de la transition écologique par exemple. Elle a aussi proposé d’accueillir de nouveau des enfants ukrainiens. Des assurances lui ont été données en ce sens.

Par un amendement, elle a ensuite demandé de ne pas limiter les aides en matière de solidarité internationale aux pays partenaires de la Région, mais d’ouvrir la possibilité à l’ensemble des pays, à partir du moment où les associations répondent à des critères définis collectivement. Celui-ci a été rejeté malheureusement par la majorité régionale.  Nous nous sommes abstenu·e·s sur le vote final.

Laure Haag s’est félicitée du fait que le budget intègre plusieurs propositions portées par les écologistes depuis le début du mandat avec par exemple la fin du dispositif d’aides aux grandes entreprises. Mais ces améliorations ont été jugées insuffisantes et révélatrices d’une vision politique privilégiant encore la compétitivité économique.

La sobriété devrait être au cœur des politiques publiques régionales. Elle a également alerté sur les menaces qui pèsent sur le secteur de l’ESS. Tout l’écosystème est aujourd’hui fragilisé. Nous avons voté contre ce budget.

Ghislain Wysocinski a critiqué un budget privilégiant les entreprises au détriment des étudiants. Il a dénoncé la remise en cause des bourses de mobilité internationale, qu’il a jugées indispensable à la formation des ingénieurs. Il a aussi alerté sur une réforme excluant certaines écoles doctorales de l’accompagnement régional. Enfin, il a déploré une coupe drastique de 56 % dans le budget de la cybersécurité, avant d’annoncer que notre groupe votait contre le rapport.

Ludivine Perard a proposé un plan “Tourisme pour toutes et tous” pour favoriser l’accès aux vacances et la mixité sociale. En 2025, une famille sur trois n’est pas partie en vacances. Les publics modestes, les jeunes des quartiers populaires et les personnes en situation de handicap restent exclu.es des vacances. La Région a pourtant les moyens de les soutenir. Nous avons voté contre ce budget.

Laurent Dreyfus a alerté sur la disparition massive des exploitations, notant que la région a perdu 25 % de ses éleveurs en dix ans. Il a dénoncé une politique favorisant le modèle intensif et l’agro-industrie au détriment de la souveraineté alimentaire. Il a fustigé les critères d’aides trop restrictifs qui ont exclu les petites fermes et le bio. Enfin, il a plaidé pour un soutien accru aux nouveaux installés afin de protéger l’emploi et l’environnement. Il a défendu sans succès quatre amendements : exigeant 50% de produits durables dont un tiers de bio dans les lycées, des bonus pour les installations bio hors-cadre familial, le soutien à l’association Solidarité Paysans et une aide aux forêts en libre évolution pour stocker le carbone. Nous avons voté contre ce budget.

Caroline Reys a dénoncé les coupes budgétaires très importantes en matière de culture. Elle a regretté une méthode de coupes uniformes de 10 %, particulièrement brutale et contraire aux engagements de la Région. Elle a alerté sur les conséquences irréversibles pour l’Orchestre national de Metz, le Centre-Pompidou Metz et l’Agence culturelle du Grand Est. Ces décisions fragilisent l’ensemble de l’écosystème culturel. Notre groupe a voté contre. 

Lou Noirclere a pointé du doigt la dégradation systématique, année après année, de la politique de mobilité de la Région. Il dénonce la double-peine pour les usagers qui vont payer plus cher pour un service moins performant. La Région Grand Est a perdu son temps en refusant de mettre en place dès le début du mandat une vraie stratégie aéroportuaire et de lever, dès l’année dernière, le versement mobilité. Ce sont aujourd’hui les usagers qui font les frais de cette politique de procrastination. Eliane Romani a cependant salué la mise en place prochaine de l’éco-contribution, nécessaire pour engager une politique de report du fret routier vers le ferroviaire et fluvial. Nous avons voté contre le budget.

