Objet : Réexamen urgent de la suppression de la ligne routière TER Châlons-Verdun via Sainte-Ménehould
Monsieur le Président,
Nous tenons à vous alerter sur les impacts de la suppression, effective depuis le 1er juillet 2026, de la ligne routière TER reliant Châlons-en-Champagne à Verdun via Sainte-Ménehould.
Cette décision, prise malgré l’opposition ferme de l’association d’usagers Rail Avenir et de nombreux élus et habitants des territoires concernés, constitue un coup porté à la desserte des zones rurales et intermédiaires de l’Argonne et de la Meuse. La ligne offrait un service direct, cohérent et identifié , essentiel pour les déplacements quotidiens, les soins, les études et l’emploi entre les bassins de Châlons, Sainte-Ménehould et Verdun.
Le remplacement par deux lignes régulières Fluo distinctes (51R110 et 55R043) entraîne une perte de lisibilité, des correspondances incertaines et aucune amélioration significative de l’offre, notamment en soirée ou le week-end. Cela renforce le sentiment d’abandon des territoires ruraux.
Les transports collectifs sont un pilier de la cohésion territoriale. Leur affaiblissement accentue la dépendance à la voiture individuelle.
Nous vous demandons de bien vouloir :
Réexaminer cette décision et rétablir un service direct et fréquent ;
Engager une concertation approfondie avec les usagers et les élus locaux ;
Étudier la réouverture de la ligne ferroviaire historique (ligne 5)
Nous restons à votre disposition et vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.
Pour le groupe Les Écologistes de la Région Grand Est :
Cette séance plénière de conseil régional s’est tenue en plein milieu de la deuxième canicule de 2026. D’un niveau équivalent à la canicule historique de 2003.
Lors de son propos liminaire, Eliane Romani, co-présidente du groupe, a dénoncé l’impact de la canicule, qu’elle a qualifiée de conséquence directe de choix politiques et économiques libéraux. Elle a rappelé que cette crise a frappé de plein fouet les populations les plus précaires et a déploré l’impréparation criminelle de l’État et le manque d’ambition de notre Région.
Ensuite, elle a fustigé le Rassemblement National, qui a nié l’urgence climatique tout en votant contre les mesures écologiques. Elle a également critiqué le gouvernement pour avoir détricoté les avancées environnementales, ainsi que la majorité régionale pour son inaction concrète. Enfin, face à ce constat, elle a réaffirmé la détermination des Écologistes, qui formulent, comme toujours, des propositions pour protéger la population et sauvegarder l’avenir.
Cette séance était particulièrement importante car nous avons eu à nous prononcer sur le Compte Financier Unique pour 2025, c’est-à-dire le bilan de l’ensemble des actions de la région en 2025.
Lou Noirclere, co-président du groupe, a regretté que pendant que les habitant·es du Grand Est suffoquent, que les épisodes extrêmes se multiplient, que la prévention et l’adaptation deviennent une nécessité immédiate, la majorité régionale continue de traiter l’investissement écologique comme une simple variable d’ajustement.
Il a rappelé que le coût de l’inaction environnementale sera bien plus élevé et a critiqué le manque d’investissements global. De plus, il a fustigé les coupes budgétaires qui ont frappé l’enseignement et la formation professionnelle, des choix validés au détriment de la jeunesse. Il a annoncé que notre groupe vote contre ce bilan comptable.
Les écologistes considèrent que la Région, comme toutes les collectivités, doit assumer un rôle de protection, de prévention et d’investissement.
Elle doit préparer la résilience de ses territoires face au changement climatique, renforcer les transports collectifs du quotidien, soutenir massivement la rénovation des bâtiments, l’adaptation aux épisodes climatiques extrêmes, la sobriété énergétique, et investir dans la jeunesse, dans les qualifications, dans les métiers de demain.
Budget supplémentaire et admissions en non-valeur et créances éteintes
Face à l’amendement démagogique du RN visant à promouvoir la climatisation comme seule réponse à la canicule, Ludivine Perard a défendu l’idée d’un véritable plan Canicule pour protéger les plus fragiles, tout en précisant que les climatiseurs ne sont pour le réchauffement climatique qu’un pansement sur une hémorragie.
Elle a rappelé combien cette solution aggrave la chaleur extérieure et ne remplace pas la végétalisation ni la rénovation thermique. Elle a annoncé que nous votons contre cet amendement.
