Retour sur la Séance Plénière du 25 juin 2026

Cette séance plénière de conseil régional s’est tenue en plein milieu de la deuxième canicule de 2026. D’un niveau équivalent à la canicule historique de 2003.

Suite à la réunion du 11 juin, pour une journée décevante de réflexions sur l’avenir de l’industrie du Grand Est, c’est un ordre du jour assez dense qui nous attendait. L’occasion de mettre l’exécutif régional face au décalage entre ses beaux discours et la réalité des politiques menées.

Lors de son propos liminaire, Eliane Romani, co-présidente du groupe, a dénoncé l’impact de la canicule, qu’elle a qualifiée de conséquence directe de choix politiques et économiques libéraux. Elle a rappelé que cette crise a frappé de plein fouet les populations les plus précaires et a déploré l’impréparation criminelle de l’État et le manque d’ambition de notre Région.

Ensuite, elle a fustigé le Rassemblement National, qui a nié l’urgence climatique tout en votant contre les mesures écologiques. Elle a également critiqué le gouvernement pour avoir détricoté les avancées environnementales, ainsi que la majorité régionale pour son inaction concrète. Enfin, face à ce constat, elle a réaffirmé la détermination des Écologistes, qui formulent, comme toujours, des propositions pour protéger la population et sauvegarder l’avenir.

Cette séance était particulièrement importante car nous avons eu à nous prononcer sur le Compte Financier Unique pour 2025, c’est-à-dire le bilan de l’ensemble des actions de la région en 2025.

Lou Noirclere, co-président du groupe, a regretté que pendant que les habitant·es du Grand Est suffoquent, que les épisodes extrêmes se multiplient, que la prévention et l’adaptation deviennent une nécessité immédiate, la majorité régionale continue de traiter l’investissement écologique comme une simple variable d’ajustement.

Il a rappelé que le coût de l’inaction environnementale sera bien plus élevé et a critiqué le manque d’investissements global. De plus, il a fustigé les coupes budgétaires qui ont frappé l’enseignement et la formation professionnelle, des choix validés au détriment de la jeunesse. Il a annoncé que notre groupe vote contre ce bilan comptable.

Les écologistes considèrent que la Région, comme toutes les collectivités, doit assumer un rôle de protection, de prévention et d’investissement.

Elle doit préparer la résilience de ses territoires face au changement climatique, renforcer les transports collectifs du quotidien, soutenir massivement la rénovation des bâtiments, l’adaptation aux épisodes climatiques extrêmes, la sobriété énergétique, et investir dans la jeunesse, dans les qualifications, dans les métiers de demain. 

Face à l’amendement démagogique du RN visant à promouvoir la climatisation comme seule réponse à la canicule, Ludivine Perard a défendu l’idée d’un véritable plan Canicule pour protéger les plus fragiles, tout en précisant que les climatiseurs ne sont pour le réchauffement climatique qu’un pansement sur une hémorragie.

Elle a rappelé combien cette solution aggrave la chaleur extérieure et ne remplace pas la végétalisation ni la rénovation thermique. Elle a annoncé que nous votons contre cet amendement.

Ghislain Wysocinski a ensuite analysé le budget supplémentaire et a listé d’importantes rentrées d’argent, notamment grâce au contrat Losange et à la SPL Mobilité. Il a regretté que la majorité n’ait pas utilisé ces millions pour stopper l’asphyxie de la formation professionnelle ou de la culture.

Ensuite, il a examiné les admissions en non-valeur, constatant que le numérique a représenté plus de la moitié des dossiers. Enfin, concernant les créances éteintes, il a souligné le poids colossal du dossier Sky Aircraft. Il a invité à la prudence et a demandé d’exiger de réelles garanties pour protéger l’argent public lors des prochains votes d’aides aux entreprises.

Ghislain Wysocinsky a centré son intervention sur les difficultés des Groupes d’Actions Locaux (GAL) pour obtenir des fonds européens. Il a relayé le courrier d’un président de GAL dénonçant des lenteurs administratives régionales supérieures à d’autres territoires.

