Depuis juin 2025, la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) frappe les élevages bovins. À ce jour, 113 foyers ont été détectés, entraînant l’abattage de plusieurs milliers de bovins. Les éleveurs et éleveuses, contraints à ces abattages sans alternative, subissent des drames humains, sociaux et économiques : souffrance animale, perte de génétique parfois héritée de générations, et stress accru pour toute la filière.
Les élus Écologistes de la Région Grand Est soutiennent les éleveurs et éleveuses touché·es par cette crise et exhortent l’État à réviser en urgence sa politique sanitaire. La vaccination montre ses limites face à une stratégie d’abattage total qui ne tient pas compte des réalités de terrain. Les deux derniers cas déclarés, en Ariège (zone indemne) et dans le Doubs (élevage vacciné), démontrent l’urgence d’adapter les mesures.
La Stratégie sanitaire doit être co-construite au plus près des territoires avec l’ensemble de la profession agricole.
Nous devons mettre fin à l’abattage total pour les troupeaux vaccinés et remplacer cette mesure par une euthanasie ciblée des animaux symptomatiques, en cohérence avec la protection apportée par le vaccin.
Laurent Dreyfus, Conseiller régional écologiste ajoute “Il nous faudra également garantir aux éleveurs et éleveuses une indemnisation couvrant la reconstitution du cheptel (avec un niveau génétique équivalent) et les pertes d’exploitation.”
Christophe Dumont ajoute “La constitution d’un troupeau est l’oeuvre de toute une vie. Nous sommes aux cotés des paysannes et paysans face à cette crise”.
Le 17 décembre, le Conseil d’État a annulé le décret autorisant la Française de l’Énergie à exploiter le gaz de couche dans le sous-sol de la Moselle-Est. Cette décision marque la fin définitive d’un projet industriel dangereux, qui menaçait directement la ressource en eau de notre région. En Lorraine, c’est l’eau — et non le gaz — qui doit être préservée.
Cette annulation confirme en effet ce que les Écologistes du Grand Est, les associations et les collectivités locales n’ont cessé de dénoncer : l’exploitation du gaz de couche représentait une menace majeure pour les nappes phréatiques, les écosystèmes et la santé des habitants. En Lorraine, l’eau est une richesse à transmettre aux générations futures, pas un sacrifice à consentir pour des énergies fossiles obsolètes. Cette victoire est celle des forces vives de notre région qui ont combattu ce projet : associations, collectivités, élus et citoyens engagés.
Eliane Romani commente : “Les Écologistes du Grand Est tiennent à remercier chaleureusement l’ensemble des acteurs qui se sont mobilisés sans relâche pour défendre notre territoire. Cette décision prouve que la mobilisation paie et que l’intérêt général peut l’emporter sur les intérêts privés. Cette annulation est une excellente nouvelle, elle doit aussi marquer le début d’une nouvelle ère pour la Lorraine. »
En pleine COP30 au Brésil, la Région Grand Est a validé trois rapports environnementaux majeurs le 13 novembre 2025. Notre groupe regrette que la Région suive trop souvent l’État dans ses renoncements tout en tenant des discours d’autosatisfaction bien éloignés de la réalité des faits.
Au niveau national, le réseau Action Climat a compté 43 reculs pour le seul premier semestre 2025. Dans une étude récente, l’ONG pointait paradoxalement l’attente massive des Français·e·s pour des politiques plus écologiques. Nous mettons ici en lumière trois exemples qui illustrent les décisions regrettables de l’État et de la Région.
Agriculture : tout pour l’agro-industrie
La loi Duplomb-Menonville a marqué un premier pas en poussant à réautoriser l’acétamipride, un insecticide très toxique pour la santé et l’environnement. Elle a aussi favorisé les élevages industriels, nuisibles à nos agriculteurs et sources de souffrances animales inacceptables. En séance plénière du Conseil régional, Franck Menonville, co-rapporteur de la loi, est intervenu en matière de santé publique… Il fallait oser !
La majorité régionale aggrave la situation en soutenant sans discernement la bioéconomie. Pourtant, celle-ci produit souvent du carburant en exploitant des milliers d’hectares de terrains agricoles, au détriment de l’agriculture vivrière. La Cour des comptes elle-même a jugé que les agrocarburants avaient un « bilan environnemental globalement négatif », affectant la biodiversité, les sols, l’eau et l’air.
Quant au programme Ambition éleveur (bloqué à 1615 fermes) tant vanté par l’exécutif, il vise d’abord la performance économique. En acceptant l’agrandissement des exploitations, la Région pousse à une agriculture sans paysans, tout en déplorant le désert rural.
Énergies renouvelables : un coup de frein brutal
C’est un coup d’arrêt pour les énergies vertes : fin du tarif avantageux pour le petit éolien de toiture, baisse de 16 % du prix de rachat pour le petit solaire (depuis le 1er octobre), et moins d’exigences sur les ombrières de parkings. Cette politique menace de mort la filière. Les projets ne se feront plus, ou avec des panneaux chinois.
La Région amplifie ce recul en stoppant cette année le financement des études pour le solaire photovoltaïque en toiture.
Rénovation énergétique : un coup d’arrêt injustifiable
Mettre fin aux passoires thermiques devrait être la priorité : ça combat le dérèglement climatique, ça crée de l’emploi local, et ça réduit les factures des plus modestes. L’État, par ses revirements fragilise le réseau de conseillers énergie et met en péril des acteurs régionaux du secteur comme la SEM Oktave.
Alors que l’État recule en stoppant le dispositif Ma Prime Rénov’, la Région amplifie cette dynamique négative en suspendant ou limitant en septembre 2025 plusieurs aides pour la rénovation des bâtiments publics, associatifs et des copropriétés.
Alors que la transition écologique exige des investissements massifs, le budget 2026 s’annonce insuffisant. On avance à l’opposé des recommandations des experts.
Cette politique à courte vue reporte le coût croissant de l’inaction sur les citoyens et les plus précaires. C’est une triple faute : écologique, économique et sociale.
Ne pas investir maintenant, c’est exposer la Région et le pays à des crises bien plus coûteuses demain. Il est temps d’agir concrètement pour l’écologie !