Ghislain Wysocinski a ensuite analysé le budget supplémentaire et a listé d’importantes rentrées d’argent, notamment grâce au contrat Losange et à la SPL Mobilité. Il a regretté que la majorité n’ait pas utilisé ces millions pour stopper l’asphyxie de la formation professionnelle ou de la culture.
Ensuite, il a examiné les admissions en non-valeur, constatant que le numérique a représenté plus de la moitié des dossiers. Enfin, concernant les créances éteintes, il a souligné le poids colossal du dossier Sky Aircraft. Il a invité à la prudence et a demandé d’exiger de réelles garanties pour protéger l’argent public lors des prochains votes d’aides aux entreprises.
Fonds européens – Politique de cohésion et FEADER – Bilan 2024-2025 et état d’avancement des programmes
Ghislain Wysocinsky a centré son intervention sur les difficultés des Groupes d’Actions Locaux (GAL) pour obtenir des fonds européens. Il a relayé le courrier d’un président de GAL dénonçant des lenteurs administratives régionales supérieures à d’autres territoires.
Il a pointé du doigt les failles du logiciel Euro-PAC, rappelant qu’une autre région a quitté le groupement par insatisfaction. En tant qu’ancien chef de produit, il a recommandé d’améliorer les procédures et l’outil. Enfin, il a déploré que ce système privilégie la performance interadministrative au détriment des bénéficiaires, qu’il a jugé oubliés.
Organisation de la 49e Compétition des Métiers (2026-2028)
Si la 49ème Compétition des Métiers est un événement intéressant, Gérard Schann a pointé du doigt son coût (3 millions d’euros), un budget en hausse de 25% par rapport à la précédente édition, au moment où les coupes budgétaires sur l’apprentissage et la formation professionnelle sont drastiques (missions locales, indemnité de stage des élèves aides-soignants, aides à l’emploi…)
Quand l’argent public se fait rare, les priorités publiques transparaissent de manière plus importante. Gérard Schann a constaté que nous n’avions pas les mêmes priorités avec la majorité régionale. Les écologistes préfèrent investir massivement dans la formation professionnelle des jeunes, plutôt que de financer des compétitions individuelles.
Parcs Naturels Régionaux du Grand Est
Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler le rôle central des Parcs Naturels Régionaux dans la pérennisation de notre cadre de vie, d’autant plus dans le contexte de crise climatique et environnementale. Il dénonce les baisses de budgets et a appelé à une meilleure approche partenariale.
Christophe Dumont a ensuite défendu un amendement qui demande à poursuivre à court-terme l’objectif de 10% de zones de protection forte conformément à l’objectif national de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) sur l’ensemble des PNR régionaux. Ainsi, les parcs naturels régionaux, “catalyseurs des transitions”, auraient enfin un objectif à la hauteur du reste du territoire français. Un amendement largement rejeté lors de son vote. Un refus qui a motivé notre abstention sur le rapport lui-même.
Accueil de Cécile Kohler et Jacques Paris
Durant une interruption de séance très émouvante, nous avons accueilli les anciens otages pour une intervention dans l’hémicycle. Notre groupe, comme l’ensemble de l’assemblée régionale, s’est mobilisé durant les 1277 jours de leur détention et entendre leur parole était un moment fort.
Leur détention arbitraire et contraire au droit international nous montre combien la défense de la démocratie et de la liberté d’expression est un combat nécessaire. La tentation autoritaire n’est pas une voie envisageable, en France comme en Europe, et il va de la responsabilité morale de la gauche écologiste de mener ce combat.
Feuille de route régionale Handicap 2026-2028
Lors de son allocution, Caroline Reys a salué les efforts d’inclusion de la Région via la commande publique, tout en suggérant de conditionner les subventions aux entreprises à des critères inclusifs. Elle a jugé insuffisante l’accessibilité actuelle des gares ainsi que la fréquence du comité de pilotage de la feuille de route.
Elle a aussi regretté le manque de prise en compte des handicaps invisibles, notamment psychiques chez les lycéen·nes, et a proposé d’adapter l’environnement scolaire. Sur le plan culturel, elle a plaidé pour un soutien accru aux ESAT artistiques. Enfin, elle a contesté le fait de lier le handicap au seul vieillissement, reprochant l’oubli des facteurs environnementaux. Elle a ainsi demandé d’intégrer la prévention pour bâtir une véritable culture de l’inclusion.