Il a pointé du doigt les failles du logiciel Euro-PAC, rappelant qu’une autre région a quitté le groupement par insatisfaction. En tant qu’ancien chef de produit, il a recommandé d’améliorer les procédures et l’outil. Enfin, il a déploré que ce système privilégie la performance interadministrative au détriment des bénéficiaires, qu’il a jugé oubliés.

Si la 49ème Compétition des Métiers est un événement intéressant, Gérard Schann a pointé du doigt son coût (3 millions d’euros), un budget en hausse de 25% par rapport à la précédente édition, au moment où les coupes budgétaires sur l’apprentissage et la formation professionnelle sont drastiques (missions locales, indemnité de stage des élèves aides-soignants, aides à l’emploi…)

Quand l’argent public se fait rare, les priorités publiques transparaissent de manière plus importante. Gérard Schann a constaté que nous n’avions pas les mêmes priorités avec la majorité régionale. Les écologistes préfèrent investir massivement dans la formation professionnelle des jeunes, plutôt que de financer des compétitions individuelles. 

Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler le rôle central des Parcs Naturels Régionaux dans la pérennisation de notre cadre de vie, d’autant plus dans le contexte de crise climatique et environnementale. Il dénonce les baisses de budgets et a appelé à une meilleure approche partenariale.

Christophe Dumont a ensuite défendu un amendement qui demande à poursuivre à court-terme l’objectif de 10% de zones de protection forte conformément à l’objectif national de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) sur l’ensemble des PNR régionaux. Ainsi, les parcs naturels régionaux, “catalyseurs des transitions”, auraient enfin un objectif à la hauteur du reste du territoire français. Un amendement largement rejeté lors de son vote. Un refus qui a motivé notre abstention sur le rapport lui-même.

Durant une interruption de séance très émouvante, nous avons accueilli les anciens otages pour une intervention dans l’hémicycle. Notre groupe, comme l’ensemble de l’assemblée régionale, s’est mobilisé durant les 1277 jours de leur détention et entendre leur parole était un moment fort.

Leur détention arbitraire et contraire au droit international nous montre combien la défense de la démocratie et de la liberté d’expression est un combat nécessaire. La tentation autoritaire n’est pas une voie envisageable, en France comme en Europe, et il va de la responsabilité morale de la gauche écologiste de mener ce combat.

Lors de son allocution, Caroline Reys a salué les efforts d’inclusion de la Région via la commande publique, tout en suggérant de conditionner les subventions aux entreprises à des critères inclusifs. Elle a jugé insuffisante l’accessibilité actuelle des gares ainsi que la fréquence du comité de pilotage de la feuille de route.

Elle a aussi regretté le manque de prise en compte des handicaps invisibles, notamment psychiques chez les lycéen·nes, et a proposé d’adapter l’environnement scolaire. Sur le plan culturel, elle a plaidé pour un soutien accru aux ESAT artistiques. Enfin, elle a contesté le fait de lier le handicap au seul vieillissement, reprochant l’oubli des facteurs environnementaux. Elle a ainsi demandé d’intégrer la prévention pour bâtir une véritable culture de l’inclusion.

Lors de son allocution, Ludivine Pérard a rappelé le lien entre les vagues de chaleur et l’augmentation des violences faites aux femmes. Elle a cité des chiffres démontrant que les féminicides et les violences conjugales augmentent significativement durant les canicules.

Elle a regretté le manque de dispositifs de vigilance spécifiques lors des alertes climatiques. Tout en saluant les orientations du plan contre les violences sexistes et pour la mixité, elle les a jugées insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Enfin, elle a pointé les inégalités persistantes de carrière au sein même de la collectivité et a exhorté la Région à soutenir plus fortement les femmes, affirmant que l’égalité ne pouvait plus attendre.

Géraldine Krin a salué l’adoption du Plan d’actions « Une seule santé en Grand Est » et partagé son diagnostic ainsi que ses objectifs ambitieux, notamment la reconnaissance des déterminants environnementaux de la santé. 

Cependant, elle a dénoncé le décalage important entre les ambitions affichées et les politiques réellement menées. Pour rendre le plan crédible, notre groupe a déposé trois amendements sur l’agriculture, l’urbanisme et les perturbateurs endocriniens. Nous demandons également la mise en place d’un comité de pilotage transversal et un accompagnement renforcé des collectivités.