Les Écologistes du Grand Est expriment leur indignation et leur soutien total aux huit militant·e·s écologistes placé·e·s en garde à vue pendant 46 heures pour avoir tagué un pont à Dorlisheim, afin d’alerter sur le danger que représente Stocamine pour la nappe phréatique alsacienne et les 5,6 millions de personnes qui en dépendent.
Ces interpellations révèlent une volonté politique de museler les lanceurs d’alerte plutôt que de résoudre le problème sanitaire et écologique que pose ce site de stockage de déchets toxiques
Les études indépendantes sur Stocamine pointent les risques majeurs de corrosion des puits et de contamination de la nappe phréatique. La justice administrative a suspendu les travaux à plusieurs reprises, soulignant les lacunes des études d’impact et les risques irréversibles pour l’environnement
Pourtant, plutôt que d’écouter ces alertes, l’État préfère réprimer celles et ceux qui les portent.
Cette répression est d’autant plus choquante que les militant·e·s agissaient pacifiquement pour alerter sur un danger sanitaire et écologique.
La lutte pour la justice environnementale ne s’arrêtera pas. Face à l’inaction de l’État et à la répression, la solidarité et la mobilisation citoyenne sont nos meilleures armes. Au sein du Conseil régional nous restons mobilisé·e·s pour relayer des inquiétudes citoyennes sur ce scandale sanitaire comme sur tant d’autres (Cigéo, pesticides, etc.).
Avant l’ouverture de la plénière, l’ensemble des élu·e·s s’est retrouvé devant l’Hôtel de Région pour marquer un soutien collectif à Cécile Kohler et Jacques Paris, libérés de prison mais toujours bloqués en Iran.
Dans son propos introductif, Eliane Romani a rendu hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Elle a ensuite tiré un signal d’alarme concernant la souffrance croissante de la jeunesse, estimant que la Région Grand Est a trop souvent relayé les renoncements de l’État au lieu de les compenser.
Elle a souligné l’urgence d’accompagner les jeunes les plus fragilisés, privés des moyens nécessaires à leur émancipation. Les associations de jeunesse ont en effet alerté sur la chute libre du budget national (moins 130 millions d’euros en 2025) et sur l’exclusion des jeunes des minimas sociaux, comme le RSA. Elle a dénoncé les conséquences directes de ces coupes : fermetures de lieux d’éducation (MJC, centres sociaux), suppression d’emplois et démotivation des bénévoles.
La Région Grand Est, malgré ses discours, a, elle aussi, choisi de réduire son budget jeunesse pour 2024, 2025 et 2026, pénalisant les associations sportives et les Missions Locales.
En conclusion, Eliane Romani a appelé l’État et la Région à rétablir les crédits et à soutenir durablement les associations, rappelant que la pauvreté des jeunes est le résultat de choix politiques.
Budget : décision modificative n° 2 pour 2025
Afin d’ajuster leur budget aux plus près des contraintes réelles, les collectivités délibèrent régulièrement sur des modifications, généralement à la marge.
Les 70 millions d’euros de modifications débattues, manquent de vision à long terme et démontrent l’inefficacité de l’obsession de la majorité pour les ratios budgétaires. Jean-François Secondé a regretté que cette modification tardive n’ait pas corrigé la trajectoire austéritaire, qui s’est traduite par des postes gelés, des subventions baissées, et l’abandon de services comme les cars express et la fermeture de guichets TER. Nous avons voté contre ce point.
Orientations Budgétaires pour 2026
Lou Noirclere a ouvert son intervention sur les Orientations Budgétaires 2026 en évoquant la crise politique depuis 2024 et les défis régionaux, tels que le chômage et le vieillissement. Il a pointé la nécessité de prioriser la plus-value sociale des politiques publiques et de solliciter la contribution du monde économique.
Il a dénoncé les coupes budgétaires qui ont pénalisé les ménages modestes et cité l’arrêt de l’aide à l’achat de vélos et la suppression des bourses de mobilité internationale. Il a aussi souligné la récession de la politique de formation depuis trois ans, notamment les attaques conjointes de l’État et de la Région contre les Missions Locales, en dépit de la hausse du chômage des jeunes.
Lou Noirclere a insisté sur la nécessité d’utiliser tous les leviers fiscaux disponibles, comme le versement mobilité, et de conditionner les aides économiques à des critères environnementaux, à la pertinence de l’activité, la création d’emplois non-délocalisables.
Il a conclu en rejetant le cynisme de la majorité régionale qui désigne la crise comme une simple « opportunité » plutôt que de percevoir la nécessité de revoir radicalement les politiques publiques.
Feuille de route Enseignement Supérieur, Recherche, Innovation
Ghislain Wysocinski a déploré la mauvaise situation de la R&D (Recherche et Développement) privée dans le Grand Est. Il a rappelé que la Région s’est classée 11e sur 13 en R&D privée malgré son statut de 3e région industrielle. Il a proposé d’instaurer un indicateur de suivi des stages de 3e dans le secteur industriel, une solution peu coûteuse tirant parti du Service Public Régional de l’Orientation (SPRO).
Il a ensuite critiqué les choix politiques de la Région, questionnant pourquoi les étudiants ont dû supporter le coût de l’innovation. Il a dénoncé l’abrogation par la Région des bourses mobilités internationales pénalisant de manière directe nos étudiants. Il a jugé la feuille de route Enseignement Supérieur Recherche et Innovation symptomatique du manque d’ambitions de la Région en matière d’enseignement supérieur et de vie étudiante (le document a mentionné le mot « entreprise » 70 fois contre seulement 2 fois le mot « étudiant »). Nous nous sommes abstenus sur ce point.
Rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes
Ludivine Pérard a exprimé sa déception face au rapport sur l’égalité femmes-hommes, affirmant que les espoirs de 2024 ont sombré dans le désespoir en 2025. Elle a constaté que les rapports se sont succédé sans avancées notables, et que certaines inégalités se sont même aggravées. Elle a dénoncé l’écart de rémunération global qui a augmenté (passant à 5,8 % en 2024) et s’est fortement creusé dans la catégorie C très féminisée des agents de la Région, illustrant la sous-valorisation persistante des métiers à prédominance féminine.