Plan pluriannuel d’actions en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes (2026-2028)
Lors de son allocution, Ludivine Pérard a rappelé le lien entre les vagues de chaleur et l’augmentation des violences faites aux femmes. Elle a cité des chiffres démontrant que les féminicides et les violences conjugales augmentent significativement durant les canicules.
Elle a regretté le manque de dispositifs de vigilance spécifiques lors des alertes climatiques. Tout en saluant les orientations du plan contre les violences sexistes et pour la mixité, elle les a jugées insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Enfin, elle a pointé les inégalités persistantes de carrière au sein même de la collectivité et a exhorté la Région à soutenir plus fortement les femmes, affirmant que l’égalité ne pouvait plus attendre.
Plan d’actions régional « Une seule santé en Grand Est«
Géraldine Krin a salué l’adoption du Plan d’actions « Une seule santé en Grand Est » et partagé son diagnostic ainsi que ses objectifs ambitieux, notamment la reconnaissance des déterminants environnementaux de la santé.
Cependant, elle a dénoncé le décalage important entre les ambitions affichées et les politiques réellement menées. Pour rendre le plan crédible, notre groupe a déposé trois amendements sur l’agriculture, l’urbanisme et les perturbateurs endocriniens. Nous demandons également la mise en place d’un comité de pilotage transversal et un accompagnement renforcé des collectivités.
Malgré le rejet de nos amendements, notre groupe a voté pour les objectifs du plan, mais exige une mise en œuvre effective et une cohérence entre paroles et actes.
Stratégie régionale aéroportuaire 2026-2030
Le groupe écologiste refuse une stratégie fondée sur la croissance du trafic aérien, incompatible avec l’urgence climatique.
Eliane Romani a évoqué notamment l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, dont la Région est principal propriétaire et financeur. L’objectif de 300 000 passagers en 2030 est irréaliste. Les Écologistes s’opposent à l’injection continue de millions d’argent public dans une structure déficitaire.
Depuis le début du mandat, en 2021, le groupe écologiste est fer de lance sur des propositions visant à la priorisation du report modal vers le train (gare de Vandières), la reconversion des aéroports non rentables en lien avec les salariés et le réinvestissement des aides publiques vers les mobilités douces.
Scandale dans l’hémicycle
Sous la pression du RN, la majorité régionale a intégré un de leurs amendements protégeant cet équipement obsolète. Une entorse inacceptable au cordon sanitaire républicain instauré dans notre institution.
Initialement, la majorité régionale avait proposé de modifier un amendement du RN en vue de son adoption. Une attitude dénoncée par Lou Noirclere. Suite à une houleuse suspension de séance, une proposition de texte revue a été soumise au vote afin d’éviter d’avoir à prendre position sur l’amendement RN. Un tour de passe-passe qui ne suffit pas à effacer le fond inacceptable de la séquence.
Lancement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt – Innovation – Train Léger
Les Écologistes, par la voix de Lou Noirclere, ont soutenu l’exploration de solutions innovantes, comme les trains légers Draisy, pour redynamiser les petites lignes ferroviaires fermées ou sous-utilisées du Grand Est.
Cependant, nous posons des conditions claires : l’attente de l’innovation ne doit pas servir d’alibi pour retarder les investissements nécessaires. Seules les motorisations pleinement décarbonées (électrique ou hydrogène) sont acceptables, excluant notamment le diesel. Le modèle économique doit préserver le service public ferroviaire avec présence humaine à bord, et non transférer les lignes à des opérateurs privés.
Notre groupe a voté pour le lancement de l’AMI, tout en restant vigilant sur sa mise en œuvre.
Organisation Convention de partenariat entre la Région et l’État sur la stratégie de l’évolution de la carte des formations professionnelles de l’enseignement agricole
Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler à quel point le projet porté ne fait qu’amplifier les orientations délétères des politiques agricoles régionales actuelles sur les sols, le climat et la biodiversité. L’obsession managériale et technologique traduite en projet pédagogique occulte l’essentiel : la nécessaire bifurcation écologique par l’agroécologie et l’agriculture biologique, seules perspectives viables pour les fermes et les assiettes de notre territoire.