Malgré le rejet de nos amendements, notre groupe a voté pour les objectifs du plan, mais exige une mise en œuvre effective et une cohérence entre paroles et actes.

Le groupe écologiste refuse une stratégie fondée sur la croissance du trafic aérien, incompatible avec l’urgence climatique.

Eliane Romani a évoqué notamment l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, dont la Région est principal propriétaire et financeur. L’objectif de 300 000 passagers en 2030 est irréaliste. Les Écologistes s’opposent à l’injection continue de millions d’argent public dans une structure déficitaire.

Depuis le début du mandat, en 2021, le groupe écologiste est fer de lance sur des propositions visant à la priorisation du report modal vers le train (gare de Vandières), la reconversion des aéroports non rentables en lien avec les salariés et le réinvestissement des aides publiques vers les mobilités douces.

Sous la pression du RN, la majorité régionale a intégré un de leurs amendements protégeant cet équipement obsolète. Une entorse inacceptable au cordon sanitaire républicain instauré dans notre institution.

Initialement, la majorité régionale avait proposé de modifier un amendement du RN en vue de son adoption. Une attitude dénoncée par Lou Noirclere. Suite à une houleuse suspension de séance, une proposition de texte revue a été soumise au vote afin d’éviter d’avoir à prendre position sur l’amendement RN. Un tour de passe-passe qui ne suffit pas à effacer le fond inacceptable de la séquence. 

Les Écologistes, par la voix de Lou Noirclere, ont soutenu l’exploration de solutions innovantes, comme les trains légers Draisy, pour redynamiser les petites lignes ferroviaires fermées ou sous-utilisées du Grand Est.

Cependant, nous posons des conditions claires : l’attente de l’innovation ne doit pas servir d’alibi pour retarder les investissements nécessaires. Seules les motorisations pleinement décarbonées (électrique ou hydrogène) sont acceptables, excluant notamment le diesel. Le modèle économique doit préserver le service public ferroviaire avec présence humaine à bord, et non transférer les lignes à des opérateurs privés.

Notre groupe a voté pour le lancement de l’AMI, tout en restant vigilant sur sa mise en œuvre.

Laurent Dreyfus est intervenu pour rappeler à quel point le projet porté ne fait qu’amplifier les orientations délétères des politiques agricoles régionales actuelles sur les sols, le climat et la biodiversité. L’obsession managériale et technologique traduite en projet pédagogique occulte l’essentiel : la nécessaire bifurcation écologique par l’agroécologie et l’agriculture biologique, seules perspectives viables pour les fermes et les assiettes de notre territoire.

Gérard Schann a profité des échanges sur ce rapport pour alerter sur la situation très difficile de ce dispositif et le grand gâchis autour d’une structure importante pour l’accompagnement de la  jeunesse. Il demande à la Région de reprendre avec ambition le rôle de pilote qu’elle est censée assurer mais dont elle s’est désengagé ces dernières années.

Christophe Dumont a salué le lancement du projet régional Life Adapt’Est, tout en pointant une contradiction majeure. Il a dénoncé la fragilisation des associations d’éducation à l’environnement, touchées par des coupes budgétaires et une mise en concurrence accrue. Il a rappelé que ces acteurs sont pourtant indispensables pour sensibiliser les citoyens à la transition écologique. Il a demandé au Président de justifier cette incohérence et de préciser les mesures envisagées pour y remédier.

Géraldine Krin a alerté sur un rapport révélant que les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires tuent chaque année des milliards d’animaux marins. Elle a souligné la contradiction entre le soutien régional à la filière nucléaire et les objectifs locaux de protection de la biodiversité. Enfin, elle a demandé au Président si cet impact a été évalué par la Région et si les résultats de cette expertise sont compatibles avec les ambitions écologiques du territoire.

Nous avons déposé une motion pour engager la Région Grand Est à définir un plan régional de protection face aux canicules. Une dynamique qui nous semblait essentielle à enclencher sans tarder. Déposée en plein épisode caniculaire, ce texte n’a malheureusement pas pu être examiné par l’assemblée faute de temps.