Elle a regretté le « verrouillage masculin » des postes clés, citant le chiffre figé de 19 % de femmes à l’encadrement des lycées, malgré les départs à la retraite qui ont offert une opportunité.
Elle a conclu en proposant d’inverser la tendance dès 2026 en s’engageant sur des objectifs chiffrés (40 % de femmes à l’encadrement d’ici 2028), la revalorisation des métiers féminisés et l’adoption de mesures contraignantes et financées.
De plus, son intervention a été l’occasion de rappeler le manque d’exemplarité de l’assemblée en matière de violences sexistes et sexuelles. Des collègues plaignantes siègent en effet face à leur agresseur présumé resté en poste.
AMI – Soutien au déploiement de lieux de vie collectifs, inclusifs et innovants au bénéfice des séniors dans les territoires ruraux du Grand Est
Géraldine Krin a commencé son intervention en reconnaissant la vertu des projets soumis pour l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) « Béguinages » (un type d’habitat collectif), destinés aux seniors autonomes, principalement en milieu rural. Cependant, elle a immédiatement soulevé plusieurs questions critiques.
Elle s’est interrogée sur le déséquilibre entre les cinq projets lauréats et les quinze dossiers refusés , demandant si les critères de sélection n’ont pas été trop restrictifs ou si le budget (2,7 millions d’euros) n’a pas été sous-dimensionné face à l’ampleur du vieillissement de la population.
Elle a insisté sur le fait que ces béguinages modernes ne devaient pas être considérés comme une solution unique. Elle a rappelé que plus de 94 % des personnes âgées souhaitent rester à domicile. Par conséquent, elle a appelé la Région à lancer rapidement un plan global pour le maintien à domicile.
Remplacement du parc de rames réversibles RRR
Caroline Reys a débuté son intervention en soulignant l’importance du rapport pour les usagers du Réseau Express Métropolitain (REME) du Bas-Rhin. Elle a constaté le succès de la ligne Strasbourg-Sélestat, dont la fréquentation a atteint 436 voyageurs par train en 2024, affirmant que ce succès justifie la poursuite des investissements. Elle a ensuite insisté sur la nécessité d’atteindre rapidement l’objectif de quatre trains par heure sur cette ligne pour répondre aux besoins des déplacements pendulaires.
Passant au cœur du rapport, elle a souligné que la souplesse permise par l’achat de 16 rames modulables Régiolis doit être synonyme d’une haute qualité de service, visant à réduire au maximum les retards et les suppressions qui pénalisent les usagers. Enfin, elle a affirmé le vote favorable de notre groupe pour ce rapport, en soutien au développement du mode ferroviaire et du service public régional.
Contrat de concession entre la Région et la Société Publique Locale Grand Est Infrastructures portant sur la gestion des infrastructures ferroviaires régionales et des sites de maintenances et de remisage
Laure Haag a souligné la nécessité d’un nouvel outil capable de relancer massivement l’investissement ferroviaire dans la région. Elle a déploré l’état critique des petites lignes et des dessertes fines, victimes de décennies de sous-investissement, qui n’ont pas réussi à offrir une alternative crédible à la voiture. Elle a rappelé que notre groupe a toujours réclamé plus d’investissements pour le train du quotidien, insistant sur le fait que l’action doit toucher à la fois la desserte, la fréquence et le prix.
Elle a jugé que la SPL, grâce à sa maîtrise publique forte, a rendu l’action plus rapide et plus efficace, ce qui est d’autant plus vertueux que le ferroviaire est le principal levier régional pour réduire les émissions de CO₂.
Cependant, Laure Haag a également exprimé des regrets quant au manque de transparence et de contrôle démocratique, notant que le capital de la SPL ne permet pas une représentation diverse de l’assemblée. Elle a conclu en assurant que les notre groupe soutenait la démarche tout en restant vigilant pour que la SPL demeure un outil public au service des habitants et du report modal.
Rapport sur la situation en matière de développement durable 2025 de la Région Grand Est
Cécile Germain-Ecuer a déploré que l’écologie n’a pas irrigué l’ensemble des politiques publiques, la jugeant traitée de manière « clairsemée » dans le rapport. Elle ne s’est pas attardée projet par projet mais a abordé la stratégie globale : une vision plus que limitée du développement durable. Elle a fustigé une « belle liste d’actions » qui a contourné les problèmes de fond, condamnant la majorité à un éternel recommencement, allant jusqu’à évoquer le « rocher de Sisyphe ».
Elle a ensuite marqué une divergence radicale sur la notion de « conciliation ». Elle a exposé ce que notre groupe a souhaité concilier (biodiversité et activités humaines ; alimentation saine et revenu agricole décent ; sobriété et droit au confort), s’opposant explicitement à l’étalement urbain, à l’agro-industrie et à la surproduction.
Elle a affirmé que le manque de cohérence condamne la Région à refaire inlassablement les mêmes investissements. Pour elle, le système actuel est « à bout de souffle », et la majorité a utilisé l’argent public pour le soutenir en subventionnant la pollution et en encourageant l’effacement de la puissance publique. Elle conclut en réclamant des objectifs clairs et des nouveaux indicateurs pour une « nouvelle prospérité ».
Bilan et actualisation des contributions de la Région Grand Est à la démarche de planification écologique : Grand Est Région Verte
Christophe Dumont a dénoncé le fait que la Région Grand Est a trop souvent accompagné les renoncements de l’État en matière de climat. Il a critiqué la politique de bioéconomie, jugée favorable à l’agro-industrie, qui a produit des agrocarburants aux dépens de l’agriculture vivrière. Il a rappelé que la Cour des comptes a souligné le bilan environnemental négatif de cette politique.
Il a également pointé du doigt le programme « Ambition Éleveur », qui a privilégié la stricte performance économique et a favorisé l’agrandissement des exploitations. Il a regretté que le budget agricole n’ait jamais été présenté comme un « budget vert » en raison de politiques défavorables à l’environnement. De plus, il a dénoncé la politique forestière qui a subventionné des “plantations en plein” (coupes à blanc), menant à une perte de biodiversité.