Rapport d’Observations Définitives de la Chambre Régionale des Comptes Grand Est – École de la deuxième chance de Lorraine – Exercices 2019 et suivants
Gérard Schann a profité des échanges sur ce rapport pour alerter sur la situation très difficile de ce dispositif et le grand gâchis autour d’une structure importante pour l’accompagnement de la jeunesse. Il demande à la Région de reprendre avec ambition le rôle de pilote qu’elle est censée assurer mais dont elle s’est désengagé ces dernières années.
Questions orales
Christophe Dumont a salué le lancement du projet régional Life Adapt’Est, tout en pointant une contradiction majeure. Il a dénoncé la fragilisation des associations d’éducation à l’environnement, touchées par des coupes budgétaires et une mise en concurrence accrue. Il a rappelé que ces acteurs sont pourtant indispensables pour sensibiliser les citoyens à la transition écologique. Il a demandé au Président de justifier cette incohérence et de préciser les mesures envisagées pour y remédier.
Motion déposée lors de la Séance plénière du 25 juin 2026
Ce texte n’a pas pu être examiné faute de temps
Sous l’effet du dérèglement climatique, les canicules s’accélèrent dans notre région : elles sont plus fréquentes, plus précoces et plus intenses. Ces épisodes de forte chaleur ont des conséquences directes sur la santé et la qualité de vie des habitants, en particulier des plus fragiles : personnes âgées, enfants, précaires et personnes les plus exposées aux îlots de chaleur urbains.
En période de canicule, les températures dans les lycées dépassent largement les 30 degrés, mettant à mal les conditions d’étude et de travail du personnel administratif, des enseignants et des lycéens, d’autant plus en période d’examen.
Plus largement, les conditions de travail, notamment des ouvriers et artisans, sont gravement impactées par ces épisodes de chaleur. En 2023, lors des vendanges en Champagne, 4 saisonniers sont décédés en pleine canicule.
Conformément aux ambitions régionales du plan “Grand Est Région Verte” et du projet “Life Adapt’Est”, le Grand Est doit anticiper ces épisodes de chaleur et les prévenir, pour la santé et la qualité de vie des habitants.
Les leviers d’actions de la Région, en collaboration avec l’Etat et les collectivités locales, sont nombreux : que ce soit sur du long-terme (rénovation énergétique des bâtiments, végétalisation et îlots de fraîcheur, protection des terres agricoles et de la ressource en eau) ou sur du court-terme (adaptation des rythmes scolaires et horaires de travail, renforcement des dispositifs d’information et de prévention).
Motion:
Les élus du Conseil régional du Grand Est, réunis en Séance plénière du 25 juin 2026 :
Face aux effets du dérèglement climatique, s’engagent à définir un plan régional de protection face aux canicules
Déposé par Monsieur Lou Noirclere pour le groupe Les Ecologistes
Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026
Délibération N°26SP-1058
La Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) publiée en 2021 ambitionne de protéger 30 % du territoire national, dont 10 % en protection renforcée.
Les zones de protection forte se concentrent en priorité sur la protection des milieux riches en biodiversité ou particulièrement vulnérables face aux changements à venir, en particulier les zones humides et les espaces forestiers.
Il serait paradoxal que les parcs naturels régionaux, “catalyseurs des transitions”, aient un objectif moins élevé que le reste du territoire français.
Pour mémoire, la part des zones de protection renforcée est actuellement de 0,6 % dans le PNR des Ardennes, soit 16 fois moins que l’objectif national.