Lou Noirclere a dénoncé la quatrième augmentation des billets de train régionaux en deux ans. De surcroît, cette hausse va impacter en premier lieu les abonnements pour les usagers réguliers. C’est une hausse de 5% dès janvier 2026 sur les abonnements TER et une envolée de la carte Fluo qui passe de 1€ à 10€ pour les jeunes et de 20 à 30€ pour la carte standard. La décision de la Région Grand Est apparaît donc incompréhensible, et injustifiable. Nous avons évidemment voté contre ce rapport.

Gérard Schann a salué le fait qu’après un an d’attente, la possibilité de prélèvement du versement mobilité soit ouverte par notre région. Un an, cela représente des dizaines de millions d’euros perdus. Pour Gérard Schann, au vu de la crise politique et économique que nous traversons, ce versement est une chance : non pas pour exercer une pression supplémentaire sur le monde de l’entreprise mais pour faire contribuer tout le monde, à sa juste place, à l’effort collectif. Nous avons voté pour ce rapport.

Caroline Reys a salué le renforcement du Service Express de Strasbourg et le renforcement de l’offre ferroviaire dans le bassin de Strasbourg. Cela aura des incidences sur le trafic mais aussi sur l’environnement et la santé. Elle a pris l’exemple de la communauté de communes de Sélestat, où les émissions carbones sont liées, en premier lieu, au transport, qui représente 49% des émissions de gaz à effet de serre. Nous avons voté pour ce rapport.

Géraldine Krin a rappelé que le projet de service express métropolitain venait combler des années de sous-investissement chronique sur le sillon lorrain. Pour elle, ce SERM devra obligatoirement inclure, pour répondre aux attentes des citoyens, la réouverture de la gare de Fontoy, la connexion entre Fontoy et Esch et l’amélioration du cadencement sur l’étoile ferroviaire de Nancy. Ces investissements sont nécessaires, et s’ils avaient été réalisés plus tôt, ils auraient pû permettre de renoncer à temps à la construction de l’A31 bis. Nous avons voté pour ce rapport.

Ludivine Perard a dénoncé la présentation d’un budget de renoncement. Elle a critiqué le désengagement de la Région envers les énergies renouvelables, notamment le photovoltaïque, fragilisant la filière. Elle a également souligné l’affaiblissement des aides à la rénovation énergétique. Enfin, elle a alerté sur l’effondrement de la biodiversité et les reculs en matière d’éducation à l’environnement, concluant par un vote contre.

Laure Haag a rappelé que l’équité territoriale exige de faire face aux urgences. La politique territoriale du conseil régional ignore les inégalités réelles : alors qu’une commune de l’Eurométropole  bénéficie du Pacte Ruralité, les quartiers populaires, touchés par une pauvreté jusqu’à 27 %, sont trop souvent négligés. Face aux crises, ces territoires fragiles ont subi les premiers chocs. Nous avons voté contre ce budget.

Lou Noirclere a rappelé que la politique de ruralité souffre d’un manque criant d’évaluation. Le Pacte pour les ruralités, dispersé dans d’autres enveloppes, reste inefficace et opaque. Sans suivi global ni diagnostic, les territoires les plus isolés, faute d’ingénierie, sont les grands oubliés. Résultat : un affichage politique, sans réponse aux besoins réels. Une refonte s’impose pour une politique équitable, dotée de moyens clairs et d’outils d’évaluation. Nous avons voté contre ce budget.

Caroline Reys a dénoncé les contradictions du budget lycées qui, malgré des avancées comme les « Lycées Verts », gèle les dotations des lycées et ferment des filières. La Région privilégie des vitrines coûteuses au détriment du fonctionnement quotidien, fragilisant le système. Une politique innovante, mais inéquitable et peu durable. Nous avons voté contre ce budget.

Laurent Dreyfus a, une année encore,  tiré la sonnette d’alarme pour dénoncer les choix de la majorité concernant la formation professionnelle dans notre région. Avec 25% de budget en moins depuis le budget primitif 2024, on constate que la formation n’est plus une priorité pour la majorité. Cela aura des effets concrets et dramatiques pour les Centres de Formation des Apprentis, pour les missions locales et pour les formations sanitaires et sociales. Nous avons voté contre ce budget.