Il a soulevé le « coup d’arrêt aux renouvelables » (baisses des tarifs de rachat par l’État de l’électricité pour le photovoltaïque en toiture, couplée à la fin des aides de la région pour les études préparatoires, exigence moindre pour l’obligation des ombrières sur les parkings) et a critiqué les suspensions de dispositifs régionaux pour la rénovation énergétique, qui ont fragilisé la filière. Il a conclu en affirmant que cette politique à court terme a constitué une triple faute — écologique, économique et sociale — en faisant peser sur les plus précaires le coût croissant de l’inaction.
Question orale à propos du génocide en cours au Darfour
Christophe Dumont a pris la parole pour alerter l’assemblée sur la guerre civile atroce qui a ravagé le Soudan depuis 2023, opposant les forces armées d’Abdel Fattah al-Burhan à la milice des Forces de soutien rapide (FSR). Il a rappelé que les massacres actuels au Darfour n’étaient pas sans rappeler les atrocités commises vingt ans plus tôt par les mêmes milices, dénonçant le cynisme et le silence international face à un véritable génocide et un crime contre l’humanité.
Il a souligné qu’un sommet des atrocités a été atteint le dimanche 26 octobre avec la prise d’El Fasher par les FSR. Il a évoqué des images satellites documentant les tueries et a estimé le bilan de cette prise à plusieurs milliers de morts civils, avec des dizaines de milliers de personnes qui sont restées piégées.
Il a mentionné que le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a averti le 3 novembre que les atrocités d’El-Fasher pourraient constituer des crimes de guerre. Il a également relayé l’ONU, qui a qualifié la situation de « pire crise humanitaire et de déplacement au monde », avec près de 13 millions de personnes qui ont été déplacées depuis avril 2023.
En conclusion, il a insisté sur le fait que la Région Grand Est devait manifester son indignation en collaboration avec la commission Transfrontalier, Europe et International. Il a interpellé le Président de Région pour savoir quelle part celle-ci prendrait dans le mouvement de solidarité internationale qui s’impose.
Voeu contre l’installation de Shein et de soutien à l’économie circulaire au sein de la filière textile
Un vœu déposé par Géraldine Krin en soutien à l’économie circulaire au sein de la filière textile a été fusionné avec celui de la majorité régionale contre l’installation de Shein.
Il souligne l’impact dramatique de la filière TLC (textiles, linges, chaussures) sur l’environnement, notamment en termes d’émissions de GES et de pollution de l’eau. Le développement de la fast fashion a accentué ces problèmes, entraînant des répercussions sociales graves (travail forcé, travail des enfants) et a divisé par trois le nombre d’emplois dans le secteur en France depuis 1990.
L’installation de Shein est dénoncée comme une « provocation » et une « caricature de concurrence déloyale » qui menace l’environnement et fragilise les commerces de proximité.
Face au volume croissant de déchets textiles et à la saturation des organismes de collecte comme Le Relais, qui a tiré la sonnette d’alarme sur sa situation financière, le vœu pointe du doigt la fragilité structurelle de la filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur). Il rappele que la gouvernance actuelle de l’éco-organisme Refashion a été mise en cause par un rapport du Sénat, car elle a favorisé les metteurs en marché au détriment des collectivités et des opérateurs de déchets.
En conséquence, les élus réaffirment leur engagement pour l’économie circulaire, s’opposent fermement à l’installation de Shein, et demandent au Ministère de la Transition écologique de réformer la gouvernance de l’agrément REP TLC afin d’y associer équitablement l’ensemble des parties prenantes.
Voeu – non à la suppression des trains de nuit Paris-Berlin et Paris- Vienne
Vœu déposé par notre groupe aux plénières du 16 octobre et du 13 novembre mais qui n’a pu être soumis au vote en raison du temps de débat restreint par la majorité régionale.
Ce texte fait suite à l’annonce de la SNCF et du gouvernement de mettre fin à leur participation financière aux liaisons de nuit Paris-Vienne et Paris-Berlin. Décision suite à laquelle l’opérateur autrichien ÖBB a annoncé l’arrêt de ces lignes pour le 14 décembre 2025.
Le vœu rappelle que le lancement de ces deux lignes avait suscité de grands espoirs quant au retour du train de nuit en France et en Europe. Il regrette vivement ce désengagement qui est un « véritable recul » pour la transition des mobilités.
Cette décision est dommageable pour l’attractivité du Grand Est, pour la transition environnementale et pour les usagers. L’arrêt du train par Strasbourg, capitale européenne, est un atout irremplaçable pour notre région transfrontalière.
Par conséquent, nous appelons au maintien des liaisons Paris-Vienne et Paris-Berlin via Strasbourg et invitons l’Union Européenne à soutenir financièrement le développement de nouvelles liaisons ferroviaires de nuit.
Un vœu déposé par Géraldine Krin en soutien à l’économie circulaire au sein de la filière textile a été fusionné avec celui de la majorité régionale contre l’installation de Shein.
Nos commerces de proximité sont aujourd’hui en grande difficulté : en France, la vacance commerciale atteint 10 % en centre-ville et jusqu’à 15 % dans certains quartiers. 60 000 emplois ont été détruits en dix ans dans le secteur de la mode et de la maison. Dans ce contexte dramatique, l’arrivée de Shein dans nos centres-villes n’est pas une opportunité : c’est une provocation.
Elle intervient dans un contexte de grande tension sur la filière TLC (textiles d’habillement, linges de maison, chaussures) confrontée à des défis majeurs. Elle représente plus de 10% des émissions de GES au niveau mondial. À cela s’ajoute son impact sur l’eau, la production textile représente environ 20 % de la pollution mondiale d’eau potable. Ces chiffres sont d’autant plus alarmants que la consommation de textile est en nette et constante augmentation.
Or, Shein est la caricature de la concurrence déloyale : des colis qui échappent aux taxes, des produits dangereux et non conformes, des ouvriers exploités dans des conditions indignes, un coût environnemental insensé. C’est un modèle qui fragilise nos commerces de proximité alors que nous devons, plus que jamais, les protéger.