Amendement
Dans la convention en annexe de la délibération, dans la partie Article 3 : Priorités partagées et axes de travail communs 2026-2028, dans la sous-partie “Développer, et valoriser l’agroforesterie dans les systèmes agricoles des 6 Parcs du Grand Est”
APRÈS “Développer, et valoriser l’agroforesterie dans les systèmes agricoles des 6 Parcs du Grand Est”
AJOUTER la phrase suivante : “, poursuivre à court-terme l’objectif de 10% de zones de protection forte conformément à l’objectif national de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP)”
Déposé par Monsieur Christophe Dumont pour le groupe Les Ecologistes
Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026
Délibération N°26SP-1081
Exposé des motifs
Considérant l’importance cruciale des mobilités douces (marche, vélo, transports en commun) pour réduire la pollution de l’air, lutter contre le changement climatique, améliorer la santé publique et diminuer les émissions de gaz à effet de serre ;
Considérant que les Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) sont des documents stratégiques d’aménagement du territoire qui doivent intégrer de manière ambitieuse les enjeux de mobilité durable ;
Considérant que la Région, dans le cadre de ses compétences en matière d’aménagement du territoire et de santé environnementale, doit veiller à la cohérence et à l’ambition des documents de planification territoriale qu’elle est amenée à examiner ;
Amendement
Dans le rapport, dans la partie 7 URBANISME FAVORABLE A LA SANTE, dans la sous-partie Actions prévues,
APRÈS la dernière action listée concernant l’évolution du cahier des charges « communes nature » ou l’intégration dans les politiques régionales :
AJOUTER la phrase suivante :
« Donner des avis négatifs systématiques aux Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) ne comportant pas un plan ambitieux en matière de développement des mobilités douces (vélo, marche, transports en commun, etc.), afin d’inciter les territoires à renforcer leur engagement en faveur d’un urbanisme favorable à la santé et à l’environnement. »
Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere, Madame Laure Haag et Monsieur Gérard Schann pour le groupe Les Ecologistes
Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026
Délibération N°26SP-1081
Considérant l’importance cruciale de la transition agro-écologique pour la santé humaine, la préservation de l’environnement, la qualité de l’eau et des sols ;
Considérant que l’agriculture productiviste, notamment par son recours aux intrants chimiques, contribue significativement à l’exposition des populations à des polluants (nitrates, pesticides, etc.) ;
Considérant la nécessité de réorienter les soutiens publics vers des pratiques agricoles durables, résilientes et respectueuses de l’environnement, en cohérence avec les objectifs du Plan Bio 2023-2027, du PNA4 et du PNNS5 ainsi que de l’approche « Une seule santé » ;
Amendement
Dans le rapport, dans la partie 6 – ALIMENTATION DURABLE, dans la sous-partie Actions prévues,
APRÈS la dernière action listée : « Valoriser le Plan ambition éleveurs et le programme d’excellence sanitaire en élevage. »,
AJOUTER la phrase suivante :
« Réinterroger l’ensemble des dispositifs de soutien aux acteurs agricoles afin de réorienter les dispositifs soutenant l’agriculture utilisant des produits néfastes pour la santé humaine et environnementale, vers la transition agro-écologique, notamment par un renforcement significatif du soutien à l’agriculture biologique. »
Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere, Messieurs Laurent Dreyfus et Christophe Dumont pour le groupe Les Ecologistes
Amendement déposé lors de la Séance plénière du 25 juin 2026
Délibération N°26SP-1081
Considérant les risques sanitaires majeurs liés aux perturbateurs endocriniens, aux substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR) présents dans certains produits phytosanitaires et biocides ;
Considérant la nécessité de protéger la santé des populations, en particulier des plus vulnérables (femmes enceintes, enfants, etc.), et de prévenir l’exposition à ces substances via les projets soutenus par la Région ;
Considérant la cohérence requise entre les engagements énoncés et l’ensemble des soutiens accordés aux acteurs régionaux ;
Amendement
Dans le rapport, dans la partie 5 SOURCES DE POLLUTION, sous-partie Perturbateurs endocriniens,
APRÈS la dernière action listée : « Signature de la Charte Villes et Territoires Sans Perturbateurs Endocriniens. » ;
AJOUTER la phrase suivante :
« Interdire, dans le cadre de tous les projets soutenus par la Région Grand Est, l’usage, par les acteurs bénéficiaires, de produits phytosanitaires et biocides contenant des perturbateurs endocriniens ainsi que des substances classées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) »
Déposé par Madame Eliane Romani, Monsieur Lou Noirclere et Madame Géraldine Krin pour le groupe Les Ecologistes
En tant qu’élu.es écologistes de la Région Grand Est, nous réitérons notre opposition ferme au projet d’A31 bis secteur nord, tel qu’il est présenté dans le dossier d’enquête publique. Nous nous inscrivons pleinement dans la ligne du Cahier d’acteurs que nous avons produit et que nous joignons à la présente contribution.