Cécile Germain-Ecuer a alerté sur la souffrance de la jeunesse régionale. En examinant le budget Sport et Jeunesse, elle s’est dite plus inquiète encore. Elle a dénoncé l’insuffisance des actions régionales en santé mentale par exemple, malgré une situation alarmante. Elle a jugé les mesures contre la précarité étudiante largement insuffisantes. Malgré quelques initiatives éducatives, elle a regretté l’absence de politique structurante et a annoncé un vote contre. Nous avons voté contre ce budget.

Géraldine Krin a alerté le Conseil régional sur l’urgence de la santé mentale des jeunes actifs (50% se disent en détresse et 44% l’attribuent au travail). Un débat régional et un diagnostic partagé s’imposent, associant jeunes, professionnels et partenaires sociaux. Pourtant, le silence et le déni persistent, alors que les risques psychologiques explosent et que les soins psychiatriques sont menacés au niveau national. Nous avons voté contre ce budget.

Laurent Dreyfus a profité de ce rapport pour revenir sur le choix de la Région de baisser de 14% la subvention allouée aux Parcs Naturels Régionaux (PNR). Les PNR doivent être avant tout des outils de protection de l’environnement et de préservation de la biodiversité. Il a soutenu une clarification de leurs missions et a appelé à renforcer leur rôle et leurs moyens. 

Laure Haag a dénoncé le manque d’ambition concrète du SRADDET Grand Est, document censé guider la transition territoriale jusqu’en 2030. Malgré l’affichage d’un engagement pour le Zéro Artificialisation Nette (ZAN), 1 000 hectares sont réservés à des projets régionaux sans critères clairs, et 100 hectares pour les territoires « sous influence » sans évaluation ni compensation. Une politique qui favorise le bétonnage au détriment des terres agricoles et naturelles.
Les objectifs sur la transition énergétique, la gestion des déchets et les mobilités restent floues et non engageants. Un document aux bonnes intentions, mais sans moyens concrets pour une transition écologique et solidaire. Nous avons donc voté contre ce rapport.

Abordé plusieurs fois sous forme de vœu par notre groupe nous avons enfin pu aborder ce sujet par une question orale. Suite au désengagement financier de la SNCF et de l’État, les trains de nuit Paris-Vienne et Paris-Berlin s’arrêteront fin 2025. Lou Noirclere a dénoncé un recul écologique et une perte d’attractivité pour le Grand Est et Strasbourg. Nous demandons si la région Grand Est compte prendre enfin position publiquement pour demander au gouvernement de rétablir le budget dédié aux trains de nuit 

Caroline Reys a alerté sur l’augmentation préoccupante des contaminations aux PFAS dans la Région Grand Est, touchant plusieurs communes des Ardennes, de la Meuse et des Vosges, avec des interdictions de consommation d’eau potable. Elle a également évoqué la contamination révélée chez Cristal Union. Face aux risques sanitaires majeurs, elle a demandé au Président de la Région de préciser les actions concrètes prévues par la Région pour lutter efficacement contre cette pollution.

Via un vœu porté par Laurent Dreyfus, nous avons demandé l’arrêt des accords UE-Mercosur et UE-Mexique, jugés désastreux pour l’agriculture française. Ces accords aggravent la concurrence déloyale, tirent les prix et revenus paysans vers le bas, et menacent les normes sociales, environnementales et la biodiversité. Nous demandons au gouvernement de s’y opposer fermement, réaffirmant la primauté d’un modèle agricole local, durable et rémunérateur, face à des logiques purement financières. 
Un vœu rejeté par l’assemblée. Un résultat surprenant qui met à jour l’hypocrisie d’un grand nombre d’élu·e·s qui affichent une pseudo-opposition à ce traité devant les caméras.