La preuve récente de leur vente de poupées sexuelles et d’armes de catégorie A doit pousser tous les acteurs, publics comme privés, à s’interroger sur le bienfondé de la présence d’une telle entreprise dans notre pays. L’implantation physique de Shein en France et les départs de grandes marques et des Galeries Lafayette qui en découlent mettent en péril l’économie de nombreux territoires.
La Région Grand Est a toujours choisi le camp de ses artisans et commerçants, qu’ils soient en cœur de ville ou en milieu rural. Nous avons créé des dispositifs de soutien à l’investissement, à la reprise et à la transformation, et nous continuerons à le faire.
Mais ces efforts n’ont de sens que si nous faisons barrage à des modèles destructeurs comme celui de Shein. Nous ne pourrons y répondre efficacement que par le retour en France des chaines de valeurs et par la réindustrialisation.
En 2023, 810 000 tonnes de textile ont été mises sur le marché français. Ce volume représente autant de futurs déchets, qui finissent encore trop souvent en décharge ou en incinération. En 2023, seuls 36 % ont été collectés, 14 % orientés vers un réemploi et 7 % vers le recyclage.
Les organismes de collecte ne parviennent pas à gérer, à eux seuls, la hausse considérable du coût des déchets textiles. Partout en France, ils sont au bord du dépôt de bilan. En juillet dernier, Le Relais, principal organisme de collecte, s’est mobilisé pour dénoncer une situation intenable : face à la surproduction, c’est bien toute la filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur) textile qui est en danger.
En arrêtant sa collecte, Le Relais souhaitait alerter sur sa situation financière et faire pression pour obtenir une revalorisation de la rétribution versée aux opérateurs de tri de la filière par l’éco-organisme Refashion, qui est chargé de percevoir, gérer et redistribuer l’éco-contribution des consommateurs sur leurs achats textiles. Si l’Etat s’est engagé depuis à une revalorisation de la rétribution, il ne s’agit bien que d’une réponse de court terme à une urgence. La filière REP textile reste, structurellement, largement en tension, notamment du fait d’un large problème de gouvernance des éco-organismes.
En effet, le rapport d’information sur l’application de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (Agec), adopté le 25 juin 2025 par la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, met en évidence “une gouvernance entre les mains exclusives des metteurs en marché, au détriment des collectivités territoriales et des opérateurs de déchets”. Les rapporteurs y dénoncent de véritables conflits d’intérêts : les éco-organismes sont gouvernés par les metteurs en marché qui les financent, ce qui biaise les décisions au détriment des collectivités et des opérateurs (barèmes, clauses, durées de contrats). Ils préconisent de mieux associer les parties prenantes (collectivités, entreprises de l’économie sociale et solidaires, associations…) au pilotage des filières REP par une réforme de la gouvernance. Or, en ce qui concerne la filière textile, une révision du cahier de charges de l’agrément pour la REP TLC de Refashion est actuellement en cours.
Voeu :
Les élus du Conseil régional du Grand Est, réunis en Séance plénière du 13 novembre 2025 :
Réaffirment l’ambition de la Région en matière d’économie circulaire, en tant que responsable de la planification de la gestion des déchets (article 8 de la loi NOTRe de 2015)
Demandent au Ministère de la Transition écologique de réviser le cahier des charges de l’agrément pour la REP TLC en faveur d’une réforme de la gouvernance de l’éco-organisme pour y associer équitablement l’ensemble des parties prenantes (collectivités, acteurs de l’économie sociale et solidaires, associations…)
S’opposent à l’installation de Shein dans nos centres-villes et dénoncent avec force ce modèle qui détruit l’emploi, abîme l’environnement et bafoue la dignité des travailleurs ;
Affirment leur soutien aux commerçants et artisans du Grand Est, qui sont le cœur battant de nos villes et villages ;
Confirment que Shein est contraire à l’ensemble des valeurs sociales de la France et doit se conformer à nos règles.
Par ailleurs, les élus du Conseil régional du Grand Est exhortent le Gouvernement et la Commission européenne à :
Supprimer les exemptions de TVA et de droits pour les petits colis extra-UE et à accélérer la réforme douanière européenne afin de rétablir des conditions économiques équitables ;
Renforcer les contrôles aux frontières et sanctionner les importations illégales ou non conformes ;
Accélérer l’adoption de la loi «anti-fast fashion» pour encadrer la publicité, imposer des malus environnementaux et lutter contre les pratiques déloyales ;
Lancer des campagnes de sensibilisation sur les impacts sociaux et environnementaux de la fast fashion, afin d’éclairer les consommateurs.
Poursuivre la procédure de suspension de leur plateforme numérique jusqu’à la preuve formelle du respect de nos lois et valeurs.
La Région Grand Est choisit résolument son camp : celui de nos commerçants, de nos artisans et de l’attractivité de nos villes et villages.
Vœu déposé aux plénières du 16 octobre et du 13 novembre mais qui n’a pu être soumis au vote faute de temps
Suite à l’annonce par la SNCF et le gouvernement de la fin de leur participation financière aux trains de nuit Paris-Vienne et Paris-Berlin, s’arrêtant dans notre Région en gare de Strasbourg, l’opérateur autrichien ÖBB a annoncé la fin des liaisons pour le 14 décembre 2025.
La communication massive qui a accompagné le lancement de ces deux lignes a nourri les espoirs, annonçant le retour en force du train de nuit en France et en Europe. Nombre de représentants de notre collectivité ont pu se rendre à l’inauguration de ces liaisons en gare de Strasbourg en 2021 et 2023.
Ce désengagement du gouvernement est un véritable recul pour la transition des mobilités, dommageable tant pour l’attractivité de notre région que pour la transition environnementale et pour les usagers du train.
En tant que collectivité régionale, pour laquelle le développement d’une mobilité décarbonée doit être une priorité, cette décision n’est pas acceptable. En tant que région transfrontalière, la connexion de notre région au réseau ferroviaire européen via Strasbourg, capitale européenne, est non seulement un symbole irremplaçable mais également un véritable atout économique et touristique pour notre région.