Un projet anachronique et incompatible avec l’urgence climatique et environnementale
Ce projet autoroutier, vieux de plus de 40 ans dans ses principes, ne répond plus aux enjeux du XXIe siècle. Alors que la France est régulièrement condamnée pour inaction climatique et non-respect des objectifs européens de qualité de l’air, la création d’un nouveau tronçon (avec tunnel à Florange) va générer un appel d’air supplémentaire au trafic routier ( autosolisme et transport de marchandises ). Le paradoxe de Braess est bien connu : une nouvelle infrastructure routière attire de nouveaux véhicules et ne résout pas durablement les congestions.
Ce projet menace :
Un corridor écologique majeur (forêt domaniale de Florange et site de Bétange, plus de 300 hectares, zones humides, espèces protégées d’oiseaux et de chauves-souris).
La santé publique dans une vallée déjà très polluée (record de benzopyrène).
La qualité de vie des riverains (expropriations, pollution sonore, visuelle et lumineuse).
Le tissu économique local de la zone Sainte-Agathe qui se verrait en partie delocalisé
Priorité absolue au report modal et aux investissements ferroviaires
La vraie réponse aux besoins de mobilité transfrontalière (110 000 navetteurs aujourd’hui, plus de 180 000 attendus en 2040) passe par une politique ambitieuse de report modal massif de la voiture solo vers les transports collectifs et décarbonés, en cohérence avec le Grenelle des mobilités en Lorraine et le Protocole d’accord franco-luxembourgeois de 2018.
Nous demandons en particulier un engagement fort et accéléré pour un doublement complet de la ligne ferroviaire Metz – Thionville – Luxembourg, qui constitue l’épine dorsale d’un véritable Réseau Express Métropolitain (REM) lorrain transfrontalier.
Cette infrastructure ferroviaire est la solution structurante :
Elle permettra d’augmenter significativement la capacité d’emport (trains longs, plus fréquents).
Elle offrira une alternative crédible, rapide et confortable à la voiture pour les frontaliers.
Elle s’inscrit pleinement dans les objectifs du Pacte Vert européen, de la loi climat et résilience, et de la neutralité carbone 2050.
Les investissements déjà engagés (augmentation de capacité TER, rames supplémentaires, travaux de rénovation) vont dans le bon sens, mais restent insuffisants. Le doublement complet de la voie ferrée doit devenir la priorité absolue des pouvoirs publics français et luxembourgeois, avec un calendrier ambitieux et un financement dédié.
Au lieu de poursuivre ce projet autoroutier coûteux et destructeur, nous appelons à la mise en œuvre rapide d’un Plan de Mobilité Transfrontalier ambitieux incluant de plus :
La réouverture/amélioration de la ligne Metz-Uckange-Hayange-Fontoy-Belval
La mise en place de la gare d’interconnexion de Vandières
Le développement massif des bus à haut niveau de service
du covoiturage organisé (lignes et parkings dédiés + incitations financières), de l’autopartage.
Le ferroutage et le report modal fret vers le ferroviaire et les voies d’eau.
Le renforcement du télétravail et la relocalisation d’activités économiques en nord-Lorraine.
La création d’une redevance fiscale du Luxembourg en faveur des collectivités frontalières pour cofinancer ces projets durables.
Conclusion
Nous demandons à la Commission d’enquête de recommander au ministre des Transports de ne pas déclarer d’utilité publique le projet A31 bis secteur nord dans sa forme actuelle. Il existe une autre solution : celle d’un report modal massif et d’investissements prioritaires sur le ferroviaire, à commencer par le doublement de la ligne Metz–Luxembourg.
Les élu·e·s écologistes de la Région Grand Est resteront mobilisés pour une mobilité durable, soutenable et respectueuse des engagements climatiques de la France et de l’Europe.
Vœu présenté par le groupe Les Écologistes contre le projet de data center Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin), rejeté largement par l’assemblée lors de sa mise au vote.
Microsoft a pour projet la construction et l’exploitation d’un centre de données (data center) dont le chantier devrait débuter en 2027, à Petit-Landau dans le Haut-Rhin.
Le 29 mars 2026, la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) du Grand Est a rendu son avis sur ce projet. Plusieurs limites majeures ont été pointées par l’autorité environnementale qui recommande au préfet de suspendre l’instruction du dossier.
La création de ce data center géant nécessite la destruction de 36 hectares de terres agricoles (dont 10 en agriculture biologique), mettant à mal les ambitions régionales en matière de réduction de l’artificialisation des sols définis dans le SRADDET, d’autant que l’Alsace est un territoire déjà fortement artificialisé.
La consommation électrique du projet est évaluée à plus de 1 500 GWh par an, ce qui équivaut à la production de l’ensemble du parc photovoltaïque de la région Grand Est en 2024 et représente plus de 80% de la consommation annuelle des ménages du Haut-Rhin. Cette consommation énergétique considérable présente de réels risques de conflits d’usage et de monopolisation de la puissance de raccordement par le data center. Dans un contexte de crise énergétique, il appartient aux pouvoirs publics de définir les usages stratégiques prioritaires.
Face à l’importance de la consommation foncière et énergétique, les retombées en termes d’emploi sont minimes et la dépendance aux GAFAM est accrue. Ce projet de data center s’oppose ainsi aux préconisations de la Région en matière de souveraineté numérique présentées dans la feuille de route Défense 2025-2028 votée lors de la Séance plénière du 16 octobre 2025.
Outre un manque prégnant de consultation publique (notamment du point de vue transfrontalier et allemand), le projet présente de larges insuffisances dans l’évaluation des risques sanitaires et des impacts environnementaux (rejets atmosphériques, consommation énergétique et contribution au changement climatique, perte des fonctionnalités écosystémiques des sols, consommation d’eau et pollution de l’eau aux PFAS…).
De plus, le cadre de vie des habitants serait largement menacé par ce projet : pollution sonore, pollution visuelle, dévaluation des biens immobiliers, zones humides à proximité menacées d’assèchement par les pertes de chaleur…
Aux Etats-Unis, l’implantation galopante des data centers soulève aujourd’hui de vives contestations. En avril dernier, le Maine est devenu le premier État américain à voter un moratoire sur l’implantation de grands data centers sur son territoire.
Voeu :
Les élus du Conseil régional du Grand Est, réunis en Séance plénière du 11 juin 2026 :
Conformément aux engagements de la feuille de route Défense 2025-2028 de la Région Grand Est en matière de souveraineté numérique et aux préconisations de la MRAe Grand Est, interpellent le préfet du Haut-Rhin et demandent la suspension de l’instruction du dossier.
Déposé par Madame Cécile Germain-Ecuer, Madame Laure Haag et Madame Géraldine Krin pour le groupe Les Ecologistes
Le jeudi 11 juin 2026, en séance plénière à l’Hôtel de Région à Metz, la Région Grand Est organise un débat sur l’avenir de l’industrie. Une séquence de tables-rondes restreintes à une vision purement patronale et financière. Le groupe Les Écologistes de la Région a invité des représentant·es des salarié·es de la CGT et de la CFDT afin qu’ils puissent également s’exprimer et rappeler une vérité fondamentale : l’industrie, c’est d’abord l’humain. Un temps d’échanges symboliquement programmé en parallèle de la première table-ronde.
L’expertise du terrain face aux obsessions financières
Lou Noirclere, co-président du groupe Les Écologistes : « Le Conseil Régional a choisi d’organiser une journée de tables rondes avec uniquement des chef·fes d’entreprises. Un choix révélateur : celui d’une vision où l’économie se résume à des bilans, des dividendes, des parts de marché. Mais l’industrie, c’est d’abord des femmes et des hommes qui, chaque jour, transforment la matière, innovent, et font tourner nos usines. Sans elles et eux, pas de production, pas d’industrie. Alors aujourd’hui, nous avons voulu redonner la parole à celles et ceux qui savent, par expérience, ce que signifie travailler dans l’industrie en 2026 : les représentant·es des salarié·es. Leur expertise n’est pas théorique, elle est ancrée dans le réel, dans les ateliers, sur les chaînes, dans les bureaux d’études. »
Pour un autre modèle industriel : social, écologique et compétitif
Eliane Romani, co-présidente du groupe Les Écologistes : « Notre ambition ? Montrer qu’une autre industrie est possible. Une industrie qui ne sacrifie pas les conditions de travail sur l’autel de la compétitivité. Une industrie qui ne considère pas l’écologie comme une contrainte, mais comme une opportunité pour repenser nos modèles de production. Alors oui, il faut parler de compétitivité, mais sans parler santé au travail, sans parler transition écologique, la compétitivité n’a pas de sens. L’innovation sans dialogue social, c’est pareil, cela n’a pas de sens. L’industrie de demain, elle se construit avec les salarié·es, ou elle ne se construira pas du tout. »