Les conseillers régionaux du Grand Est, réunis en séance plénière :
se positionnent pour le maintien des liaisons Paris-Berlin et Paris-Vienne, passant par Strasbourg
demandent au Gouvernement et à la SNCF le maintien des financements des trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne
invitent l’Union Européenne à soutenir financièrement le développement de nouvelles liaisons ferroviaires de nuit
Déposé par M. Lou Noirclere et Mme Eliane Romani pour le groupe Les Écologistes
Depuis 2023, une guerre civile atroce ravage le Soudan, opposant les forces armées du pays, dirigées par Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR), une force paramilitaire dirigée par Mohamed Hamdan Dogolo, alias Hemedti.
Les massacres de cette “guerre des généraux” ne sont pas sans rappeler les atrocités commises au Darfour il y a déjà une vingtaine d’années. Vingt ans plus tard, les mêmes populations sont massacrées par les mêmes milices d’un même homme Hemedti. Le Darfour est un laboratoire du cynisme. Les peuples subissent le silence international.
Pourtant, la population soudanaise fait face aujourd’hui à un véritable génocide, un crime contre l’humanité. Cette humanité nous devons la défendre. Des crimes atroces se déroulent sous nos yeux. Dimanche 26 octobre, la prise d’El Fasher a marqué l’acmé des atrocités commises par les FSR envers les populations civiles. Des images satellites documentent les tueries, le sang est visible depuis l’espace. Le bilan de la prise d’El Fasher par les forces paramilitaires est estimé à plusieurs milliers de morts civils. Aujourd’hui, des dizaines (voir des centaines) de milliers de civils sont piégés dans la ville aux mains des FSR, tandis que des milliers d’autres ont tenté de prendre la fuite.
Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a averti, lundi 3 novembre, que les atrocités commises à El-Fasher pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Plus largement, l’ONU qualifie la situation au Soudan de “pire crise humanitaire et de déplacement au monde”. Près de 13 millions de personnes ont été déplacées de force depuis avril 2023 et des cas de famine ont été signalés dans au moins cinq régions du Soudan.
En étroite collaboration avec la commission Transfrontalier, Europe et International, la Région Grand Est doit manifester son indignation. Monsieur le Président, que comptez-vous faire pour que la Région prenne toute sa part dans le mouvement de solidarité internationale qui s’impose ?
Déposée par Monsieur Christophe Dumont, pour le groupe Les Écologistes
Suite à l’invitation de la Française de l’Energie (FDE), en lien avec des chercheurs du projet REGALOR, un déplacement de Franck Leroy, président de la Région Grand Est, et de la majorité régionale est prévu jeudi 23 octobre dans le secteur de Saint-Avold. Les conseillers régionaux d’opposition n’ont pas été invités.
Or, depuis le début du mandat, nous alertons sur les risques environnementaux du projet d’exploitation de gaz de couche en Moselle porté par la Française de l’Énergie, dont la concession d’exploration lui a été octroyée en novembre 2023 sur décision de justice (après avoir été une première fois rejetée en avril 2023 par l’instruction, le gisement ayant été considéré comme non-exploitable). En effet, l’extraction du gaz de couche nécessite l’utilisation de techniques non conventionnelles, dont les impacts environnementaux sont encore largement méconnus. De plus, la Française de l’Énergie sous-estime les graves risques en termes de pollution de l’eau dans une région déjà largement impactée par l’extraction de charbon.
Depuis 2012, le projet de recherche scientifique REGALOR, en partenariat avec la Française de l’Energie, étudie la faisabilité d’une exploitation de gaz de couche à faible impact carbone en Lorraine. Aujourd’hui, la Région Grand Est soutient financièrement le développement du projet REGALOR II, alors même que REGALOR I n’a jamais été évalué.
Eliane Romani, co-présidente du groupe Les Ecologistes à la Région Grand Est, déclare : “Les Ecologistes s’opposent au fait que la Région Grand Est devienne la poubelle de France : projet de gaz de couche en Moselle, confinement des déchets à Stocamine ou projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, les exemples ne manquent pas. Sur des sujets aussi importants pour nos territoires, le président de la Région doit engager un débat démocratique, d’autant que l’opposition citoyenne est vive”.
Dans son propos liminaire, notre co-présidente Eliane Romani a relayé, deux alertes : la première concerne la santé en ce mois d’Octobre Rose. Elle cite l’étude de la professeure, Carole Mathelin de l’institut de cancérologie de Strasbourg, qui montre que la France est le premier pays au monde en termes d’incidence du cancer du sein : 12 000 décès de femmes par an. Des cancers liés aux facteurs environnementaux comme la présence de perturbateurs endocriniens (comme les pesticides), les Pfas et les métaux. Hayange, Florange, Mulhouse sont bien classées dans ce triste palmarès et bien des politiques industrielles et agricoles régionales favorisent encore ces pollutions.
La seconde alerte concerne les associations mobilisées le 11 octobre pour dire “ ça ne tient plus”. Dernier rempart face aux factures sociales, environnementales, politiques et économiques, leurs missions explosent pendant que les subventions diminuent. Elles dénoncent par ailleurs la politique des appels à projets de la Région qui les précarise.
Voeu – pour une autre politique agricole
La proposition de loi Duplomb-Ménonville, visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », a franchi le seuil du million de signatures citoyennes le dimanche 20 juillet. Cette mobilisation inédite a enfin permis d’envisager un débat à l’Assemblée Nationale, que l’alliance des forces de droite et d’extrême-droite avait empêché par une motion de rejet préalable.
Notre groupe a déposé un vœu appelant les conseillers régionaux du Grand Est à se positionner pour une nouvelle politique agricole, respectueuse de la santé publique et de l’environnement et qu’ils et elles demandent la tenue d’un débat à l’Assemblée Nationale sur le fond de la proposition de loi Duplomb-Ménonville. Un texte rejeté largement par une assemblée arc-boutée sur un modèle agricole du passé.
Stratégie mémorielle de la Région Grand Est et révision du dispositif de soutien aux projets mémoriels
Evelyne Gareaux a évalué la stratégie mémorielle du Grand Est. Si l’histoire régionale est marquée par les conflits, la mémoire est plurielle et mouvante (soldats, femmes, ouvriers, immigrés, environnement). Elle a salué la création du nouveau dispositif « Soutien à la Mémoire (conflits, travail, humanisme) » pour son caractère inclusif et transversal. Elle a également soutenu les projets fédérateurs, comme le Mur des noms de Schirmeck, qui construisent une mémoire résiliente et favorisent le lien commun.
Citant Tzvetan Todorov, elle a insisté pour que le travail de mémoire serve à tirer des leçons.
En conclusion, elle a soutenu une mémoire régionale inclusive, fédératrice et mouvante, opposée aux mémoires figées et clivantes de l’extrême-droite. Elle a mis un bémol sur les incertitudes budgétaires qui ne doivent pas menacer cette politique essentielle.
Après les propos honteux du Rassemblement National qui ont voté contre ce rapport et ont osé se revendiquer de l’héritage de la Résistance face au nazisme, Lou Noirclere a rappelé que leur parti qui portait il y a encore quelques années le nom de Front National, a été fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen aux côtés d’anciens Waffen-SS et de sympathisants néo-nazis. Il est là leur héritage.
La stratégie Fret Grand Est 2025-2030
Lou Noirclere a rappelé que les écologistes approuvaient le déploiement d’une politique de fret ferroviaire dans notre région. Les transports restent le premier secteur d’émissions de gaz à effet de serre en France, issus des voitures individuelles mais également des poids lourds.
Aussi, alors que notre région est pionnière dans la mise en place d’une écocontribution poids-lourd, le développement du fret ferroviaire, du fret fluvial et du ferroutage est essentiel pour appréhender l’enjeu du report modal de la circulation des marchandises.
Néanmoins, cette stratégie doit s’inscrire dans le temps long. Il ne doit pas s’agir d’un simple accompagnement du monde économique afin de rassurer les entreprises de notre région avant la mise en place de l’écocontribution.
Bilan intermédiaire du Schéma de Promotion des Achats Socialement et Écologiquement Responsables ORCHIDEE
Caroline Reys a salué les engagements de ce schéma de promotion d’achats responsables (SPASER) : la commande publique est un levier essentiel de notre économie et une manière directe, pour nos collectivités, de soutenir une économie locale et vertueuse. En 2024, 70% des marchés publics contenaient au moins une clause environnementale.
Mais ce bon résultat met malheureusement en lumière les faiblesses sur le plan social : dotée d’objectifs plus faibles sur ce volet, notre commande publique n’est pas toujours adaptée aux besoins réels du territoire en la matière.
Par ailleurs Caroline Reys a rappelé que la commande publique n’est que l’exécution des décisions politiques : financer des contournements routiers ou des aménagements dangereux pour la biodiversité ne pourra jamais être vertueux, quand bien-même ces projets seraient réalisés avec du béton recyclé.
Rapport annuel recensant les aides et régimes d’aides mis en œuvre sur le territoire du Grand Est en 2024
Laure Haag a vivement critiqué le gâchis d’argent public alloué aux entreprises et a souligné le manque de transparence et d’évaluation de l’efficacité économique et sociale de ces aides. Elle s’est inquiétée de l’absence d’analyse des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises. Dans notre région, ce sont 89 millions d’euros régionaux qui ont financé des projets utiles mais aussi parfois inutiles ou qui ont augmenté les dividendes. Elle a déploré que seulement 10% des aides régionales aient été fléchés vers l’environnement, un pourcentage jugé dérisoire. Elle a dénoncé aussi le financement de projets sans effet de levier.
Notre groupe a demandé de mieux mesurer et piloter ces aides, en ayant défini une doctrine économique claire qui distingue les entreprises selon leur impact, leur actionnariat ou leur dépendance aux énergies fossiles. Laure Haag a insisté sur le fait que l’impôt doit servir le bien commun. Si l’argent public n’est pas mieux ciblé, l’État ne pourra pas financer les 100 milliards annuels nécessaires d’ici 2027 pour les transformations écologiques et la défense. La Région doit être une boussole, pas un arrosoir.
Point d’étape sur la mise à disposition du réseau routier national, l’avancement du projet d’écocontribution poids-lourds et perspectives de mesures d’accompagnement
En récupérant la gestion du réseau routier national non-concédé, notre région a pu mettre en place des opérations de régénération attendues de longue date : pour la mise en sécurité de la RN 44, la protection de l’eau et de la biodiversité sur la RN4 ou encore la protection phonique sur l’A31.
Jean-François Secondé a rappelé que, si la reprise en gestion par notre région du réseau routier national est une bonne nouvelle, les investissements sur le réseau routier ne peuvent se faire sans ressource. L’écocontribution est donc l’occasion d’investir durablement en faisant payer le coût de la route à ses usagers plutôt qu’à l’ensemble des contribuables.
Néanmoins, il précise que nous devons agir avec cohérence et clarté : les aides aux entreprises doivent impérativement être conditionnées et inscrites dans un projet de long terme.
Engagement en matière de défense 2025-2028
Eliane Romani et Laure Haag ont critiqué une stratégie de défense régionale jugée trop restrictive , cantonnée au volet militaire. Eliane Romani aplaidé pour une « défense totale” et pour la résilience citoyenne. La souveraineté nationale passe également par la sortie des énergies fossiles, le développement des énergies renouvelables et une agriculture résiliente. Laure Haag a détaillé le rôle du Grand Est en matière de défense via trois axes : accélérer la transition écologique (énergies, résilience des entreprises), développer la défense civile (esprit critique, résolution non-violente des conflits) et soutenir la base industrielle, y ajoutant l’économie circulaire de l’armement. Le groupe s’est abstenu, dénonçant l’absence d’intégration de leur approche globale et le manque de consultation des commissions thématiques. Ici un article plus complet sur ce sujet.
Rapport d’activité du référent déontologue – Alertes éthiques de la Région Grand Est 2024-2025
Laurent Dreyfus a salué le travail du déontologue. Il a aussi souligné l’important lobbying exercé par la Chambre d’Agriculture du Grand Est et les Jeunes Agriculteurs (FNSEA), tel que révélé par le répertoire des représentants d’intérêts. Bien que certaines revendications (hausse du revenu, aide Fièvre catarrhale ovine) aient été jugées légitimes, il a constaté un manque de pluralisme dans les relations avec la collectivité, ces organisations ne reflétant pas toutes les visions de la profession.
Ce manque de pluralisme a d’ailleurs été relevé par la Cour des Comptes, qui a pointé des “financements indus » de la FNSEA par les Chambres d’Agriculture. Cette proximité incite à la vigilance face au risque accru de conflits d’intérêts. Des dossiers, comme les financements de Terrasolis ou de la FRSEA pour des études ou brochures, ont été cités en exemple.
Laurent Dreyfus a mis en doute la pertinence et l’objectivité du travail de certains acteurs, « sociologues le matin, militants enflammant impunément des palettes » le soir. Pour finir, il a repris à son compte les recommandations de la Cour des Comptes : l’attribution irrégulière de subventions doit disparaître des pratiques du réseau, et la tutelle doit y veiller.
La stratégie régionale de découverte des métiers au collège Rapport
Ce rapport détaille une action conjointe de la région et du rectorat dans nos collèges confirmant certaines craintes que nous avions exprimées en amont. Gérard Schann les a rappelées :
Les présentations des métiers au collège sont concentrées sur certains secteurs “stratégiques » et assurées par les acteurs économiques de chaque territoire : c’est la porte ouverte aux inégalités entre collèges et entre classes. Il y a un risque de limiter les horizons des collégiens aux entreprises de leur territoire.
Life Adapt’Est
Cécile Germain-Ecuer a rappelé la nécessité d’agir face au « plus grand défi de l’humanité ». Elle a insisté sur le fait que la réalité du dérèglement climatique a été documentée et est vécue (enneigement des Vosges, ruptures d’eau).
Elle a déploré que la dégradation de l’environnement soit moins médiatisée qu’un fait divers, bien que ses conséquences sur la santé sont alarmantes (cancers liés aux pesticides, maladies neurodégénératives, fragilisation due aux canicules) et que 48 000 personnes meurent prématurément chaque année de la pollution de l’air (5000 dans le Grand Est). Cécile Germain-Ecuer a aussi évoqué la disparition des insectes et l’intensification des phénomènes extrêmes. Elle a souligné que la 7e limite planétaire (acidification des océans) a été officiellement dépassée.
Elle a attribué cette situation à un système économique qui a exploité l’humanité et la Terre pour un gain aliénant, générant une « perte de sens ». Elle a appelé à une union face à cette menace globale, regrettant le temps perdu dans les anciennes approches et jugé que l’action individuelle de « colibris » ne suffirait pas, et a demandé un changement global et politique, exhortant la région Grand Est à faire plus. Elle a conclu en saluant les premières décisions prises, bien que modestes.
Rapport d’Observations Définitives de la Chambre Régionale des Comptes Grand Est – Parc Naturel Régional de la Montagne de Reims – Exercices 2018 et suivants
Ghislain Wysocinski a exprimé sa satisfaction face au rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui a confirmé la santé financière du Parc Naturel Régional de la Montagne de Reims. Il a rappelé le rôle écologique majeur du PNR en matière de biodiversité, de régulation (stockage de carbone, filtration de l’eau) et d’éducation.
Il a insisté sur la recommandation de la CRC de finaliser la vente du domaine de Commétreuil. Ce domaine, ancien centre d’initiation à la nature, a été fermé après le retrait de financements, et la décision a été prise de le transformer en hôtel de luxe. Ghislain Wysocinski a dénoncé ce projet, le qualifiant d' »élitiste » et le considérant comme un recul en matière d’éducation environnementale.
Il a saisi cette occasion pour revenir sur une proposition antérieure de notre groupe. Lors de la séance plénière de décembre 2023, un amendement rejeté visait à augmenter les moyens régionaux pour les associations d’éducation à l’environnement, avec un objectif de 50% d’élèves bénéficiaires d’ici 2028. Il a réitéré cette proposition, concluant que les « discours ne suffisent pas ».
Demande de constitution d’une Commission Spéciale par des conseillers régionaux
Metz-Nancy Lorraine est l’aéroport dit “de proximité” le moins fréquenté en France avec 102 000 passagers en 2023. Sept fois moins que le seuil de rentabilité nécessaire. Pourtant il a perçu au total 18 M€ de la Région Grand Est entre 2016 et 2023, soit 15€ par billet.
Lou Noirclere a rappelé que le rapport de la Chambre Régionale des Comptes, sur lequel s’appuie cette demande de création de commission spéciale a confirmé ce que les écologistes pressentaient : l’acharnement de la Région à subventionner un aéroport sans vision stratégique a conduit à une gabegie d’argent public.
Un travail de fond, porté de long terme par les écologistes est urgent mais ne peut se faire dans une commission pilotée par le Rassemblement National, parti climatosceptique et sourd aux questions sociales alors que l’avenir des salariés du site va devoir être au centre des attentions.
Question orale sur la contamination aux polluants éternels de Cristal Union
Christophe Dumont a soulevé la question de la contamination aux PFAS de Cristal Union, révélée par la presse le 9 octobre. Le premier fournisseur français de sucre a été confronté à la présence de ces « polluants éternels » sur toute sa chaîne de production, des champs aux usines. Des taux élevés de rejet d’AOF ou de PFBA ont été observés dans l’usine d’Arcis-sur-Aube.
Il a souligné le caractère insidieux de cette contamination. Les agriculteurs, sans le savoir, ont déversé les eaux de lavage polluées dans les champs, contaminant ainsi les sols, les cultures, et menaçant l’ensemble de la chaîne alimentaire via les dérivés de betteraves destinés aux animaux. La logique « circulaire » vantée par Cristal Union s’est avérée « particulièrement nocive ».
Selon l’enquête de presse, l’origine de ces PFAS pourrait être l’usage massif de pesticides depuis des années. Face à l’ampleur de la pollution, Christophe Dumont a demandé au Président de la Région d’intervenir auprès de la préfecture et de l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Il a réclamé la communication publique des résultats de l’étude lancée par Cristal Union au printemps 2024, au nom de la santé publique et de la transparence.